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La voix de la Lékié
Article : « 20 mai » au Cameroun: Fête de l’unité nationale ou fête de l’Etat unitaire ?
Politique
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17 mai 2014

« 20 mai » au Cameroun: Fête de l’unité nationale ou fête de l’Etat unitaire ?

lesmiserables.monodoblog.org
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Le Cameroun célèbre chaque 20 mai la fête de l’unité nationale. Une date qui renvoie à la création de l’Etat unitaire d’où la difficulté à cerner clairement sa véritable essence: Est-ce la fête de l’unité ou alors la fête de l’Etat unitaire ?  Et si on admet que c’est la fête de l’unité, idée soutenue d’ailleurs par les organisateurs de cette parade, nous sommes encore enclins à nous interroger cette fois-ci sur l’effectivité au Cameroun d’une unité nationale au sens pur du communalisme de Max Weber. Le communalisme défini comme le sentiment d’appartenir à une même communauté.

Rappel historique du « 20 mai »

Après la réunification du Cameroun occidental (anglophone) et oriental (francophone) le 1er octobre 1961 qui a abouti à un Etat fédéral, le pays va accélérer son processus d’intégration politique. Le 20 mai 1972, à l’issu d’un référendum, les camerounais vont se prononcer pour la création d’un Etat unitaire. Les deux entités politiques fédérales vont se fondre jusqu’à ce jour au sein d’un seul Etat supposé entrainé l’érection d’une nation « une et indivisible ».

Une unité restée jusqu’ici institutionnelle et politique

Le référendum de 1972 est resté une prouesse du point de vue politico-institutionnel, puisqu’effectivement l’Etat fédéral a donné lieu à un Etat unitaire. On est allé plus loin en faisant disparaitre les deux étoiles, symboles des parties anglophone et francophone sur le drapeau national. L’architecture institutionnelle, les discours et autres rites politiques démontrent à suffisance cette réalité. Seulement l’inscription de cette date dans le calendrier comme fête de l’unité nationale fait ressurgir la problématique de la défaillance des pouvoirs publics, cinquante ans après, de dépasser le simple Etat unitaire pour parvenir à l’unité nationale c’est-à-dire une véritable nation unie dans sa diversité .

La notion d’unité nationale

Loin des considérations politiques et institutionnelles comme nous l’avons sus évoqué, l’unité nationale, notion purement sociologique renvoie à une communauté au sens de la Gemeinschaft de Ferdinand Tönnies, proche de la société mécanique d’Emile Durkheim. Elle suppose une intériorisation et assimilation par tous les membres de la société politique du sentiment d’être frères et sœurs dans un élan de solidarité nationale. Dans le cas camerounais on s’attendrait à ce que l’identité collective (nationale) soit au dessus des micros identités, que les citoyens se sentent partout comme chez eux et qu’en fin de compte ils se perçoivent non pas comme ressortissant d’une ethnie, d’une religion, d’une classe sociale mais comme camerounais.

Difficile de parler d’unité nationale au Cameroun !

La résurgence du repli linguistique : La question anglophone

L’Etat unitaire n’a pas entrainé l’unité nationale entre anglophone et francophone. Une certaine élite politique anglophone (activistes du Southern Cameroun) ne cesse de prôner la sécession, allant jusqu’à proclamer clandestinement leur indépendance. Cette obstination trouve son fondement dans le constat selon lequel, les anglophones estiment être marginalisés. L’attribution par consensus politique du poste de premier ministre à cette partie du Cameroun ne parvient pas à remblayer l’insatisfaction des ressortissants du Nord et Sud Ouest dont les plus modérés exigent le retour à un Etat fédéral. Position défendu par le principal leader de l’opposition Ni John Fru Ndi.

Alors, si déjà institutionnellement les clivages persistent, il est difficile de penser que sociologiquement les camerounais sont unis.

Les Bamiléké « un caillou dans la chaussure » de l’unité nationale

La stigmatisation voulue ou non des bamilékés, ressortissant de l’ouest tire ses origines de l’époque coloniale. En effet cette partie du Cameroun à été le foyer de la lutte anti coloniale à côté du peuple bassa. Les Bamiléké, pour le pouvoir colonial et post colonial, étaient l’ennemie à abattre, des villages entiers seront rasés par les flammes du napalm. Certains parlent du « génocide bamiléké ». Jusqu’aujourd’hui l’esprit de ressentiment animent plus ou moins ce peuple. De l’autre coté, les ressortissants du Sud ne supportent pas le dynamisme et le « nomadisme » des bamilékés et les traitent d’envahisseurs. Les Ewondos de Yaoundé par exemple n’hésitent pas à remettre en cause les transactions foncières qu’ils ont fait avec les bamiléké, allant jusqu’à poser l’hypothèse d’une expropriation par la violence. En outre dans le partage du National-cake, les bamiléké sont restés exclus jusqu’en 2013. Ils bénéficieront cette année là du poste de président du Sénat or cette « ethnie » fait parti des trois grands complexes ethniques du Cameroun (Bayart).

Succession de 1982 à la tête de l’Etat : divorce entre nordistes et bétis

Le passage du pouvoir d’Ahidjo à Biya a laissé un autre abcès aujourd’hui très puant dans les rapports entre le grand Nord et le grand Sud. Les nordistes estimant que le président Biya avait abusé de la confiance d’Ahidjo car, il a cherché à écarter les ressortissants de cette partie, majoritairement musulmane, des poches du pouvoir. Il condamnera Ahidjo ainsi que sa dépouille à l’Exil. Pour certains nordistes Biya le sudiste a trahi la confiance que le grand nord avait mise en lui.

L’exemple type de cette rupture de 1982 entre les nordistes musulmans et les sudistes chrétiens s’est ressenti lors de la vague d’arrestations des bandits à col-blanc ressortissants du Nord dans le cadre de l’opération épervier. On a assisté à la distribution des tracts dans cette zone du pays incitant les nordistes à des actes subversifs pour déstabiliser le pouvoir de Yaoundé, sous le prétexte que ses arrestations relevaient d’une élimination politique du grand nord dans la succession au président Biya.

La marginalisation des minorités ethniques

La marginalisation des minorités est perceptible au Cameroun tant au niveau de l’’allocation des ressources politico-administratives qu’au niveau de la répartition des infrastructures publiques. Les pygmées par exemple demeurent dans leur jungle originelle. Abandonnés dans un enclavement total, ils n’ont jamais eu de représentant dans les deux chambres du parlement, ni obtenir un poste de ministre ou de Secrétaire Générale. L’une des raisons justifiant cette marginalisation politique est d’élites. Ce qui pose le problème de l’abandon de ces camerounais dans leur quotidien moyenâgeux où il n’y a ni routes, ni écoles dignes de ce nom. Peut-on toujours parler d’unité nationale si les Mbororos et les Pouakam (d’autres minorités) sont socialement exclus ou dévalorisés ?

Le tribalisme dans les hautes sphères de l’administration

Le partage des ressources administratives reste l’un des foyers des replis identitaires. Le personnel administratif camerounais étant inscrit dans une logique de néopatrimonialisation de l’Etat n’hésite pas à s’investir dans la gestion ethniques ou tribales des affaires publiques. La nomination d’un ressortissant d’une ethnie X, entraine immédiatement l’invasion de ce ministère par des frères du village sur la base de rien avec des promotions non sens. Actuellement la présence d’un ressortissant de la région de l’Est à la tête de l’école nationale d’administration et de magistrature (ENAM) a favorisé, selon certaines indiscrétions, la réussite massive des jeunes de ladite région aux derniers concours de cette institution. Le même cas avait été observé lorsque Milo’o Medjo était à la tête de la police, les bétis avaient patte blanche au recrutement.

Le tribalisme au quotidien

On se souvient encore du mémorandum de 51 prêtres autochtones du littoral adressé en 1987 au Vatican pour dénoncer la nomination d’un évêque Bamiléké, Mgr Gabriel Simo à l’archidiocèse de Douala. On se souvient également du rejet de Mgr André Wouking comme archevêque de Yaoundé par les Bétis. On n’oubliera pas la lettre de monseigneur Bakot au doyen de l’université catholique de l’Afrique centrale pour se justifier sur la Bamilékéïsation de la faculté des sciences humaines. Les actes de tribalisme sont donc perceptibles au quotidien, les ethnies créent des noms péjoratifs et insultants pour qualifier ou désigner les autres.

Fête de l’Etat unitaire et non de l’unité nationale

Au vu de ces quelques exemples sur les replis et clivages identitaires au Cameroun, il est difficile de parler de la célébration de l’unité nationale car la logique voudrait mieux qu’on parle de la fête de la création de l’Etat unitaire. Les politiques d’intégration adoptées jusqu’ici ont fait du Cameroun une arithmétique d’ethnie, une somme d’entités sociologiques disparates qui hébergent silencieusement des ressentiments les unes contre les autres.

 

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Article : #MondoblogAbidjan: Apprentissage, rencontre et découverte
Societé
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15 mai 2014

#MondoblogAbidjan: Apprentissage, rencontre et découverte

lesmiserables.mondoblog.org
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Après plus de 10 jours passés sur les côtes de l’océan atlantique à Grand Bassam en côte d’Ivoire, rentré dans ma petite ville universitaire de Yaoundé 2, quelques amis m’interrogent naïvement sur les retombées du séjour. Surement, hantés par l’esprit de béatification des gains matériels, ils s’attendent à une gibecière remplit d’euros et d’articles, mais que non! Je suis rentré avec une valisette bien garnit de fruits récoltés durant l’apprentissage, les rencontres et les découvertes.

Découverte…

Déjà les préparatifs du voyage et le voyage étaient en eux même une découverte. Il m’a semblé que l’administration camerounaise n’est pas totalement pourrie. La Direction nationale des frontières m’a convaincu qu’on peut établir un passeport express sans passer par la corruption. Il y a des raisons d’espérer ! Découverte également de la grande ville de Lagos et de l’aéroport d’Abidjan qui m’a fait comprendre que le Cameroun était l’un des rares pays encore attaché à la ruralité. 50 ans de stabilité (Cameroun) et 3 ans de reconstruction après plus de 15 ans de crise politico militaire (Côte d’Ivoire) ; il n’y a pas match ! Mon pays assis sur ces certitudes de leader naturel de la CEMAC nage dans une bassine, c’est-à-dire tourne autour de ses illusions appelés grandes ambitions.

Découverte, d’une grande famille mondoblogueurs et mondoblogueuses d’une diversité incroyable, jeunes africains, européens, australiens et américains tous sur une même terre, celle de grand Bassam. Du virtuel au réel, la communauté des mondoblogueurs célèbre sa grande messe annuelle. J’ai découvert ces vaillants hommes et femmes qui se cachent derrières les billets, derrière Ateliers des médias de RFI, les Observateurs de France 24 et Reporters sans frontières.

J’ai découvert Abidjan qui vit les pieds dans l’eau, ses populations qui sont malheureusement atteint du syndrome de pauvreté. Cette pauvreté presque « congénitale » à toute l’Afrique, cependant la côte d’ivoire est loin d’être le dernier pays africain, le Cameroun ne pouvant pas dire mieux.

Rencontre …

Si Ziad est resté jusqu’ici ce « mec » caché derrière son casque et son micro au 92130 Issy- les Moulineaux, je l’ai vu, on s’est vu ! Voilà un autre charme de cette expérience de mondoblog Abidjan 2014. Ici chez nous, où la relation reste une ressource non négligeable dans la vie quotidienne, il faut dire que de nombreuses rencontres ont favorisé l’émergence d’un nouveau réseau. Un réseau dont la connexion va des hommes et femmes de l’atelier des médias jusqu’à l’office nationale du tourisme Ivoirien, en passant par le personnel de Reporters sans frontières, France 24, Kremlin Bicêtre et les mondoblogueurs. Que de rencontres, que d’échanges. Un réseau s’est alors vite constitué, je suis maintenant connecté.

Apprentissage…

Les retombée les plus fondamentales ont été l’acquisition d’un nouveau matériau et logiciel intellectuels en termes de bloguing. Peut-être je suis loin des érudits ayant assimilé à une vitesse V l’exposé de Julien Pain sur le traitement des images et vidéo, mais le minimum a été retenu, à savoir une certaine vigilance dans la lecture de ses autres formes d’informations. D’ailleurs des astuces ont été livrées à cet effet afin de détecter les photos et vidéos manipulées.

Que dire du data journalisme comme nouvelles formes du journalisme? Désormais, face au data déluge je peux épargner mes lecteurs d’un trop plein de littérature en leur fournissant des informations sous forme de données, rassemblées et croisées.

Beaucoup de choses également sur la protection du blogueur et  la sécurité numérique.  Le monitoring de Reporters Sans Frontières sur la liberté de l’information et la censure en ligne a été plus qu’édifiant.

Les différents ateliers par petits groupes ont permit aux blogueurs de se doter de nouvelles techniques d’écriture, d’une gestion optimale des temps verbaux ainsi que quelques écueils à éviter. Bloguer c’est incarner, raconter, fournir les couloirs de réflexion dans le respect de la déontologie journalistique.

Alors si vous avez besoin de cette richesse que j’ai ramenée de Grand Bassam, cherchez moi !

 

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10. avril
2014
Les misérables
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Lorsqu’on est bloggueur activiste dans un Etat-policier… Une réponse aux amis lecteurs

Très difficile d’animer une page de courant épistémologique holiste, de courant idéologique révolutionnaire progressiste, une ligne éditoriale politique anti-régime dans un Etat qui connait une longue expérience autocratique et où un habitus de peur déguisé en paix a été institué. Très difficile d’animé une page qui démontre que le pays se résume à un seul personnage qui cumule plus de 32 ans de pouvoir. Très compliqué d’assumer ses écrits dans un tel environnement où prononcer le nom du président où d’un ministre sans mettre « EXCELENCE » est un acte subversif.

Mes analyses peuvent paraitre hyperbolique, ce qui est d’ailleurs relativement vrai, mais elles ne se détournent guère du locutoire, du perlocutoire et de l’illocutoire, c’est un combat social avec pour cible l’homme politique africain.

Je commencerai par répondre à une préoccupation des amis lecteurs qui me demandent pourquoi je politise tout dans mon blog ?

Alors comme je l’ai précisé plus haut, je suis de courant holiste c’est-à-dire que la société conditionne le comportement des individus et que dans un Etat les citoyens ne sont que le reflet de ce que la classe dirigeante a voulu qu’ils deviennent. Nul ne peut désormais douté que le principal responsable de la décrépitude de l’Afrique n’est rien d’autre que son élite gouvernante qui élabore des politiques publiques anthropophagiques. Je marque une emphase sur les hommes politiques justement parce qu’en Afrique tout est politique, l’Etat-Président fait du souverain un potentat qui détermine toute l’activité sociétale, alors si une victoire des lions indomptables est considérer comme une prouesse du souverain pourquoi le ménager lorsqu’il faudra plus tard déterminer les responsables de la défaite.

Les amis aux profils académiques  différents essayent de justifier les contres performances de nos Etats du quart-monde par la déchéance économique, environnementale, culturelle, morale,  et bien d’autres. Mais, tous en reconnaissant cette autre façon de traiter le problème africain, je pense qu’en Afrique c’est le politique qui organise tout ces secteurs à sa guise, alors tout est politique et le politique est coupable.

En outre mon travail relève de la politisation des masses, il faut apprendre aux africains à désacraliser les hommes fut-il héros, l’homme ne saurait se substitué à Dieu fut-il président fondateur. Alors un blog comme Akuk People comme son nom l’indique est très amer envers Biya, il cherche à édulcorer le tapage médiatique sur le vernissage d’un régime prédateur et prévaricateur qui tue toute une jeunesse. Il faut apporter un discours alternatifs très dur puisque les médias d’Etat qui violente symboliquement plus de 18 millions de camerounais sont les seuls à émettre dans toute l’étendu du territoire le reste de radio et télé se limitant dans les 10km2 de leur sièges.

Il est vrai qu’un blog ne peut pas désamorcer une telle technologie de sacralisation du chef de l’Etat et de son parti, mais la satisfaction d’un révolutionnaire n’est pas de gagner le combat mais d’y avoir participé.

Quelles peuvent être les conséquences d’une telle entreprise à travers un blog.

D’abord notons l’hypothèque du bloggeur sur sa propre survie. Au-delà de l’insécurité de sa personne il y a la compromission de toutes ses chances d’émerger au sein d’un système qu’il dénonce virulemment, et s’il n’a aucune base sociale, aucun soutient, il est probable que le système l’écrase, qu’il aille se faire voir avec ses trophées académiques et compétences ailleurs, vous courez le risque d’être éternel chômeur. Il y a un risque de voir sa vie étouffer à l’heure où elle devrait décoller.

Il est difficile d’évaluer le nombre de visiteurs dans ce style de Blog. Je suis parfois surpris de savoir qu’il y a des abonnés lecteurs plus que je ne m’en doutais, curieusement il ne poste aucun commentaire !!! Ceci est à priori étonnant que ces lecteurs parfois, mes amis, préfèrent des commentaires hors du blog. Mais lorsqu’on rentre dans la socialisation politique des camerounais, on se rend compte que le projet de zombification a connu une réussite. « Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain », aussi « Tu ne prononceras pas en mal le nom du président en public », telle est la maxime.

En plus de la peur qu’ils ont pour leurs carrières, il y a des amis qui s’inquiètent de mon sort et ne tarde pas à me prodiguer des conseils afin de diluer mon ton et de ne pas m’exposé autant.

Cependant, issue et victime de la frustration j’assume mes convictions, d’ailleurs plusieurs membres de la société civile et partis politiques n’hésite pas d’encourager le blog même s’il y a généralement derrière ces félicitations des tentatives de manipulations et autres yeux doux pour adhérer à leur partis. A ceux là je dis merci mais mes convictions ne cherchent pas preneurs.

C’est très difficile ! Difficile d’avoir accès aux sources d’informations et couvrir des évènements politiques car ma tête inspire déjà la critique c’est pourquoi je préfère des analyses que la restitution des faits. J’inspire la méfiance sous le prétexte que je détiendrai un projet politique souterrain soutenu par une main invisible. Ceci relève également de la construction de l’incapacité de la jeunesse à produire d’une manière autonome une lecture politique. Alors pour mes lecteurs, en guise de mise au point, je suis pour le moment un non partisans qui ne pactise ou tout simplement n’est réactionnaire d’une quelconque ambition politique malsaine d’un leader politique.

C’est très difficile mais l’essentiel c’est de galvaniser la jeunesse africaine qu’elle peut assumer ses responsabilités même politiques sans se faire corrompre.

C’est très difficile !

 

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03. avril
2014
Politique
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Il n’y a pas de pudeur politique en Afrique!

 

Même après avoir passé une nuit en prison les ministres ne démissionnent jamais !

Un mandat de dépôt du lundi 1er avril a conduit à l’arrestation du ministre camerounais de l’enseignement secondaire qui a été enfermé à la prison centrale de NKondengui (Yaoundé). Pendant que les camerounais jubilaient ce grand retour de l’opération d’assainissement des mœurs économiques, coup de tonnerre : ledit ministre a été libéré le lendemain, 2 avril vers 17H, la même nuit il a été accueilli en grande pompe par ces collègues dans son domicile privé, un diner solennel a été improvisé pour la circonstance, les pasteurs ont rendu grâce à Dieu toute la nuit. Le lendemain, c’est-à-dire le 03, Louis Bapès Bapès était au ministère à 7h et reçu héroïquement par ses collaborateurs au moment où l’opinion nationale s’attendait à sa démission pure et simple comme cela se passe ailleurs ou simplement à son éviction du gouvernement par le président.

La première honte dans cette connerie politique, c’est le fait que la prison de Nkondengui soit devenue la capitale politique du Cameroun où on retrouve un premier ministre, des ministres, des secrétaires et directeurs généraux. Tout un gouvernement est en taule ! Aucun d’entre eux ne reconnait les faits, aucun n’est prêt à présenter ses excuses au peuple surtout lors qu’on sait que par an dans ce pays, 3575 milliard quittent les circuits licites pour se retrouver dans les caisses illicites, soit 25% du PIB. Le président de la république qui est responsable de ce mauvais castings de bandits c’est-à-dire, le coach de cette équipe de malfrats n’a jamais, de son coté, regretté publiquement ses options encore moins penser à rendre le tablier.

Une deuxième honte a trait au comportement malsain de monsieur Louis Bapès Bapès, qui, juste après son arrestation devrait rendre immédiatement sa démission, non pas en terme de désaveux du régime mais pour se consacrer à sa défense et éviter cette honte au camerounais que leur ministre en poste se trouve en prison. Parce que n’ayant pas démissionné le ministre de l’enseignement secondaire jouissait toujours des prérogatives d’un ministre et peut-être a eu à signer les dossiers. Le comble de l’imposture c’est le retour en triomphe de ce dernier dans ses bureaux faisant comme s’il n’y avait rien eu, une autre forme de malhonnêteté, à l’heure ou on s’attendait à un sursaut d’orgueil afin de sauver son honneur à travers une noble démission.

Une autre honte c’est le fait que le ministre de l’enseignement secondaire organise une petite réception et fait prier les pasteurs chez lui toute une nuit. Une manière de montrer que la justice de Dieu a triomphée sur des accusations injustes qui l’ont fait dormir à Nkondengui, se considérant désormais comme un innocent blanchi. Ceci est une humiliation pour la justice camerounaise dans le sens où d’une manière pudique on se rend compte que c’est un seul individu qui tient les manettes du destin d’un pays.

Il y a également une décridibilisation consommée de l’opération épervier (lutte contre les détournements), car si jusqu’ici on pensait tout au moins qu’il y avait une prédominance du judiciaire dans ces affaires aujourd’hui cette opération s’affirme de plus en plus comme une opération politique.

Le comportement narguant de Louis Bapès est similaire au cas de l’ex ministre de l’éducation de base Haman Adama qui en sortant de prison en septembre 2013 après avoir remboursée ses 200 millions volés avait un jet qui l’attendait pour aller renforcer les troupes du parti au pouvoir qui se trouvaient en campagne électorale à Garoua. Comment un ex ministre reconnu coupable de vol et qui vient de rembourser le corps du délit peut-il convaincre un électorat ? C’est très dommage !

Dommage pour la démocratie qui exige l’institutionnalisation effective d’un Etat de droit donc une séparation du pouvoir. Dommage également pour les 3575 milliards blanchis chaque année. Dommage pour le peuple nargué par ces voleurs une fois sorti de prison.

Enfin de compte, dommage pour le manque de pudeur politique : En Afrique on ne démissionne jamais même lorsqu’on est pris la main dans le sac !

 

 

 

 

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30. mars
2014
Societé
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Coup de griffe : la sorcellerie racontée par les petits enfants en Afrique!

Le sujet est délicat, mais risquons nous quand même. Ce n’est pas le problème de la succession de Dieu, nous parlerons de la sorcellerie, Il se pourrait que toute la République est attachée comme le disait Charles Ateba Eyéné de regrettée mémoire. C’est même quoi cette histoire de sorcellerie ? Tenez !

Au-delà des ardeurs classificatoires  entre Anglo-Saxons qui de leur côté divise la sorcellerie en wichcraff  (magie blanche) et sorcery (magie noire) et francophones qui ne font aucune différence. Au-delà de ce débat, disais-je,  la sorcellerie « est un ensemble de croyances structurées et partagées par une population donnée touchant à l’origine du malheur, de la maladie ou de la mort » pour reprendre  Marc Augé, grand théoricien de la sorcellerie.

Si cette dynamique obscure a été longtemps maintenue dans l’ombre, et que seules les intelligences, spécialistes des forces occultes étaient à même de déchiffrer les codes de ce phénomène, aujourd’hui, la sorcellerie connaît une grande innovation, elle se raconte désormais au grand jour. Le caractère secret, invisible des discours et pratiques des sorciers ne fait que reculer, l’âge importe peu, désormais se sont les enfants qui sont aux commandes des jets et Boeing de minuit.

Nous avons parlé d’enfants ! Les esprits se révoltent pour me contredire, choqués, ils dénoncent la manipulation et la zombification des enfants, pour faire simple ils disent que ses « enfants-sorciers » sont des boucs-émissaires. On peut évidemment abuser de leur fragilité et vulnérabilité afin de construire des soupçons infondés qui sont d’ailleurs condamnés par la convention des droits de l’enfant que le Cameroun a ratifié le 11 janvier 1993.

C’est aussi bien beau de jouer l’avocat du diable !

C’est également bien beau de fustiger la révolte des individus qui se sentent en insécurité spirituelle, convaincus que leurs yeux et jambes sont au menu du repas de minuit.

Ses histoires là, commencent à faire rage, même si certains continuent à penser qu’il s’agit d’une (Ski) schizophrénie. La sorcellerie s’écrit désormais sur les formats, les enseignants ne sont pas les premiers, même les blancs y ont consacrés des chapitres. Souvenons-nous de Peter Gueshiere avec son livre intitulé « La viande des autres ».

Quittons, et voyons si l’Evu, le mangu, le djambe, le han ou le likundu, ont un âge pour en être détenteur, très difficile d’y répondre, ce qui parait vrai c’est que c’est un héritage, un  passif, même comme la sorcellerie transgresse déjà les frontières de la parentèle et de la parenté.

A qui profitent les envoutements ? Naturellement aux auteurs. Ils ne sont plus les seuls, il y a des pasteurs prophètes, qui dans un prosélytisme abusif profitent des paniques spirituelles pour se faire une clientèle. A coté de la lutte contre le palu, il y a désormais la lutte contre les démons ! Les Malam et guérisseurs crient aux abois, les prophètes nouveaux exorcistes sont venus gâter le marché !

La prolifération des évangélistes du miracle et non de la parole de Dieu, nous permets de faire vite un petit glissement vers la véracité même de ces révélations de plus en plus régulières des enfants-sorciers, une certaine opinion pense que les prophètes du miracle sont derrières toutes ces manigances. Thèse à ne pas totalement rejeter !

Loin de conclure cette analyse risquée sur le paranormal, retenons que le sorcier est un individu censé posséder un pouvoir qui lui permet de s’attaquer à autrui, seulement comme le disais le père HEBGA, « Notre problème est de savoir si les affirmations étranges de la sorcellerie et de la magie correspondent à la réalité extérieure, ou s’il s’agit de créations subjectives plus ou moins conscientes »

Nous dirons aussi à notre tour, qu’il y a généralement en chacun de nous, un « côté obscur, destructeur » et un « côté éclairé, constructeur ». J’espère que je n’ai rien dit de choquant.

 

 

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27. mars
2014
Les misérables
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Coup de griffe : le téléphone portable n’est-il pas un bien conjugal?

Pourquoi jouer au chat et à la souris lorsqu’on est partenaire, j’allais dire marié pour le meilleur et pour le pire ? À la moindre sonnerie, monsieur se précipite vers son téléphone portable. Au moindre SMS, madame veut le lire discrètement loin du regard curieux de son mari ! Est-ce à dire que le portable ne fait pas partie des biens communs dans une union conjugale ? En tout cas trop de questions, peu de réponses.

Les couples se détériorent, les foyers se gâtent à cause du téléphone. Généralement, lorsque l’époux est pris en plein délit, main dans le sac, sous le regard jalousement menaçant de madame, il bégaye, il cherche à détourner la conversation, il arrête brusquement l’appel, prétextant qu’il n’y a pas un bon réseau. Il veut embrouiller madame !

La femme de son côté, lorsqu’elle est surprise, elle ne bavarde plus, se contentant de répondre par l’affirmative, par exemple, heein, ok, ouiii, d’accord.

Ici la stratégie est curative, il s’agit de créer une diversion pour dissiper toute suspicion.

Il y a également une autre stratégie, celle-là est préventive.

Le partenaire fait disparaître les SMS et appels soupçonneux avant de franchir le seuil du salon, les numéros à problème s’ils ne sont pas momentanément affectés dans la liste noire, ils sont simplement enregistrés sous anonymat, apparaissant comme numéro inconnu.

De même lorsque l’époux ou l’épouse redoute un appel compromettant, il éteint carrément son portable.

Alors, naît de part et d’autre un état de suspicion totale, les uns et les autres tentent de se justifier comme de beaux diables pour calmer le feu. En fin de compte le téléphone n’est plus un outil de communication, mais un outil, vecteur de mensonge, complice de la malhonnêteté conjugale si vous permettez l’expression.

Mais ce n’est pas là le débat, le vrai débat c’est cette problématique : est-il normal ou alors est-il prudent que votre conjoint ait un libre accès à votre téléphone portable?

Avant d’aborder cette question très sensible et au risque d’écorcher les différents points de vue, mesurons d’abord ensemble l’impact d’un tel cache-cache.

Le partenaire est toujours troublé, il veille comme un chien de garde aux faits et gestes du téléphone, devenant plus qu’un esclave de cet appareil. Aussi, cette lourde tâche exige une extrême vigilance, certains vont jusqu’à braver tous les obstacles, en engageant une course olympique pour éviter que l’autre ne puisse anticiper et décrocher ce fameux appel qui peut s’avérer très compromettant. On ne peut que sourire qu’autant d’efforts soient consacrés pour gérer intimement ses activités téléphoniques.

Bon ! Passons et allons droit au but. Est-il normal que le téléphone du partenaire soit contrôlé par son conjoint ?

Dans une certaine mesure nous dirons, non, car, il est vrai que nous sommes unis et même, mariés dans un régime de communauté de biens, mais chacun de nous aspire un tant soit peu à une certaine liberté donc celle de disposer de son propre téléphone même si celui-ci vous a été offert par votre épouse ou époux. Le téléphone portable ne cessera d’être un objet personnel dont les échanges ne sauraient faire l’objet d’une ingérence abusive d’un tiers. Il peut s’agir d’une conversation purement professionnelle, ou simplement entre deux amis intimes. Bref chacun de nous à droit à certaine intimité, un espace pour soi où l’on ne doit pas être ennuyé par ce conjoint gendarme qui vous accule à chaque instant comme un agent secret. Et d’ailleurs tout ce qui est caché n’est pas toujours compromettant et douteux!

Ceci dit, que faisons-nous de la confiance qui devrait exister entre conjoints ?  S’il faut toujours faire des coups de fil et SMS une affaire privée, pourquoi avons-nous peur si il n’y a rien de compromettant ?

Il nous semble que lien conjugal est fondé sur le partage, l’honnêteté et la confiance, loin de l’hypocrisie et le mensonge. Sauf si vous avez votre version de la chose.

Il y a de fortes chances qu’une infidélité ou un sale coup se trame à chaque fois que les conjoints jouent à cache-cache avec leur téléphone.

Il y a également donc de quoi être vigilant ou inquiet, d’où le cautionnement du libre accès de chaque conjoint aux échanges téléphoniques de l’autre. Ceci y va de la complicité, de l’harmonie, voire de la sécurité du couple. Il faut prévenir la menace du deuxième bureau et anticiper sur l’offensive de l’essuie-larmes, comme le dirait quelqu’une. Même comme cette police est loin d’enrayer l’infidélité dans les foyers.

En tous cas le débat est loin d’être clos, à vous de conclure si possible.

 

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23. mars
2014
Les misérables
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La ruée sino-américaine et la Françafrique menacent-elles la francophonie?

A l’heure où les pays qui partagent en commun la langue française célèbrent leur héritage culturel, il est important de surmonter les aspects festifs et émotifs de l’événement pour interroger l’avenir de la francophonie qui se confond souvent à la Francafrique et qui en Afrique commence à discuter le terrain avec la culture chinoise et américaine. Que dire du « camfranglais » ?

Depuis la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis cherchent à imposer l’American style way of life dans une logique géostratégique de soft power. La promotion des valeurs, voire de la culture américaine (anglo-saxonne) a été enclenchée à travers un appareil idéologique bien monté pour américaniser l’Afrique. Les instruments tels l’industrie du cinéma et de la musique sont des supports qui ne cessent de véhiculer l’héritage linguistique de l’Oncle Sam, faisant ainsi perdre le terrain à la francophonie.

Les aventures de Coluche ou de Louis de Funès ont été déclassées par une pléiade de films qui vont d’Arnold Schwarzenegger à Will Smit. Les stars américaines sont désormais plus écoutées que celles françaises entraînant ainsi un certain engouement des francophones d’Afrique vers l’anglais. Il n’est pas rare de trouver des jeunes filles du lycée au Cameroun en possession des « mades » qui sont des bouquins compilant les lyrics des chansons des musiciens américains. Ces jeunes désormais passionnés de Beyoncé, Jay-Z ou de Lill Wayne bûchent ces textes et les récitent à longueur de journée au détriment des lyrics français. Bref chacun veut chanter en anglais !

Les Américains ne sont pas les seuls à charmer les héritiers de la francophonie, la Chine n’est pas à l’écart. Il est difficile de faire 30 mètres de marche à pied à Yaoundé sans rencontrer un Chinois. Leur présence aujourd’hui physique a été précédée par la promotion de leur culture à travers l’industrie du cinéma, il y a des générations qui ont été moulées dans l’école de Jackie Chan, de Chao Lin et Chao Mao. La présence des Chinois commence à faire bouger les mœurs linguistiques, certaines chaînes de radio et télé ont initié des émissions sur l’apprentissage du mandarin, les instituts Confucius rivalisent désormais avec les centres et alliances culturels français.

Dans des écoles normales, la formation des « professeurs de chinois » devient de plus en plus accentuée pour l’enseignement du mandarin dans nos écoles primaires et secondaires, d’ailleurs ses étudiants bénéficient d’un traitement exceptionnel (bourses et voyages en Chine). La culture chinoise est en pleine expansion en Afrique et l’on ne peut que redouter, dans le long terme, un étouffement de la culture francophone au profit du mandarin.

Un autre danger qui guette la francophonie, c’est son identification à tort ou à raison à la Françafrique. Certes le français reste une identité d’origine française, mais il est souvent déplorable que la francophonie soit traitée comme un outil de domination de la France sur son ancien pré carré. En effet, il y a un difficile détachement de la francophonie des pratiques traditionnelles du réalisme politique français vis-à-vis de ses ex-colonies, en d’autres termes, on a l’impression que la France a du mal à considérer la langue française comme un bien commun qui n’appartient plus à un pays mais une communauté de pays. De ce fait la France ne saurait faire usage de cet espace purement culturel (linguistique) pour en faire un espace politique où elle défendrait ses intérêts privés. Dommage que cette distance ne soit pas toujours prise; Sarkozy n’avait-il pas utilisé cette tribune pour envoyer un ultimatum à Laurent Gbagbo à son nom propre et non à celle de la francophonie ?

Ces agissements ne peuvent qu’activer une méfiance d’une certaine opinion africaine envers la francophonie du fait qu’elle migre d’une logique culturelle vers une instrumentalisation politique.

Par ailleurs, il faut également évoquer dans le cas du Cameroun que la langue française connaît une très grande reculade, dans son usage courant, avec l’irruption depuis la fin des années 90 du « camfranglais » qui est un argot typiquement camerounais utilisé par les jeunes. Cet argot, identifiable au « créole à la camerounaise » est un melting-pot de mots français,  anglais, du pidgin (anglais local) et autres expressions locales (langue maternelle). Ce « camfranglais » s’impose au jour le jour de telle sorte que même les adultes s’en servent déjà.

On a alors des phrases linguistiquement hybrides comme : « Je veux go », « je suis high père », « les muna ndem le school » (les enfants fuient l’école), « je vais pray god pour qu’il me give le nton de Win» (je vais prier Dieu pour qu’il me donne la chance de réussir).

En conclusion, il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme, car la francophonie est effectivement menacée.

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20. mars
2014
Les misérables
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Les mêmes vieillards contre-productifs à la tête du Parlement camerounais

La rentrée parlementaire au Cameroun n’a fourni aucun élément à même de mitiger les sentiments d’un observateur averti quant au renouvellement des bureaux des deux chambres. L’opinion avait cru que le retard accusé dans la mise sur pied du nouveau gouvernement depuis les législatives et municipales du trente était justifié par l’envie du régime de procéder au préalable à la redistribution régionale des cartes au niveau du Parlement. Mais à l’issue des réélections des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, les observateurs n’arrivent plus à fournir une explication ou une justification sur l’attente déjà un peu plus longue de ce gouvernement post-électoral.

L’enjeu du renouvellement des membres du bureau des deux chambres au Cameroun ne se situe guerre dans des derbies politiques entre les partis, mais dans le choix du candidat par l’incarné de césar. C’est M. Biya qui coopte les dirigeants de ces chambres dans la cadre des séminaires préparatoires s’appuyant sur la soumission de tous les élus à sa volonté. Il s’agit de cette fameuse discipline du parti qui exige que les députés votent sans condition le candidat choisi par le président qu’ils découvrent eux-mêmes en pleine séance. Il n’y a donc pas débat entre parlementaires sur le choix de leur candidat à la tête des deux chambres, car c’est un choix discrétionnaire fait par un seul homme ou alors son clan restreint, loin des canons de la pratique démocratique en la matière.

Les observateurs qui justifiaient la longue attente de l’arrivée d’un nouveau gouvernement s’étaient appuyés sur le bicaméralisme qui a vu l’accès des originaires de l’ouest au centre du gâteau national et qui présageait une nouvelle reconfiguration du partage du pouvoir. D’autres indices venaient conforter cette thèse, à savoir l’éventuel divorce apaisé entre le président (Ethnie Béti) avec les Nordistes suite aux arrestations de quelques prévaricateurs originaires du Grand Nord. Ce qui aurait poussé l’homme lion à établir une alliance désormais avec la région de l’ouest.

D’autres arguments poussaient également à présager un chamboulement au Parlement à savoir, les plaintes des populations anglophones d’être sous- représentées dans le national cake, bénéficiant d’un poste de premier ministre sans réel pourvoir. Ceci est d’autant plus pertinent qu’au Cameroun le premier ministre est chef du gouvernement en théorie, mais dans la réalité il n’est qu’un pantin. Tenez par exemple, l’article 10 de la loi fondamentale stipule que le président nomme les membres du gouvernement sur proposition du premier ministre or dans la pratique, les décrets qui nomment le premier ministre et ses ministres sont lus dans la même édition du journal.

Qu’à cela ne tienne, il faut dire qu’au finish toutes ces spéculations sont restées pure construction intellectuelle puisque la redistribution des cartes au Parlement qui devait entraîner la redistribution au sein du gouvernement n’a pas eu lieu. L’octogénaire Marcel Niat Njifenji et le sexagénaire Cavaye yeguié Jibril respectivement président du Sénat et de l’Assemblée nationale sortants ont été reconduits avec des scores plus qu’albanais.

Cette confiscation du pouvoir par des mêmes têtes gérontocrates perpétuelles, très fatiguées et peu productives voire contre-productives, prouve à suffisance qu’au Cameroun, comme tout ailleurs en Afrique, la mobilité sociale ou simplement le renouvellement des élites n’est pas la chose la mieux partagée. On reprend les mêmes malgré leur contre- performance.

Dans tous les cas, si l’argument du changement des dirigeants du Parlement est resté jusqu’ici le prétexte justifiant la longue attente d’un nouveau gouvernement, et si cette thèse n’a donc pas triomphé puisque rien n’a bougé à l’hémicycle, alors qu’est-ce qui expliquerait qu’un pays qui a connu une double élection législative et municipale reste près de 6 mois plus tard sans nouveau gouvernement comme cela est de tradition dans les grandes démocraties ?

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16. mars
2014
Les misérables
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Condamnés par la justice camerounaise, le président les a laissé s’échapper!

Depuis la signature du décret portant remise et commutation de peines du 18 février dernier, les vannes ont été ouvertes aux prisonniers écroués par la justice pour vol aggravé des deniers publics. Cette semaine 22 ont été libérés à Ebolowa, 11 à Nkongsamba, 116 à Douala, sans compter la vague des fugitifs par centaines des semaines précédentes et ceux qui attendent les derniers réglages. Une bonne partie des voleurs de la nation est dehors !

Le citoyen moyen certes, apprécie l’ « humanisme »Remaniement du président de la république, seulement que restera t-il de l’opération épervier dont certains pensaient que sa mission était de faire rentrer les camerounais dans leurs droits et de punir les bandits ?

Les journalistes ont de quoi étoffer leur actualité, les conférences de presse et interviews des ex-détenus sont au menu, les bandits d’hier sont désormais des stars médiatiques. Michel Thierry Atangana ne compte plus ces interventions dans les chaines françaises, son coaccusé Edzoa Titus excelle dans l’astrologie en proclamant qu’il est au dessus de l’épervier dont un « phénix », il estime que ses adversaires sont fort et lui, un « puissant ». Autant de show et de gesticulation même de la part des avocats qu’au finish on se demande : que gagne le camerounais dans ce décret ?

En fait, rien !

Tenez, Michel Thierry Atangana et Edzoa Titus avaient été condamnés pour détournement de 1,1 milliard de FCFA (1,6 million d’euros), aujourd’hui ils sont dehors, le citoyen n’a aucune trace d’une éventuelle réparation. Au contraire l’un de ces deux malfrats reconnus comme tels par la justice réclament plus de 338 milliards à l’Etat c’est-à-dire aux camerounais.

Ceux qui avaient volé et qui sont encore en prison ont vu leurs espoirs augmenter rapidement. Ils se disent dans leurs cellules que « si les plus gros poissons ont été libérés pourquoi pas nous ? ». De l’autre coté les fonctionnaires gestionnaires de la fortune publique pensent qu’ils peuvent à leur tour voler sans courir le risque d’être sommés de rembourser ou de moisir en prison. Bienvenue dans le boulevard des voleurs, la république des prévaricateurs !

Ceci dénote de la politisation des affaires publiques, il n’y a pas une réelle frontière entre la justice et les enjeux politiques dans la lutte contre la corruption. Une idée qui se propage depuis longtemps dans l’opinion et qui vient d’être confortée par le décret Michel Thierry Atangana (grâce présidentielle). N’a-t-on pas vu la prisonnière ex-ministre Haman Adama aussitôt libérée aussitôt dépêchée en renfort battre campagne au compte du parti au pouvoir en péril au Nord.

Les camerounais avec la libération du français et son candidat ont compris que cette affaire d’Epervier n’avait rien de poursuite judiciaire mais de poursuite politique, surtout lorsqu’on sait que les pressions de l’ONU et de la France se sont abattues sur la souveraineté du pontificat de Yaoundé car, selon ses instigateurs étrangers, il s’agissait dans le cas d’espèce des prisonniers politiques.

Le champ est désormais ouvert à tous les lobbies de réclamer la sortie de tel ou telle prisonnier. Les ambassades et consulats s’activent pour soutenir leurs plénipotentiaires en prison. Dans ce capharnaüm tous les prisonniers sont devenus prisonniers politiques même ceux condamnés pour mutilation génitale et autres. Alors le camerounais continue à se poser cette question : Qui pille alors l’argent de ce pays puisque les coupables présentés jusqu’ici se sont avérés prisonnier politique ?

Drôle de pays !

On sait déjà par exemple qu’on peut être directeur de campagne d’un camerounais mais lorsqu’on n’est condamné on réclame son appartenance à la France. On sait aussi par exemple que le président Biya est un poltron puisque cette grâce a été taillée à la mesure de Michel Thierry Atangana et que les autres ont été libérés collatéralement, d’où le nom : « Décret Michel Thierry Atangana », confirmé par la déclaration de Dominique Tricaud, l’un de ses avocats qui déclarait qu’ « il y a tout un habillage autour de ce décret, mais c’est bien Atangana que l’on libère à travers ce texte ».

Les milliards escroqués ou détournés ne sont pas remboursés, les ex-détenus rejoignent leurs places au coté de leurs bourreaux (retour dans le parti au pouvoir), les autres portent la casquette de messie du peuple. Seulement où est l’argent volé se demande avec insistance le citoyen lambda ?

Par ailleurs cette grâce présidentielle démontre à suffisant l’obstination du monarque républicain de yaoundé à mourir au pouvoir puisqu’il s’est refait une légitimité internationale afin d’assurer également un bon séjour chez Obama jusqu’à violer la loi. En effet l’article 8 alinéa 7 de la constitution stipule que le président «exerce le droit de grâce après avis du conseil supérieur de la magistrature » dont il est le président. Alors, sauf s’il avait demandé cet avis nuitamment, officiellement aucune information y afférente n’a été communiquée.

En tout cas cela importe peu, l’interrogation qui persiste toujours c’est : Qu’a-t-on fait des colosses sommes que ses prisonniers devaient au peuple camerounais ?

 

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Rester muet est une autre façon d'être complice.....

Auteur·e

L'auteur: Aristide MONO
Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

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