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La voix de la Lékié
10. mars
2014
Les misérables
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Ma lettre au président Biya restée muette… sur la lutte contre la corruption (Intégralité)

Excellence,

L’honneur  est le mien de m’adresser à vous, en votre qualité de haute autorité de l’Etat et garant des institutions nationales, au travers de cette correspondance pour attirer votre attention, ainsi que celle de tous les compatriotes sur ce qui constituerait la cause de la dérive morale de notre nation. Je voudrais faire allusion  à l’insuffisance de la culture patriotique.

Permettez-moi d’embléebiyaaaa de déplorer la déficience du concept de « renouveau » qui vous est chère depuis votre accession à la magistrature suprême. En effet, nul ne peut se désolidariser des valeurs de « rigueur » et de « moralisation » qui fondent cet idéal, seulement l’omission de la variable patriotique nous a entrainé inexorablement vers une défiance à l’Etat dont une criminalisation du patrimoine public entre autre. Si l’on peut concéder au « renouveau » la prétention d’avoir tenu le pari de l’avoir, il reste à relever qu’il a timidement posé les jalons du « camerounais nouveau » ; l’infrastructure coure plus vite que l’éthique, l’égoïsme a fait reculer le champ et le chant patriotique. Je trouverai exhaustif d’égrainer le chapelet des tares qui, sans toute fois être anthropologiques, se sont greffés inconsciemment dans le gène des camerounais et ont atteint  aujourd’hui leur extase.

Nous avons déjà une identité répugnante aux yeux de tous, et d’ailleurs je nourris cette peur que nous ne soyons victime d’un « antisémitisme », qui ne pourrait être que légitime. Excusez Excellence pour l’hyper pessimisme, juste que nous sommes craints par les autres, nous devenons de plus en plus socialement dangereux parce que,  la nationalité camerounaise traine avec qu’elle l’identité de corrompu ou simplement de « malhonnête ». On a écarté la norme et normalisé l’écart. Vous me trouverai peut être excessif, mais le camerounais reflète le symbole du label dans lequel il a été moulé, d’ailleurs l’expression « feyman » est camerounaise. Comme je l’ai dit tantôt cette identité n’est pas anthropologiquement intrinsèque, c’est le contraire de notre nature originelle, elle a triomphé par l’inaction des hommes de bien.

Monsieur le président, il y a urgence d’une refonte de l’esprit camerounais et l’institution d’un esprit patriotique, je crois en ce que nous sommes et ce que nous devons être. Et, je pense que nous pouvons dépasser cette vulgaire tunique qui obscurcie notre vraie identité ; yes we can pour dire comme l’autre.

Avant d’aborder le substrat même de mon topo, accordez-moi votre patience afin que je revienne sur ce que j’entends par « ce que nous sommes et ce que nous devons être ». Pour faire simple, je dirai que nous sommes camerounais et nous devons assumer cette camerounité. Nous sommes une nation exceptionnelle en Afrique et l’Afrique est le berceau de l’humanité, alors nous sommes le condensé de toute une humanité, assumons le ! Le lieu n’est pas pour moi ici d’hyperboliser notre pays par rapport à sa miniaturisation et rester assis sur nos certitudes de « grande nation », mais c’est pour dire que nous avons ce que les autres veulent avoir à tout prix voire à tout les prix.

Certes nous devons être jaloux de notre liberté, mais je pense plutôt que chacun de nous devrait être d’abord jaloux  de ce beau  pays et ceci doit être une religion civique. Tout comme moi, vous vous posez souvent la question de savoir pourquoi nous sommes restés stables  jusqu’ici. Pour moi, ce n’est ni un effet de phobie, ni un effet de bonne gouvernance, ni,  pour être piétiste, d’un miracle divin, c’est tout simplement, ma foi, ce reflexe qui ressurgie à chaque fois que les esprits sont en transe pour nous rappeler que nous sommes camerounais. Nous sommes une nation exceptionnelle ! J’avoue ne pas être un érudit à même de bien conceptualiser notre idiosyncrasie exceptionnelle par rapport aux autres nations, alors je suis convaincu que vous êtes mieux outillé ainsi que d’autres compatriotes, théoriciens, pour bien idéologiser notre identité nationale.

Monsieur le président, nul ne peut nier votre détermination contre toute forme de prévarication et les camerounais vous soutiennent dans ce combat qui  interpelle la nation toute entière;  notre pays était déjà en voie de décomposition ! Cependant la bataille serait plus efficace si, en plus de la répression qui est approprier aux ainés en amont on associa en aval un système d’exorcisation de la pépinière que constitue les jeunes. Cette tranche, « Cameroun de demain », est virussée mais  heureusement, la gangrène est encore latente ; il y a donc une forte probabilité de la guérir, la jeunesse doit être l’une des principales cibles de lutte pour l’assainissement des mœurs publiques. La formule « magique » qui fait l’objet principal de cet exercice épistolaire auquel je me livre aujourd’hui se résume à un dosage idéologique et pédagogique devant être mobiliser pour stopper et éradiquer la dérive. Ce n’est pas une panacée, mais je crois qu’une société des valeurs ne peut faire l’économie d’une idéologie forte. Il faut inculquer aux jeunes leur identité exceptionnelle, ils doivent l’assumer et en préserver l’image devant les autres nations. Le vol institutionnel n’est rien d’autre que la conséquence de la faillite des valeurs et les insuffisances de l’appareil idéologique.

A ce sujet je commencerai par vous présenter, Excellence, mon total désarrois vis-à-vis de l’église qui a totalement oublier qu’elle était « l’église au Cameroun » et qu’elle devait parler plus du Cameroun au camerounais en leur rappelant sans cesse ce qu’ils sont (nation exceptionnelle) et ce qu’ils doivent être (assumer cette exceptionnalité). Au-delà de la spéculation, du culte de l’invisible et du miracle, nos églises qui rassemblent plus que les autres appareils idéologiques devraient profiter de leur capacité à mobiliser un large auditoire pour inoculer aux camerounais la fève patriotique et citoyenne. Il faut stimuler l’amour du pays qui est en hibernation dans les cœurs, que les églises prennent leurs responsabilités dans la construction d’une identité nationale, qu’elles suscitent en nous des émotions patriotiques : une église au service de la nation ! Que dire des médias ?

Je pense que les espaces occupés par l’exhibition en têtes d’affiches des prévaricateurs, le show organisé autour des démenties et des chantages médiatiques d’une certaine presse à gage doivent être convertis en pages de diffusion de l’idéologie camerounaise qui est son idiosyncrasie exceptionnelle. Les entreprises politiques sont interpellés par ce projet d’endiguement et d’épuration de cette « pseudo identité », fruit d’une socialisation déficitaire, devenue habitus et non la conséquence d’une trisomie originellement inscrite dans notre ADN. Les partis politiques ne sont pas au-dessus de l’unité nationale qui est l’une de nos valeurs sacrées, en tant que pédagogues, qu’ils fassent  intérioriser à leurs prosélytes la culture de l’adversité et non de l’inimitié tout en leur rappelant ce qu’ils sont et ce qu’ils devaient être.

Excellence, vous serez peut être surpris que je vous annonce que notre hymne national ne me fait couler aucune larme car il ne porte aucune spécificité, d’ailleurs que ses mots peuvent être transposés à n’importe quel pays africain et pourtant nous sommes différents. Pourquoi ne ressentons-nous pas notre exceptionnalité dans ce chant qui est supposé être patriotique c’est-à-dire nous rappeler que nous sommes camerounais avec une identité de choix ? Sans être subversif dans le propos,  il y a crise de symboles. Les jeunes ne s’identifient à personne et c’est grave ! Notre enseignement patriotique et citoyen dans des écoles est très précaire. Durant tout mon cursus jusqu’ici, je n’ai reçu aucune leçon spéciale sur le patriotisme or cela devrait être abondamment routiniser dans tous les niveaux d’études. Le vrai esprit camerounais, le prototype camerounais doit être érigé en doctrine civique.

Monsieur le président de la république, vous faites sans cesse confiance à vos compatriotes qui en retour ne cessent de fonder leurs espoirs en vous. Si vous aviez demandé à la jeunesse d’oser ; ce n’était nullement un effet de hasard, c’est parce que vous croyez en elle et c’est dans cette logique que je souhaite que vous considérez cette correspondance comme une modeste contribution d’un jeune camerounais. Penser toujours à une quelconque manipulation c’est décréter l’incapacité d’une jeunesse à s’assumer, certes il ne faut pas nier cette réalité dans notre champ politique, mais je pense que votre flair de discernement vous permettra d’écarter toute logique « apprenti sorcière » dans mon énoncé. Croyez moi excellence, ce qui manque à notre grande nation c’est la culture patriotique gage de la promotion et la défense de l’intérêt de la nation. Nul ne doute que vous prendrez acte et effet de cette lettre donc je vous exhorte   d’excuser la « kilometrie » et bon nombre de  défaillances que votre érudition corrigera.

« La terre n’est pas l’héritage de nos ancêtres, mais un emprunt à nos descendants ». Lester Brown

Excellence, espérant recevoir un accusé de réception de ma modeste contribution, je vous prie d’agréez l’expression de ma plus profonde considération.

 

Aristide Mono

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Article : « 8 mars »… Et puis ?
Les misérables
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7 mars 2014

« 8 mars »… Et puis ?

Les journées se succèdent et se ressemblent au fil des années sans un réel impact sur l’asservissement de la femme africaine et sans grande résolution pour mener une véritable plaidoirie. Trop de tables rondes dans les métropoles loin des cibles qui sont submergées par les travaux champêtres et le commerce (buyam sellam).

Les femmes africaines sont endiablées par l’euphorie de la journée internationale de la femme à travers parades et agapes de tout genre, ce rituel devenu pratiquement une mode est un moment plus attendu, qui n’apporte pas une réelle plus-value à la condition féminine. Le statut de la femme s’améliore timidement non pas sous la pression des stars du 8 mars, mais au gré des intérêts d’un système patriarcal soutenu par la tradition africaine machiste cautionnée par un ordre moral monté de toute pièce par le christianisme et l’islam.

La libéralisation politique des Etats africains n’a pas entraîné une libéralisation mentale de la façon dont les femmes sont perçues et traitées. Alors, la société africaine encore encastrée dans une tradition séculairement archaïque semble ne pas se conformer aux grands changements de l’histoire dont l’élément fondamental est le respect de l’être humain et son autodétermination quel que soit son genre ou statut. Ceci compromet toute envie de danser et de cadencer à l’honneur de la femme, alors on devrait parler du 8 mars comme moment de rendre hommage à la femme opprimée (violence symbolique), à travers des maximes traditionnelles misogynes.

La tradition africaine fait de la femme une subalterne qui doit vibrer au rythme des humeurs des hommes. En termes de gastronomie, les hommes se sont taillé la part du lion, certaines parties ou certains animaux sont interdits aux femmes, par exemple, le rat, sous prétexte que leurs seins ne vont pas évoluer normalement, on peut également citer le serpent boa, sinon elles risquent ne pas accoucher. Autant de restrictions sans repères scientifiques qui ont été montées par nos ancêtres pour disqualifier la femme de certains repas en vue d’affirmer davantage les tendances hégémoniques de l’homme.

Les femmes dans la tradition béti ne peuvent pas succéder au trône où encore bénéficier de l’héritage de leurs parents sous le prétexte qu’elles sont faites pour le mariage donc elles risquent de porter ce patrimoine pour aller enrichir leur belle-famille : n’y a-t-il pas cet adage qui postule que la femme a pour village celui de son mari ? La femme reste marginalisée dans la redistribution des ressources familiales, alors avec la raréfaction des offres de mariage que deviennent les femmes célibataires si elles ne peuvent pas jouir du patrimoine parental au même titre que les hommes ?

La religion vient encore renforcer cet esclavagisme surtout lorsqu’on connaît la prévalence élevée de confiance que les Africains accordent aux religions importées c’est-à-dire aux deux livres de bord que sont la Bible et le Coran. Le catholicisme romain réduit la femme à une simple servante, on pourrait dire serveuse. Les femmes n’ont pas droit à la fonction sacerdotale . Elles ne peuvent qu’aider les prêtres à distribuer l’hostie aux fidèles, la doctrine de cette église est machiste, Saint Paul dit quelque part : « Femmes soumettez vous à vos maris » et non « respectez vos maris ». Il s’agit d’une injonction de docilité à l’aveuglette.

L’islam quant à lui flirte avec le comble surtout chez les salafistes qui ont ôté toute humanité à la femme. En effet pour continuer à faire de la femme une propriété de l’homme elle doit toujours être couverte ou masquée afin de ne pas susciter des « appétits » de monsieur tout le monde. Elle doit demeurer ménagère et oublier sa citoyenneté. Elle subit jusqu’à l’excision pour ne pas avoir droit au plaisir sexuel. La religion vient donc exacerber le potentat de l’homme sur la femme en faisant adosser ce patriarcat sur la « volonté » de Dieu ou d’Allah.

Lorsqu’on quitte la sphère traditionnelle et religieuse pour aller sur un plan social et politique, on observe encore les écarts dans la considération de la femme. Au niveau conjugal la jouissance et la réjouissance ne sont pas d’actualité. Sans toute fois m’appesantir sur la maltraitance physique, il faut dire que le rôle social de la femme est celui de subalterne de l’homme. Ce dernier n’accepte pas encore le commandement de la femme, elle n’est pas vue au-delà du sexe. Le combat contre les accoutrements indécents avait pour cause fondamentale le viol, pour faire simple, lorsqu’une femme laisse transparaître ces sous-vêtements ou parties du corps, le seul réflexe de l’homme est de passer à l’acte.

Cette perception très rétrograde de la femme comme pourvoyeuse de plaisir sexuel fait en sorte que toutes les transactions entre un homme et une femme ne peuvent avoir pour finalité que la fornication. Or les femmes peuvent offrir un peu plus. Les embauches dans les entreprises ou dans la fonction publique sont conditionnées par le passage à l’acte. Bref lorsqu’un homme est face à une femme, il ne voit que les « délices » de son corps intime. Les femmes mariées ne peuvent être affectées que dans les villes de résidence de leur époux.

Voilà les vrais enjeux du 8 mars, des combats qui doivent portés sur la reconnaissance sociale et politique effective de la femme en Afrique qui doit cesser de servir de bouche-trou dans les scrutins de liste ou encore de représentations cosmétiques pour des besoins de légitimation d’un ordre politique démocratique.

Cependant au-delà des griefs et plaidoiries que les femmes doivent poser lors de la célébration, il y a une autocritique et un autoaggiornamento qui s’imposent.

Les femmes ne peuvent pas attendre tout des hommes !

Il y a celles qui trouvent leur statut social normal, elles éprouvent du plaisir en se faisant apostropher par le nom de leurs conjoints. Elles aiment quand leurs époux les violentent sous prétexte que c’est une preuve d’amour. Les plaidoiries doivent être structurellement bien organisées (féminisme) pour atteindre les objectifs qui se résument en ce triptyque : information, formation et affirmation.

Hommage à toutes les femmes du monde en général et en particulier celles africaines, comme le disait Bob Marley, « no woman, no cry » (pas de femmes pas (de cri) de vie).

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04. mars
2014
Les misérables
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Cameroun : l’émulation d’une certaine presse réactionnaire et laudatrice

Le paysage médiatique camerounais compte une multitude de titres qui paraissent au quotidien, parmi ces centaines de journaux on dénombre une grande partie qui n’hésite pas à servir à la destruction ou au polissage de telle ou telle personnalité publique. Des titres sont souvent fort évocateurs par exemple : « Et si le vrai voleur était le ministre X ! », « Ces ministres qui veulent la tête de Biya ! » ou encore «Les qui veulent salir le noble ministre X ? », « Qui veut la tête du courageux X ?».

Comme on peut le remarquer, il s’agit soit de mettre en mal une élite soit en revanche chercher à lui faire des hagiographies. Les motivations d’une telle presse relèvent de plusieurs ressorts qu’il s’agisse du vernissage ou de la déchéance de l’image de la cible. En ce qui concerne la presse à gages, il faut rappeler qu’elle est née dans un contexte de la naissance de la libéralisation de l’espace public marqué par l’institutionnalisation de l’opposition. Ici la presse servait à porter secours aux forces alternatives concurrentielles au régime autoritaire d’alors, les journalistes trouvaient donc dans le dénigrement une arme de délégitimation et de destruction du pouvoir en place.

Certes cette presse investie dans une lutte républicaine persiste pour la libération du pays, mais aujourd’hui une autre exerce dans des querelles de personnes. C’est une presse réactionnaire manipulée dans l’ombre par des élites elles-mêmes qui cherche à file des coups bas médiatiques à leurs homologues, la finalité étant le conflit de leadership, l’accès aux ressources publiques et la déchéance pure et simple d’une élite qui fait écran dans la localité.

Les directeurs de publication sont payés en grosses factures, les données erronées leur sont livrées par les commanditaires détruisant ici la déontologie d’un métier aussi noble. Il se développe alors une corruption à ciel ouvert soutenue par l’indigence de la presse camerounaise qui se trouve influencée par des forces de l’ombre pour survivre.

Les adeptes de cette presse à scandale à des fins de destruction sont souvent appelés des « journalistes du Hilton » du nom du plus grand hôtel de Yaoundé. Ces derniers ne se font aucune peine d’aller à la recherche des informations, mais c’est l’information qui les cherche et les trouve bien installés à la salle d’accueil de ce lieu fréquenté par les «  plus grands du pays ».

Cependant certains se voit confier toute la mission, celle-ci revenant à fouiner partout des éléments vrais ou faux capable d’accabler la cible, alors même la vie privée de cette dernière n’est pas épargnée.

Les journalistes, s’il faut les appeler ainsi, quand ils trempent dans des sabotages sont souvent en retour abandonnés à leur destin si la police politique ou les juridictions les sanctionnent pour diffamation ou accès frauduleux aux sources d’informations. D’autres disparaissent dans les prisons.

En bref ce sont des batailles entre des élites souvent par médias interposés, à la fin c’est le journaliste ou son quotidien qui en pâtit. Une presse à tête chercheuse. Ses organes de presse sont souvent créés à l’emporte-pièce par les élites pour servir leurs intérêts.

Et de ce qui est du bronzage, il est congénitalement lié à la destruction de l’image des autres personnalités puisqu’au finish le commanditaire veut se faire une place au soleil. La saison des attentes de remaniement est un des moments pour les prétendants et les occupants de se faire une santé médiatique en posant en tête d’affiche comme « l’homme de l’année » donc eux seuls en maitrise les critères et leurs jurys.

Il s’agit aussi souvent des contre-offensives pour répondre à une attaque médiatique. Alors plus besoin de droit de réponse. Tout est manœuvre de désinformation et manipulation même si le destinataire des ces intox ne sont que les arènes décisionnelles. Il faut impacter les prochaines nominations, il faut provoque la chute d’un commis, il faut attirer sur lui les griffes de l’opération épervier , voilà  les buts recherchés par cette presse à gages et laudatrice.

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Article : Les camerounais honorent à peine leurs martyrs!
Les misérables
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28 février 2014

Les camerounais honorent à peine leurs martyrs!

Durant toute la célébration du cinquantenaire de la réunification à Buea, deux personnages étaient à la une, leurs photographies en grand format étaient exposées au mètre carré. Il s’agit de Paul et Chantale Pulchérie Biya. C’était eux désormais les deux héros de la réunification de 1961 ; une tentative de falsification de l’histoire ! Où sont alors passés nos héros martyrs ? Cette remarque nous donne l’occasion de s’interroger en cette fin du mois de février de ce qu’on a fais des martyrs de Février 2008.

Bref rappel historique

Le 25 février 2008 14 syndicats de transports urbain et inter urbain rentrent en grève pour contester le prix du carburant qui venait de passer à 600 F CEFA le litre, ce qui à cout sûr allait entrainer la hausse des tarifs routiers. Le bras de fer ainsi lancé sera récupéré par d’autres catégories sociales dont les jeunes qui vont transformer les griefs des transporteurs à une cause plus globale donc celle de la vie chère. Bénéficiant d’un environnement d’hostilité à la modification de la constitution par Biya pour se représenter éternellement aux élections, les émeutes de la fin vont embraser toutes les dix régions. Certaines radios et télévisons sont fermées, le président de la république ne passe pas par quatre chemins pour déployer la machine répressive, il y a toute une confusion entre sécurité nationale et défense nationale. Il déclare : « Force est à la loi, et tous les moyens seront utilisés». Le bataillon d’intervention rapide, unité de commandos spécialisés dans la tuerie, va implémenter ce discours violent, Bilan plus de 1500 arrestations et cent morts selon La maison des droits de l’homme du Cameroun. Voilà des jeunes qui ne demandaient rien d’autre que l’accès au pain quotidien qui ont été fauchés, des jeunes qui ont donné leur sang pour arracher au régime de Yaoundé l’augmentation les salaires des fonctionnaires de 15% avec des indemnités de logement de l’ordre de 20%.

Ces fonctionnaires ont-ils le simple réflexe de penser à ces jeunes ? Qu’est-ce que la nation a fait d’eux pour honorer leur mémoire durant ce mois de février marqué au Cameroun par la fête de la jeunesse ?

Réflexion

Cette ingratitude envers les héros de la nation n’est rien d’autre qu’une tentative des différents pouvoirs post coloniaux d’effacer la mémoire collective à travers une violence symbolique. Par exemple les livres d’histoires au programme dans les écoles n’hésitent pas apprendre aux jeunes que les nationaliste de l’UPC, les vrais martyrs de l’indépendance, n’étaient que des maquisards. Un qualificatif très péjoratif qui n’a qu’un seul but détruire les vestiges afin de faire du leader du moment le héros national. On nous a fais chanter à l’école primaire cette louange « Paul Biya, le père de la nation… », or il nous semble que le concept de père de la nation en Afrique renvoi au premier président qui n’est qu’Ahidjo dans le cas camerounais. Il s’agit de dissimuler toutes les traces des héros, après 1982, toute une technologie à été mis sur pied pour effacer par exemple le nom Ahidjo, heureusement que l’histoire est têtue. Le stade Amadou Ahidjo est devenu tout simplement stade omnisport.

Lors du discours de Paul Biya à Buea les noms des principaux acteurs de la réunification Foncha et Ahidjo n’ont été émargés nulle part, se plaisant de faire le récit de ses exploits. Pire, leurs veuves encore vivantes sont restée inaperçues à ce cinquantenaire.

En fait en-dehors de quelques initiatives timides portées par certains acteurs de la société civile, la commémoration des martyrs ou simplement des héros nationaux n’est pas une actualité au Cameroun. On assiste au contraire à une falsification de l’histoire nous amenant à constater que cette dernière est rédiger en crayon ordinaire donc gommable alors chaque homme politique une fois au pouvoir s’accapare tous les exploits de ses prédécesseurs. In fine, on peut malheureusement se réjouir que chacun de ces faussaires de la mémoire collective ont cette malchance de subir à leur tour la profanation de leurs figures.

Avant-hier c’était Um Nyobe qui a été traité de maquisard par Ahidjo, hier c’était également la sépulture de Félix Moumier qui était saccagé et profané au Tchad, aujourd’hui c’est la dépouille du président Ahidjo qui est actuellement en exil au Sénégal, et demain à qui le tour ? Wait and see !

Une pensée pour un héros qui vient de rendre l’âme, un proche, un grand homme politique, un écrivain, docteur Charles Ateba Eyéné décédé le 21 février 2014 à l’âge de 43 ans. Une pensée également aux jeunes « exécutés » 2008 parmi lesquels mon ami Wilfried.

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Article : Cinquantenaire de la réunification: J.P Kamtchang/ Journaliste-activiste se déchaîne (Exclusivité)
Les misérables
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21 février 2014

Cinquantenaire de la réunification: J.P Kamtchang/ Journaliste-activiste se déchaîne (Exclusivité)

 

« Depuis que je suis à Buéa  je n’ai de cesse de me poser des questions au sujet de ce cinquantenaire, au mieux, de ce 53ème anniversaire de notre Réunification. Pour avoir été berné longtemps au sujet de la symbolique du 1er octobre 1961, les Camerounais sont de nouveau tournés dans la farine avec une autre date, celle du 20 février 2014 qui ne renvoie à rien, sinon qu’à la seule volonté d’un pouvoir central qui manipule sans vergogne les chiffres de l’histoire.

Il faudrait qu’on se le dise, sans toutefois se pardonner ce qui dépend de nous, nos autorités devraient apprendre à respecter les précisions de l’histoire. Car, elles nous permettent au moins de repenser, de célébrer et de prière pour nos héros. Même si ce vocable semble ne pas plaire au pouvoir de Yaoundé qui s’en fou pas mal, à voir de près, les occasions y afférentes.

 

Pis, Buéa a semblée consacrer la journée du 20 février au couple présidentiel. Ce qui est une aberration de plus et de trop du comité d’organisation. Seul signe fédérateur, les drapeaux qui plombent la vue. Entre temps, les photos de M. Biya Paul et son épouse sont ce qu’il y a de mieux à voir au détriment de nos héros, les vrais, ceux qui ont rendu cette Réunification possible le 1er octobre 1962 et non le 20 février de la même année. Combien sont-ils, ces enfants des écoles primaires et des collèges de Buéa, à qui on fait déserté contre leur gré, des cours pour se « sécher » au soleil et à applaudir au passage, le chef de l’Etat- qui savent à quoi renvoie effectivement l’évènement pour lequel ils sont plus spectateurs qu’acteurs, plus subissant qu’agissant ?

Combien d’entre eux savent qui sont les vrais artisans de cette Réunification sans laquelle le Cameroun ne serait un et indivisible aujourd’hui ? Combien d’entre eux ont entendu parler des accords de Foumban et de Bamenda qui ont été les phases catalytiques de cette paix dont seul les Camerounais dans leur immense majorité, sont les garants ? Ou même ces hauts fonctionnaires, au nom des frais de mission qui ont fait le déplacement de Buéa alors que le même évènement se déroule dans toutes les régions du pays.

 

Comme si ça ne suffit pas, les habitants qui viennent de frôlé la barre des 30% d’accès à l’eau potable sont nargués par la bureaucratie bourgeoise en provenance de Yaoundé avec leurs cylindrés, lorsque leurs commerces, leurs seules sources de survie sont fermés toute la journée par les sbires de M. Biya Paul. N’en parlons pas, lorsqu’il leur est interdit de circuler dans leur propre contrée pour des raisons de sécurité de celui qui devrait leur renvoyer l’ascenseur pour les besoins de la cause. Que dire alors, de cet hôte qui est dans la maison et qu’on ne peut voir, pourtant venu commémoré, dit-on, un anniversaire qui est le pont entre toutes les cultures, les religions et les ethnies de notre pays. C’est à se demander si ce pays n’a pas déjà frôlé le ridicule, la honte et la bêtise. »

 

Paul-Joël Kamtchang  / Quotidien Emergence

 

 

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Article : Cinquantenaire de la réunification : la cohabitation entre anglophones et francophones
Les misérables
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20 février 2014

Cinquantenaire de la réunification : la cohabitation entre anglophones et francophones

A l’heure où le Cameroun célèbre avec trois ans de retard le cinquantenaire de la réunification, il est important de jeter un regard sur le concubinage entre les deux ex-colonies britannique et française dans la gestion de l’Etat désormais unitaire. La cohabitation entre anglophones et francophones a toujours été animée par la résurgence des replis identitaires amenant à chaque fois le politique à demeurer attentif au problème de l’intégration nationale. Plusieurs astuces sont déployées pour une forclusion des intentions et tensions sécessionnistes portées par l’aile radicale du SCNC, un groupuscule politique qui s’attèle à saper l’unité nationale.

Dans ce sens deux types de thérapie ont été utilisés tout au long de notre histoire, il s’agit, pour reprendre l’analyse du socio-anthropologue Jean Njoya, d’une part, de l’approche « consensualiste » ayant court pendant le monolithisme. Elle a créé une communauté imaginaire (Etat-nation) en voulant dissoudre les individualités culturelles et linguistiques dans l’Etat-nation d’où la création d’un parti unique. Parler d’anglophonie ou de francophonie était un tabou, bref c’était un rejet de la diversité. D’autre part, on a usé d’une approche purement agonistique où il fallait désormais enlever le masque Etat-nation qui tentait de voiler les disparités entre une identité anglophone et francophone. Ayant donc été exacerbée par le pluralisme naissant de 1990, la Constitution va essayer de réguler normativement la gestion des pluralités culturelles en reconnaissant dans son préambule le principe du respect de la diversité.

Malgré l’application de ces deux approches pour une cohabitation entre anglophones et francophones, les grincements de dents persistent chez les populations anglophones, originaires du Sud-Ouest et du Nord-Ouest qui ne tardent pas à dénoncer leur marginalisation. Mais ces griefs ne sont pas portés par les en bas d’en bas, mais par des élites insatisfaites du partage du national cake le qualifiant de léonin.

Il est à préciser que depuis l’institution de la gestion agonistique, un consensus semble se dégager dans la dévolution du pouvoir, le président Biya étant francophone, le poste de premier ministre est resté jusqu’ici une quote-part des anglophones.

Le même équilibrage est ressenti dans le champ politique concurrentiel, certes le parti au pouvoir est né à Bamenda, mais il apparaît comme un instrument politique des francophones, en face on a le SDF (Front social démocrate) plus anglophonisé qui continue à s’affirmer comme le principal parti d’opposition. Le rapport de force électoral est donc partagé entre les deux diversités linguistiques concourant ainsi à l’intégration nationale.

L’acte fort de l’unité des ex-colonies, l’institutionnalisation du bilinguisme, est l’une des caractéristiques du système éducatif camerounais. A côté des établissements spécifiquement bilingues, il est institué des cours d’anglais dans les sections francophones et de français dans les sections anglophones avec un coefficient élevé lors des évaluations. L’enseignement supérieur n’est pas en marge de cette intégration nationale, ici les enseignements sont dispensés au gré de l’enseignant dans l’une ou l’autre langue.

Dans le même sillage d’une cohabitation harmonieuse, l’administration camerounaise est bilingue, les textes sont promulgués dans les deux langues, les annonces et autres affiches en sont également. Les programmes de tous les médias prévoient des émissions en anglais comme en français. On peut donc constater que le Camerounais vit au quotidien avec ce passé colonial même dans le fond de la population moins instruite chacun s’évertue à s’intégrer dans ce biculturalisme linguistique.

Malgré les particularités des systèmes administratifs, la cohabitation est bien coordonnée par exemple dans le cas des textes juridiques (l’héritage du droit anglais et du droit français). Car il faut le rappeler, les anglophones ont hérité de l’indirect rule et les francophone du direct rule des colons gaulois.

Par ailleurs il est à noter que ce qui est vulgairement appelé « Le problème anglophone » pure construction politique, a du mal à imposer son hégémonie dans l’agenda politico-administratif tout simplement parce qu’il y a d’autres grandes identités qu’il faut gérer au quotidien. Il y a le cas de la gestion de l’épineuse cohabitation entre les nordistes musulmans et les sudistes chrétiens, deux complexes ethniques qui jusqu’ici se gardent l’exclusivité de la magistrature suprême. Ces autres replis ethniques, confessionnels viennent atténuer l’exacerbation des identités linguistiques ce qui donne l’impression aux politiciens anglophones qu’on veut banaliser leurs revendications certes pertinentes, mais plus instrumentalistes, puisqu’au fond ils ne sont pas aussi marginalisés que les Pygmées et les Mbororos.

Cependant au-delà de cette gestion plus ou moins louable de la cohabitation entre anglophones et francophones, il y a lieu de craindre une éventuelle fracture entre les deux identités. Comme on l’a dit plus haut, quelques hommes politiques anglophones véreux prônant la sécession tentent d’enrôler les populations anglophones dans une logique d’hostilité prétextant que leur misérabilité relève d’un complot et que les francophones auraient un train de vie princier. Ce qui est une simple manipulation puisque même  francophone, chrétien et béti comme Biya, nul n’est immunisé contre les fougues du système anthropophagique de Yaoundé. Donc, si les anglophones croupissent dans la misère comme tous les autres Camerounais cela est le fruit non pas d’une marginalisation, mais d’une politique publique de privation et de privatisation des ressources politiques, économiques et financières.

La nature plurielle de la culture camerounaise surtout celle issue de la collusion du système britannique et français renforce davantage le statut du pays comme une Afrique en miniature. La complémentarité des traditions linguistiques donne une plus-value au Cameroun qui non seulement est bilingue, mais a plus d’ouverture sur l’espace international avec par exemple son affiliation à la fois au Commonwealth et à l’Organisation internationale de la francophonie.

 

 

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Les misérables
3
19 février 2014

Cinquantenaire de la réunification du Cameroun: Au cœur de la conférence de Foumban de 1961

La conférence de Foumban marque le  tournant décisif de la réunification du Cameroun anglophone et francophone, c’est la passerelle qui a permis aux différents protagonistes de fixer les bases constitutionnelles d’un Etat fédéral après moult tractations et rebondissements. Elle se tient précisément le 16 juillet 1961 et marque la volonté des protagonistes de réaliser la réunification du Cameroun.

Il était question de fixer les conditions d’une réunification effective  du Cameroun. Ahidjo était accompagné de certains de ses collaborateurs dont Charles Assalé(le premier ministre) Charles Okala (ministre des affaires étrangères) Josué Tétang (secrétaire d’Etat à l’information) etc. La délégation du Southern Cameroon était composée de John Ngu Foncha, Emmanuel Liffaffe Endeley, Salomon Tamdeng Muna, Augustine Ngom Jua, Nerius Namaso Mbile pour ne citer que ceux là. Les formations politiques qui étaient représentées à cette conférence sont : le Kamerun National Democratic Party(KNDP)  le Cameroon People’s National Convention (CNPC) le one Kamerun mais aussi les chefs traditionnels.

Le temps fondamental de cet évènement consistait en l’élaboration de la constitution du futur Etat fédéral. Mais les conditions dans lesquelles a été organisé ce projet de la nouvelle constitution accusaient un air de duperie puisque Ahidjo avait longtemps à l’avance fait écrire une constitution par des spécialistes français. Les participants du Cameroun méridional eux étaient surpris lorsqu’Ahidjo leur demanda de faire plutôt des observations sur la constitution qu’il leur présentait. Pourtant la délégation du Cameroun méridional croyait qu’ils avaient été invités pour poser ensemble les bases de la nouvelle République. Seul Foncha avait reçu longtemps à l’avance  ce projet de constitution, ce qui avait d’ailleurs choqué les autres membres qui l’avaient découvert à la suite de la déclaration de Foncha pendant de la conférence. Ils étaient  ainsi trahis non seulement par Ahidjo mais également par un des leurs Foncha vraisemblablement pour des raisons d’intérêts particuliers (poste de vice-président). Alors toutes les tractations et stratégies qu’ils avaient mises au point n’avaient pas produit les résultats escomptés.

Néanmoins la délégation conduite par Foncha va étudier le texte et des amendements seront faits ceci à la suite d’un rapport de session remis à la partie francophone. Les amendements portaient sur le drapeau, l’hymne national et la devise, la durée du mandat présidentiel qu’il souhaitait limité à deux mandats et que le siège du gouvernement fédéral soit à Douala, la question des attributions du Président de la République, la proposition d’une assemblée fédérale composée de deux chambres, et de la double nationalité, la suppression du mot indivisible de la constitution, et la question du système éducatif.

La question de la forme de l’Etat qu’il voulait confédéral. A ces amendements Ahidjo rejettera l’idée d’un parlement bicaméral (pour des raisons de coût financier) la capitale fédérale restera Yaoundé, la question de la double nationalité fut également rejetée et les fonctions de président de la république et de vice-président seront assurées respectivement par Ahidjo et Foncha  en attendant que les institutions se mettent en place. Le terme indivisible sera rayé de la constitution, et Ahidjo va préciser qu’aucune velléité sécessionniste ne sera permise. La forme de l’Etat restera l’Etat centralisé.

A la fin des travaux les différentes personnalités à l’instar de Foncha, mais surtout Endeley et les autres vont faire allégeance à Ahidjo et ils vont dire toute leur disponiblité chaque fois que celui-ci les sollicitera. Voilà en peu de mots le contexte dans lequel s’est réalisée la réunification du Cameroun à partir des évènements  de Foumban.

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Article : Cinquantenaire de la réunification des Cameroun anglophone et francophone: Vers 1961…
Les misérables
1
18 février 2014

Cinquantenaire de la réunification des Cameroun anglophone et francophone: Vers 1961…

 Contrairement à de nombreux pays  Africains, le Cameroun n’a pas officiellement été la colonie d’une puissance occidentale. Dans les années 1860-1870, Français et Allemands commencent à s’intéresser à ce pays. Pour cela le gouvernement allemand envoi Gustav Nachtigal négocier la mise sous tutelle allemande du Cameroun avec les chefs Dualas. Deux traités en ce sens sont signés avec des chefs de l’estuaire du Wouri appelée « Cameroon River », ce sont les traités germano-Douala.

Le premier datant du 12 juillet 1884 marque la naissance internationale du Kamerun comme entité politique moderne. Cependant avec la deuxième Guerre mondiale et la défaite allemande, la Société des Nations (SDN) et l’ONU son successeur (après l’échec de la SDN) va changer le statut du Kamerun qui, de protectorat, est placé sous tutelle de la France et de la Grande Bretagne. Le 04 février 1916 ces derniers se partagent le territoire camerounais, alors que la France s’arroge les 4/5e du territoire, l’Angleterre se contente des 1/5e .
La France va contribuer au développement politique et économique du futur Cameroun avec par exemple la création des assemblées électives. L’assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) en 1946 deviendra Assemblée Territoriale du Cameroun (ATCAM) en 1952 avec des pouvoirs plus étendus.  Mais tous ceci paraitra insuffisant aux yeux des nationalistes qui vont engager une résistance à l’occupation française en revendiquant une indépendance immédiate et sans condition. Dans cette lutte acharnée l’Union des Populations du Cameroun(UPC) de Ruben Um Nyobe est frappée d’interdiction pour trouble à l’ordre public et association avec le communisme. L’UPC prend alors la clandestinité  et Um Nyobe est tué au cours d’un combat. Le Cameroun oriental deviendra enfin indépendant le 1er janvier 1960.

Par ailleurs, la partie du territoire dévolue aux anglais par le partage de 1916 est devenue le Cameroun britannique (Cameroun occidental), que les anglais divisent en deux parties à savoir le Northen Cameroons rattaché au Nigéria septentrional un rattachement qui sera lors du plébiscite du 11 février 1961, et le Southen Cameroons qui, intégré au Nigéria oriental, se prononcera lors dudit plébiscite pour son rattachement au Cameroun oriental.

 

En effet, jusqu’en 1949, la capitale du Southen Cameroon se trouve à Lagos, puis transférée à Buea. A partir de cette date il est placé sous l’autorité d’un résident qui rendait lui-même compte au lieutenant gouverneur des provinces orientales du Nigéria. Entre 1916 et 1945,  le Southern Cameroon est divisé en quatre unités administratives (Victoria, Bamenda, Mamfe, Kumba) ayant chacune à sa tête un district officer. Les anglais y pratiquent l’indirect rule basé sur la dévolution d’une part de l’administration aux native-autorities sous la supervision des anglais qui consacreront plutôt l’essentiel de leurs efforts au commerce, à l’exploitation des ressources économiques et la soumission des populations à la législation britannique.

 

Alors que les Paramount chiefs à Buéa, de victoria et des Fons à Bali, Bafut, Kom, Bum, Nso et Bangwa dans la politique administrative d’indirect rule ne vont rien faire pour le développement local, les anglais seront accusés de laxisme pour avoir abandonné la colonie aux soins des autorités indigènes et se préoccuper que de l’extraction des richesses. Ceci poussera les camerounais méridionaux à créer des groupes et mouvements de pressions dont le premier est la camerounoons youth league (CYL) née le 27 mars 1940. Essentiellement composé d’élèves, elle a un objectif principal, demander aux anglais une réparation des torts causée sur les plans politique, économique, éducatif, infrastructurel, et bien d’autre.

 

Dans la même foulée, l’on assiste à la création du tout premier parti politique à savoir le Cameroons National Fédération (CNF) du docteur Emmanuel Endeley , qui revendiquait l’érection du Southern Cameroon en région autonome distincte de la fédération nigériane et sa réunification avec le Cameroun francophone. Malheureusement le parti éclate suite aux divergences entres les acteurs, donnant naissance au Kameroon United  National Congress (KUNC) dirigé par N.N MBILE et R.K DIBONGUE. La réunification du Cameroun sera son mot d’ordre et il bénéficiera de l’appuie de l’union des populations du Cameroun (UPC).

 

En 1953, la réconciliation entre ENDELEY et les autres donnera naissance à un nouveau parti, le Kamerun National Congrès (KNC) résultant de la fusion entre le CNF et le KUNC. Le KNC gagne les élections la même année et ENDELEY devient le leader du Business Government. Les anglais prendront très au sérieux les revendications des nationaux et y répondront graduellement, soit à travers des modifications constitutionnelles, soit à travers des conférences réunissant les différents protagonistes, comme celle de MAMFE en 1950 et celle de LANCANSTER HOUSE en 1959.

 

En vue de résoudre définitivement ces revendications indépendantistes et réunificationnistes, les autorités anglaises et onusiennes décident de consulter les camerounais par voie référendaire. La question posée était celle de savoir si oui ou non ces populations voulaient devenir nigérianes ou alors demeurer camerounaises après l’indépendance de leur territoire. La consultation eut lieu le 11 février 1961 et l’option pour l’indépendance avec réunification des deux Cameroun l’emporta dans le Southern Cameroon, tandis que le Northern Cameroon se prononçait pour son intégration à la fédération nigériane.

 

Le Cameroun français cria à la fraude et demanda en vain que justice soit faite et que le Northern Cameroon lui aussi soit rattaché au Cameroun. Les résultats de ce plébiscite donnèrent au processus de l’indépendance du Cameroun britannique et de la réunification son élan définitif.

 

A cet effet des rencontres eurent lieu entre camerounais orientaux et occidentaux en vue de trouver la formule appropriée pour leur nouvelle cohabitation. Ils se rencontrèrent tour à tour en juin 1961 à Bamenda, puis à Foumban en juillet 1961 et enfin à Yaoundé  en août1961. Au finish la forme fédérale fut adopté. Tout était alors fin prêt lorsque l’indépendance du Cameroun britannique fut proclamée le premier octobre 1961, sa réunification avec la république  du Cameroun indépendant s’ensuivit immédiatement, et JOHN GU FONCHA  qui avait gagné les élections avec son KNDP devint le premier ministre du Cameroun anglophone et vice- président de la république fédérale du Cameroun alors qu’Ahidjo étendait son autorité sur le nouveau territoire. La réunification aboutira à l’unité nationale de 1972.

 

 

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16. févr.
2014
Les misérables
3

Cameroun : fête de la jeunesse… Au-delà de la cosmétique (Rétro)

Une célébration instituée en 1966 par le premier président Ahmadou Ahidjo dans le but de réunifier les jeunesses du Cameroun occidental et celle du Cameroun oriental. Elle était célébrée la jeunesse camerounaise durant tout le mois février. C’était si coûteux qu’on a décidé de la réduire à un jour le 11 février. Vrai ou faux voilà ce que disent les officiels. Cette fête permet qu’on évalue la jeunesse dans tous ses aspects afin de trouver les moyens de remédier véritablement à ces épineux problèmes auxquelles elle fait face. Il s’agit du chômage, de la précarité, de la dépravation des mœurs, du problème de l’insertion des jeunes par les aînés dans tous les cercles de pouvoir, de l’alcoolisme, et de la sous-scolarisation, etc.

Les agapes et festivités prennent plutôt le dessus sur les problèmes de fond qui devraient intéresser ce que nous avons évoqué un peu plus haut. Les alléluias et hosannas sont souvent scandés à l’adresse du pape Barthélémy avec la complicité coupable des misérables instituteurs. Les effigies du césaro-papiste sont également brandies par les plus jeunes souvent las d’attendre les bouffons et serviteurs du roi alors même qu’ils sont suffisamment éreintés par la famine et les intempéries de la saison sèche.

Que fait le gouvernement pour résoudre les problèmes des jeunes. Le gouvernement concernant le secteur de l’éducation a réalisé le gros effort en créant par décrets des établissements dans tous les coins et recoins de la République ainsi que dans les hameaux les plus perdus du territoire national. Ces établissements sont souvent vides de personnels qui boudent ces endroits mal aimés de la République. N’y vivent que des métèques et les infrastructures scolaires sont souvent inexistantes. Pour les communautés qui n’ont pas les moyens,  l’école c’est sous l’arbre à palabres ou sous une hutte. Même  à Yaoundé certaines infrastructures scolaires manquent de latrines et de points d’eau potable, les bâtiments sont vétustes. Il y a une kyrielle de déboires comme ça que nous ne pouvons citer tous ici.

L’insertion socioprofessionnelle des jeunes est une préoccupation du gouvernement. Le recrutement à la fonction publique de 25 000 jeunes est l’acte le plus marquant jamais réalisé. Certains programmes : le Pajer-U  et institutions comme le Fonds national de l’emploi contribuent à l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi en octroyant des projets et des formations à cet effet. Voilà les prouesses que nous vantent souvent nos pépés. En réalité tout ceci est comme un grain de sel jeté dans un océan de problèmes liés au chômage. Ceci dû à la mauvaise foi de la bureaucratie atteinte de gérontocratie et de démoncratie, engoncée dans ses oripeaux et dans les miasmes du détournement des fonds publics légendaires est l’ingénierie apportée à la résolution des problèmes de chômage.

L’exclusion des jeunes des cercles de prise de décision est un gros handicap qui empêche sa participation à la gestion des affaires publiques. Les jeunes sont exclus des vrais débats concernant la bonne marche du pays. Ils sont confinés à des fonctions de mobilisation et d’animation or ils devraient avoir leur place dans tous les cercles et positions de pouvoir que ce soit dans les partis politiques, l’administration ou même au sein des associations et autres espaces de sociabilité. Les jeunes doivent rechercher les voies et moyens afin de conquérir leur place dans l’espace public et dans la société politique sans toujours rechercher l’intermédiation des pépés et mémés de la République. Construire et mettre en œuvre des programmes de participation citoyenne à travers une évaluation des politiques publiques et à travers une veille permanente quant à la réalisation des projets et actions de l’Etat. La jeunesse doit offrir sa pugnacité et son énergie à la République en envahissant les structures militantes qu’elle devra créer elle-même pour assouvir son besoin de participation citoyenne et pourquoi pas proposer une alternative présidentielle à cette génération d’octogénaires et de nonagénères prévaricateurs rompus à la tâche malsaine d’agresseurs et de brigands à col blanc.

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Auteur·e

L'auteur: Aristide MONO
Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

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