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La voix de la Lékié
Article : Quand le bla-bla continu, le chômage continu également de consumer toute une jeunesse!
Les misérables
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11 février 2014

Quand le bla-bla continu, le chômage continu également de consumer toute une jeunesse!

L’effervescence autour de la fête de la jeunesse au Cameroun comme chaque année essaye de détourner cette tranche d’âge de son véritable ennemie qu’est le chômage. Les discours oiseux par ci, la gesticulation institutionnelle par là, au finish, les « 11 février » passent et la jeunesse trépasse toujours.

La définition politique du chômage ne nous sera d’aucune utilité dans ce billet, la notion sera abordée dans sa perception vulgaire à savoir, des jeunes qui errent à longueur de journée sans rien faire ou simplement font dans la débrouillardise et pourtant dotés d’un capital académique minimum.  Ce que les politiciens appellent sous emploi, le Cameroun en compte un taux de 75%. Le baromètre d’indice de perception de l’ampleur de ce mal qui tue la jeunesse camerounaise n’est rien d’autre que l’observation des milieux universitaires.

Les alentours de l’université de Yaoundé 1 et 2 par exemple sont une illustration type de ce que l’Etat a décidé de faire de sa jeunesse. Le petit commerce de biscuits, stylos dans les brouettes, les taxi-motos, les call-box sont devenus le domaine de reconversion des détenteurs de maîtrises. Dans les mini cités les étudiants arrivés il y a de cela 8 ans restent campés toujours dans les chambres après l’obtention des diplômes, ils finissent par fonder des familles dans ces chambres car sans emploi, ils ont honte de retourner au village tout en espérant qu’un jour Dieu les aidera. Une attente qui fini par bousier tout espoir qu’un parent peut fonder sur son enfant après de longues années d’études.

Les chiffres de moins de 16% du taux de chômage publiés par les autorités relèvent une fois de plus du mépris envers la jeunesse, lorsqu’on sait par exemple que chaque année l’université de Yaoundé 2 accueille plus de 23000 étudiants et que la fonction publique camerounaise ne compte pas plus de 450000 agents. Les discours sur la jeunesse ne tournent qu’autour des promesses, on pourrait dire des duperies à des fins de clientélisme électoral ou d’éviter un éventuel printemps négro africain.

En effet si ce n’est pas un discours qui incrimine les jeunes, par exemple le tapage gouvernemental sur les habillements indécents, se sont les engagements fallacieux. Tenez un an jour pour jour Biya avait annoncé le 10 février la création de 200000 emplois, alors aujourd’hui cet octogénaire peut-il ramasser les mots qui ont franchi le seuil de ces lèvres ? Curieusement alors que la jeunesse attendait une explication ou un aveu d’échec lors de ce 10 février, le président de la république a une fois de plus démontré sa mauvaise foi en affirmant que ces emplois ont été déjà créés. Mais où ? Et quand ? Il s’est targué également d’avoir tenue la promesse de la professionnalisation des Taxi-motos, or Dieu seul sait dans quelles conditions les Taximen-motos sont abandonnés à eux même dans les villes de Douala et de Yaoundé.

La semaine écoulée, le ministère en charge de l’emploi a organisé opportunément un colloque sur la question, juste pour se souvenir des missions qui sont les siennes et rentrer dans le folklore de la pseudo  « Fête de la jeunesse », je préférais parler de « la défaite de la jeunesse ». On pouvait voir des officiels de cette rencontre cosmétique bomber le torse dans les médias en affirmant que se sont les jeunes qui ne veulent pas se rapprocher des offres d’emploi. En fait de quel emploi parlent-ils ? Il ne s’agit qu’une gesticulation pure et simple !

Un certain nombre de programmes gouvernementaux ont été élaborés pour accompagner cette gesticulation institutionnelle pour escroquer la jeunesse. On peut citer la mise sur pied du fond national de l’emploi (FNE) le pacte national pour l’emploi des jeunes (PANEJ), le programme d’appui à la jeunesse rurale et urbaine (PAJER-U), le projet d’appui aux acteurs du secteur informel (PIAASSI). Toute cette armature d’institutions n’apporte aucune plus value à la résorption du problème du chômage ambiant.

Dans un pays où il n’existe aucune gratuité effective du service de l’Etat, où les étudiants par exemple n’ont droit à aucune facilité, où la création d’une PME est conditionnée au monnayage, dans un pays l’accès à un emploi se fait par cooptation, deux alternatives s’offrent aux jeunes : la facilité et le suicide.

Le chemin de la facilité est l’une des trajectoires qu’emprunte la jeunesse à savoir, la criminalité, la prostitution et l’adhésion aux réseaux sataniques pour vite s’enrichir. De ce qui est du suicide, on a l’abandon totale d’une jeunesse à la nicotine, elle dépense ses maigres réserves dans les alcool et la drogue dans l’optique de noyer les soucis avec tous ce que cela implique comme marche vers la mort.

Alors que faire ?

Il n’y a pas de miracle à faire ni d’inventer un fil à couper le beurre. Le gouvernement avec l’aide des experts avait déjà dégagé plusieurs pistes de solutions seulement au Cameroun tout est discours, tout est théorie. Il faut juste mettre en pratique des propositions faites dans le document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE):

–          Promouvoir la création des PME en soutenant les jeunes et en levant les barrières institutionnelles aussi en assainissant le milieu des affaires ;

–          La mise en adéquation de la demande d’emploi ;

–          L’amélioration de l’efficacité du marché de l’emploi.

A ces solutions gouvernementales il faut :

–          Combattre la corruption et la longévité aux affaires ;

–          Réduire les matricules fictifs ainsi que le cumul des fonctions ;

–          Orienter les apprenants vers un enseignement professionnel technique au lieu de fabriquer des littéraires bureaucrates ;

–          Sortir de la gesticulation institutionnelle.

 

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Article : Université camerounaise: Entre notes sexuellement transmissibles et banditisme à col blanc
Les misérables
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9 février 2014

Université camerounaise: Entre notes sexuellement transmissibles et banditisme à col blanc

La semaine qui s’achève a été marquée par la tenue d’un colloque sur le harcèlement sexuel dans les milieux académiques et le scandale financier des dirigeants de l’université de Douala avec 17 sanctions disciplinaires dont 14 assorties d’un préjudice financier, pour un montant total de 2 851 913 653 FCFA. Quelle image ?

La rectitude morale a foutu le camp dans les universités supposées être des pôles d’excellence y compris dans les mœurs, curieusement elles sont devenues des laboratoires d’une ingénierie de prévarication aggravée et à ciel ouvert. Déjà en 2012 les plus hautes autorités de l’université de Yaoundé 2 dont le recteur et les doyens avaient été sanctionnées par le control supérieur de l’Etat et relevées de leurs fonctions. C’était une honte totale pour ces enseignants de rangs qui étaient contraints de faire profil bas devant leurs étudiants et surtout qu’à cette époque un collectif des étudiants avait manifesté au campus pour précipiter le départ de ces malfaiteurs économiques. Cette semaine l’université de Douala a offert un spectacle digne d’un repère de détourneurs de fond publics.

Le professeur Bekolo Ebé Bruno ancien recteur de l’université de Douala a été constitué débiteur de l’institution de la somme de 2 422 926 236 FCFA et a écopé d’une amende spéciale de 2 000 000 avec une interdiction de toute responsabilité de l’Etat pendant 5 ans. L’ex-vice recteur Professeur Ekodeck Georges Emmanuel a été constitué débiteur de 2 065 335 FCFA et une amende de 300 000 lui a été infligé. De même le directeur de l’Institut universitaire de technologie de l’université de Douala, Ayina Ohandja Louis Max a été constitué débiteur envers ladite entité de la somme de 91 898 480 et une amende de 2 000 000 lui a été infligée.

Le conseil supérieur de l’Etat a également reconnu :

–          Monsieur Mboudou Auguste, ex directeur des affaires administratives et financières, débiteur de l’institution de la somme de 24 949 405 FCFA

–          Madame Nsimi née Ebelle Nyame Monique, ex-directeur des infrastructures, débitrice envers l’université de Douala de la somme de 26 791 323 FCFA

–          Monsieur Ndongo Léon, ex-chef de la division du budget, débiteur de la somme de 120 346 615 FCFA

–          Monsieur Dedou Thomas, comptable matière de l’université de Douala, débiteur envers l’institution de la somme de 67 994 358 FCFA

–          Monsieur Pokem Jean Marie, intendant principal du restaurant universitaire, débiteur de la somme de 76 681 198 FCFA

En fait le listing est loin d’être exhaustif.

Voilà autant de Milliards volés en fumée lorsqu’on sait dans quelle promiscuité croule nos universités ou on manque de tout et où les étudiants éprouvent une peine à s’acquitter des 50 000 FCFA d’inscription de même que 100 FCFA pour avoir droit à un maigre plat de haricot chaque jour au campus.

Par ailleurs les enseignants et autres dirigeants ne s’arrêtent pas au simple vol des deniers publics, ils vont jusqu’au harcèlement sexuel dont jusqu’ici seules les filles étaient victimes, mais aujourd’hui les jeunes garçons sont poussés à la sodomie par leurs enseignants. D’où la réflexion engagée par les enseignants eux-mêmes pour stopper la saignée des notes sexuellement transmissibles.

Comment ça marche ?

Il s’agit tout simplement des étudiants qui refusent de céder aux avances de leurs enseignants qui, furieux, conditionnent leur validation des unités d’enseignement par un passage à l’acte forcé. L’attribution d’une moyenne est tributaire d’un rapport sexuel préalablement consommé par le correcteur qui n’est rien d’autre que l’enseignant. Il est donc dans ce cas difficile de résister aux avances du professeur car ton année académique en dépend, l’étudiant résistant peut se voir attribuer des notes catastrophiques ou simplement qui n’apparaissent jamais dans les listes au barbiard.

D’autres ne passent pas par mille chemins pour accomplir la sale besogne, ils les dragues en leur proposant d’avance de bonnes moyennes. Cette pratique de harcèlement est davantage prisée par les encadreurs de bas échelles par exemple les chargés de travaux dirigé plus en quête de notoriété libidinale que scientifique, ils résument leur supériorité académique par le nombre d’étudiants victimes de leur acharnement.

Les plus touchées sont les jeunes filles et les plus traumatisés sont les jeunes garçons parfois contraint pour des raisons de survie académique surtout chez les plus ambitieux et plus passionné d’une carrière académique ; de même que celles qui préparent les mémoires ou les thèses de doctorat. Les directeurs de recherche à défaut de proposer aux apprenants l’adhésion à une loge maçonnique ou rosicrucienne exigent que ces derniers deviennent leur boite à jouissance.

Ceci n’est pas sans conséquence, d’une part il y a des étudiants qui trouvent en cela une facilité pour accéder au niveau supérieur, ce qui pose le problème de la compétence effective des jeunes diplômés plus tard enseignants et autres qui n’ont aucune base épistémologique. De l’autre coté on a des carrières académiques purement détruites, des rêves brisés chez ceux qui au nom de la dignité finissent par opposer un non catégorique à ces bourreaux sexuels d’un autre genre. De même ceux qui cèdent par contrainte en plus du traumatisme, nourrissent tout au long de leur vie un ressentiment énorme pouvant conduire dans des cas à des fins plutôt tragiques, aussi bien du côté de la victime que celui du bourreau.

Mais il faut reconnaitre en outre que les enseignants de leurs cotés subissent eux aussi un harcèlement des étudiantes hantées par la facilité. En fait, la corruption physique et morale sont leurs armes, celles-ci offrent gracieusement leurs charmes à ces enseignants frileux de sang neuf.

Ainsi va l’université camerounaise qui veut conduire le pays vers l’émergence, une université devenue le refuge des harceleurs sexuels et des bandits économiques de grand chemin.

 

 

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Article : « Repenser et reconstruire l’opposition camerounaise »
Les misérables
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6 février 2014

« Repenser et reconstruire l’opposition camerounaise »

Repenser et reconstruire lddTelle était la thématique du colloque du 7, 8, 9 novembre 2012 dont les actes ont été resitués jeudi dernier dans un livre de 230 pages produit par les animateurs de la « Grande Palabre » et préfacé par l’éminent penseur africain Fabien Eboussi Boulaga. Il s’agit d’une ressource scientifique conçue par le Thing Tang de la société civile pour mieux équiper les partis politiques surtout ceux du groupe oppositionnel afin de tenter de rééquilibrer le rapport de force largement favorable au parti au pouvoir.

La vingtaine de chercheurs associée au montage intellectuel de cet ouvrage pratique se s’est penchée tour à tour sur une espèce d’évaluation du processus démocratique au Cameroun, de ce qui est de la compétition électorale et aussi sur des propositions pour une réinvention de l’opposition. En effet à cause d’un manque d’aggiornamento, l’opposition a fini par ressembler au parti au pouvoir par exemple dans la néopatrimonialisation des instances du parti et des maigres bénéfices politiques engrangés et également dans la reproduction des goulots d’étranglement en termes programmatique et mobilisationnel.

Il est à reconnaitre que l’ordre politique est déséquilibré au Cameroun comme tout ailleurs dans les pontificats présidentiels africains. Comme le pense le professeur Eric Mathias Owona Nguini : « certains acteurs sont réduits à une existence quasi animale, à une existence bestiale » tan disque les autres croulent dans un luxe superflu. Alors dans un tel système de distribution et de redistribution des richesses de l’Etat il est difficile qu’un jeu politique conventionnel ait lieu. Ainsi certains s’accordent à la nécessité d’une pause insurrectionnelle concluant qu’il ne peut y avoir alternance démocratique dans cet environnement. Bref socio-économiquement l’opposition est désarmée.

Dans la même veine on peut également remarquer que l’arbitrage politique est partial, les instances en charge des chalenges électoraux sont soit incompétentes, anémiées de pouvoir, soit elles sont de connivence avec le régime en place ou simplement les deux à la fois. Tout semble fait pour faire de l’opposition politique camerounaise une marionnette depuis sa sorti du maquis en 1990, elle est nominaliste, pire encore elle sombre dans un amateurisme criard.

Certes le paramétrage politique concoure à tuer toute velléité d’érection d’un parti alternatif mais il est indéniable que les formations de l’opposition sont comptables de leur propre contre-performance.

Toutes les tentatives de coalition menées jusqu’ici ont buté sur des leaders qui ne veulent pas se distendre de leurs appétits personnels, certains vont jusqu’à participer au partage léonin du National cake saccageant les derniers espoirs que le peuple a bâtit sur eux pour une possible alternance. Il faut une refondation de l’opposition ! C’est le but recherché par cet ouvrage qui n’a pas omis de faire quelques suggestions ou proposition à l’opposition politique camerounaise déjà sans offre politique pertinente.

–          Il faut par exemple que les forces alternatives au régime de Yaoundé établissent une véritable connexion avec la société civile.

–          Il faut qu’elles structurent une pensée politique adossée sur une armature intellectuelle et scientifique afin de serrer les liens avec la sagesse.

–          Il faut qu’elles sachent que ;  la politique est inspiration, rapport au spirituel; la politique est imagination, il faut ouvrir les frontières de son esprit, de son cerveau pour concevoir une vision politique concurrentielle; la politique est stimulation, il faut stimuler pour mobiliser ; la politique est mobilisation et organisation cela passe par la politisation des masses ; la politique a une éthique, elle est passion et motivation.

 

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03. févr.
2014
Les misérables
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RFI et nous

Quel est son impact sur le quotidien des récepteurs africains ? Quelle est l’idée que ceux-ci se font de ce vecteur de l’information internationale ? La réponse à ses deux interrogations nous plonge dans une sorte de sociologie du média.

En Afrique la radio est l’un des plus anciens médias modernes, car la télévision arrive par exemple au Cameroun à la fin de la décennie 80, le téléphone se vulgarise au début des années 2000 et l’internet s’implante effectivement après 2005. Jusqu’ici malgré les efforts de la presse écrite, la radio est demeurée la principale source d’information. Les postes récepteurs sont presque à la portée de tous, ils sont malléables et les fréquences de modulation radiophonique sont plus accessibles. Il s’est créée en Afrique une proximité voir un copinage entre la radio et l’Africain, qu’il soit accroché sur son palmier entrain de vigner ou simplement derrière son étalage de légumes il est toujours muni de son poste récepteur (poste ordinaire ou téléphone avec radio incorporé).

La vulgarisation des entreprises de communication sociales est tributaire de la libéralisation politique survenue au tout début des années 1990, la multiplication des chaînes radio va alors s’opérer dans ce contexte du vent de l’est qui soufflait sur les régimes autocratiques. Il faut donc comprendre que jusqu’au début de l’amorce de la décompression de l’autoritarisme, seul les médias d’Etat avaient droit de citer, exception faite du moins de la presse écrite. En effet avant 1990 des organes de presse tel que Le Messager de Pius Njawé qui entretenait un discours contradictoire existait déjà.

Pendant que les médias nationaux non gouvernementaux étaient muselés ou simplement interdits, ceux internationaux restaient alors la principale source d’information. Ce qui nous amène à nous pencher sur le cas de Radio France internationale pour répondre aux deux questions posées plus haut.

RFI, malgré l’irruption d’une pléthore de chaines étrangères, n’a  pas perdu son monopole au Cameroun, un rang qui s’inscrit dans l’histoire et continue à être occupé. Alors que les systèmes monolithiques s’activaient à imposer une censure forte aux journalistes, Radio France  Internationale est demeurée presque la seule à fournir une information fiable que la radio d’Etat cherchait à camoufler. Elle continue de détenir l’exclusivité sur certaines informations qui fâchent les gouvernements locaux. Aussi les élites politiques sont plus ouverts à RFI qu’aux médias africains, probablement parce que son auditoire va au-delà des pays et des continents ; c’est une radio mondiale.

Comme sus évoqué, il y a également cette facilité à capter RFI même dans les coins les plus reculés de nos pays où la radio nationale a démontré toutes ses limites. RFI est partout en Afrique. En plus de cette proximité, on peut relever le caractère international de ses informations qui nous mettent au cœur des événements du monde entier. L’africain vit en temps réel au rythme de l’information mondiale au point de parler de 7 milliard de voisins pour reprendre le titre d’une des émissions de RFI.

Il y a une espèce de capacité pour l’africain à faire valoir son opinion, sans risque pour le média d’être censuré, de même que les forums et débats connaissent des intervenants de divers horizons. C’est un espace qui stimule et fait émerger le talent à travers divers concours.

On peut également saluer le rôle de politisation et de médiatisation des problèmes africains par  RFI dans la mise sur agenda internationale des maux qui minent le continent. Sans toute fois être exhaustif dans notre énumération, nous prendrons le cas des crises politico militaires et la violation de libertés individuelles. Le cas malien et centrafricain aujourd’hui bénéficie  d’une grande implication de RFI qui y consacre des pages. Aucune crise africaine ne peut passer inaperçue à RFI de même que d’autres cas comme la pression exercée sur les hommes politiques, les journalistes et autres membres de la société civile. RFI peut être par conséquent qualifiée de voix des sans voix.

RFI produit des énoncés qui visent aussi à persuader son audience, on peut parler d’une fonction locutoire et perlocutoire. Cependant, au-delà de cet impact positif il y a cette appréhension de « mal nécessaire » de la chaîne par certains africains sceptiques très souvent panafricanistes. Il y a une sorte de méfiance vis-à-vis de la radio française.

La perception de RFI par l’africain est liée à l’idée qu’il se fait généralement de la France. Il y a ce soupçon de néocolinisation qui plane, certains parlent d’instrument de la francafrique et de cette francophonie paternaliste. En fait tout se joue sur la nature de l’information, ce qui veut dire que cette perception n’est pas figée mais dépend de la satisfaction ou non du traitement de l’information. L’appréhension est conjoncturel d’où la difficile identification des sceptiques puisque les critiques d’hier peuvent être les laudateurs d’aujourd’hui, mais toujours est-il, on accuse RFI de partialité dans le traitement des informations. On a l’impression que les prises de positions dans certaines situations se font en fonction des choix du gouvernement français et qui par conséquent manqueraient très souvent d’objectivité. Dans cette optique la question de l’homosexualité dans les pays qui la pénalise encore est vue comme une atteinte grave à la liberté de l’individu et remet en question le niveau de démocratie dans ces Etats peut être parce qu’elle a déjà été légalisée en France et dans bon nombre de pays européens.

RFI apparaît aussi comme un moteur de déstabilisation des régimes qui ne font plus l’affaire de Paris. A tord ou à raison les gouvernants africains voient en chaque révélation de RFI un complot visant à mettre en mal le pays. On ne peut pas compter le nombre de fois où les porte paroles des gouvernements locaux sont sorti de leur réserve pour fustiger ou démentir d’une façon très musclée les informations  de RFI. L’élite politique africaine dans sa grande majorité est la plus sceptique du fait que RFI peut faire ou défaire son image. Dans tous les cas, nul ne peut douter de la force politico-médiatique de cette radio.

Un autre effet de RFI perçue comme pervers par les auditeurs africains est cette violence symbolique qui va au-delà d’une francophonie pour aboutir à ce qui peut être qualifié de Francocentrisme. RFI impose la présence de la France dans le quotidien des africains créant l’idée que le pays de de Gaulle est la plaque tournante de l’humanité. Par exemple le président français apparaît aux yeux de certains comme le plus puissant après celui des Etats-Unis, de même que le championnat français parait être le plus animé d’Europe et les matchs des bleus seraient les plus grands derbys de la planète. Ces quelques exemples prouvent que RFI a un impact considérable sur le continent.

In fine, il faut dire, que l’on soit francophiles ce qui implique en Afrique l’amour pour RFI, ou sceptiques, objectivement il est difficile de mépriser le travail d’information et de politisation que cette radio abat en faisant sortir l’Afrique des oubliettes. Bref RFI est toujours au chevet de l’Afrique.

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Article : Que nous manque-t-il au Cameroun? une bureaucratie normale!
Les misérables
1
29 janvier 2014

Que nous manque-t-il au Cameroun? une bureaucratie normale!

La question ci-dessus a été posée par le président camerounais lors du discours de fin d’année, manifestant son étonnement devant le bilan décevant de 31 ans de règne alors que le pays regorge d’un potentiel naturel important en termes de ressources et de stabilité politique. Le problème est donc ailleurs, dans la gouvernance, c’est-à-dire dans l’administration qui hypothèque toute chance d’émergence. Voici les tares de la bureaucratie camerounaise !

Il n’est pas question pour nous de faire le procès politique de la bande à Biya, mais de s’intéresser à l’administration en général au sens le plus simple du terme. Les défaillances se répertorient tant au niveau du système que celui des agents eux-mêmes, ce qui signifie que les responsabilités sont partagées.

Un système éducatif affecté par la « diplômie »…

La course aux diplômes est l’un des éléments fondamentaux de la décrépitude de la bureaucratie camerounaise. Cette diplômie est fondée sur l’illusion selon laquelle le diplôme, qui n’est qu’un simple papier, était synonyme de compétence. C’est dans ce sens que l’entrée dans la fonction publique est conditionnée par la simple présentation d’un papier émasculant ainsi la compétence. Le système éducatif est monté de telle sorte que les apprenants ne recherchent pas la connaissance, mais plutôt le diplôme. Les enseignants peuvent donc se limiter sur les introductions générales pourvu qu’en fin d’année un taux de réussite soit spectaculaire. Ceci est si vrai qu’on a institué au Cameroun la médiocre formule de « Promotion collective » où on délibère les examens officiels à 6, 5/20. Que peut-on attendre de ces futurs fonctionnaires mal formés ? La diplômie a également fait prospérer une industrie souterraine de faux diplômes, appelés « diplômes de Bonas », Bonas renvoyant à la zone universitaire de Yaoundé 1 où les attestations et diplômes contrefaits sont délivrés à moins d’une heure. La diplômie promeut la tricherie et la compétence douteuse ou approximative.

Un mode de recrutement buissonnier…

Les éléments mal formés ou détenteurs des « diplômes de Bonas » ont généralement droit à un accès frauduleux à la fonction publique. Trois voies d’accès sont « en vigueur » au Cameroun. D’abord la mobilisation d’un capital relationnel, conséquence de l’Etat néopatrimonialiste pour ne pas parler de la « parentocratie ». Le concours administratif n’a qu’une fonction de légitimation du recrutement de l’agent puisque le parrain ou le parent par son influence et son accès aux circuits d’établissement des listes finales va s’occuper de votre réussite au dit concours, d’où la tribalisation de l’administration. Le deuxième chemin est la mobilisation du pouvoir financier, ici le réseaucrate capable de court-circuiter les listes des admis ou recrutés est sollicité pour recevoir en contrepartie des millions de francs CFA. Il y a tout un marché noir qui prospère dans l’accès à la fonction publique. La troisième voie est celle des industries mystico-exotériques avec tout ce que cela peut exiger comme sodomie de jeunes garçons, en fait il s’agit de faire allégeance au diable. Sans nier le fait qu’il existe quelques miraculés qui sont objectivement recrutés, il faut reconnaître que la méritocratie est loin d’être le principal critère de recrutement. Bref au Cameroun on a écarté la norme et normalisé l’écart.

Une inertie généralisée : un « je-m’en-foutisme aggravé »…

Les fonctionnaires recrutés par des réseaux parallèles sur la base des attestations de « Bonas » ne se trouvent dans aucune obligation quelconque de satisfaire l’Etat. D’ailleurs, ils n’en sont pas capables puisqu’ils ne sont pas très souvent compétents et ils n’ont aucun sens de l’effort. A l’université de Yaoundé 2 par exemple, l’administration ouvre vers 10 heures, à midi on prend une heure de pause et on ferme à 15 heures. Soit à peine 5 heures de travail par jour : conséquence : le service public tourne au ralenti. Les lenteurs administratives renvoient les résultats aux calendes bantou, d’où le retard du Cameroun en matière de développement.

Un antipatriotisme ambiant…

Ce n’est un secret pour personne que certains commis de l’Etat détiennent une double nationalité, et sont donc plus enclins à penser à l’étranger où leurs enfants résident, grâce à un argent honnêtement ou malhonnêtement gagné. De plus  lorsqu’ils sont malades, ils  sont dirigés vers les hôpitaux étrangers pendant que les nôtres sombrent dans la décrépitude. L’intérêt national est supplanté par des égoïsmes individuels ou sectaires.

Une corruption spectaculaire : une administration très gombiste…

Au Cameroun, la réseaucratie gouverne. Le service public est sorti des canaux et canons conventionnels pour s’adapter à une mafia montée depuis le haut, nourrie par une conjoncture économique de vache maigre. Il faut des contreparties pour avoir accès à un service qui est supposé être gratuit afin de permettre au fonctionnaire d’arrondir de façon exorbitée ses fins du mois. Ces échanges sont soit symboliques ou matériels. Pour ce qui est des contreparties matérielles, elles peuvent être en espèce ou en nature à l’exemple du sexe ou l’âme de l’usager. Tout se négocie en termes de gombos c’est-à-dire de pourboire ou de pots-de-vin. La population en majorité pauvre ne pourra dans ces conditions bénéficier aisément du service public, puisqu’elle ne dispose pas d’un fort pouvoir d’achat. Même la signature des documents requiert une rançon souterraine à verser au fonctionnaire.

Une prévarication qui croît exponentiellement…

Un tome ne suffirait pas pour lister le nombre de voleurs de la République derrière les barreaux. Après le football, le Cameroun est reconnu mondialement comme un Etat qui abrite des bandits à col blanc d’une notoriété avérée. Si les feymen (escrocs) n’ont pas toujours dit leur dernier mot, les fonctionnaires camerounais leur ont déjà arraché la palme d’or en termes de crimes économiques et financiers. Chaque année, l’Etat perd un nombre important de milliards à cause du vol organisé par les agents publics, avec un impact considérable sur le niveau d’exécution des travaux publics qui sont soit de mauvaise qualité soit non réalisés. Les Camerounais sont de plus en plus appauvris par leur bureaucratie. Tout un gouvernement est actuellement en prison dans le cadre de l’opération éperviers (chasse aux prévaricateurs).

  Une administration personnifiée : une hantise totémique du chef de l’Etat…

Le fait que la personne du chef de l’Etat hante toute une administration constitue un handicap à la bonne marche de la fonction publique. On pourrait peut-être justifier ce phénomène par le fait que le portrait du président, exposé dans tous les bureaux, provoque des effets paranormaux. Presque tous les fonctionnaires agissent sous le contrôle ou au nom du chef de l’Etat même quand ce dernier ne leur a imposé aucune instruction et leur a même donné tous les pouvoirs comme c’est le cas avec les feuilles de route ministérielles. Ceci étouffe l’esprit d’innovation et d’initiative, car il faut penser toujours sous le contrôle du chef de l’Etat. On a donc l’impression que ce dernier est un puissant totem qui absorbe les agents de l’administration. La bureaucratie est sclérosée, statique sans dynamisme parce tout le monde se réfère à un même individu même quand il s’agit d’une victoire d’un combat de boxe. L’image de Biya dépouille les fonctionnaires de leur rationalité, ils sont hantés et aliénés, par conséquent l’administration piétine dans la routine en attendant d’être exorcisée un jour !

Des administrateurs détenteurs de titres fonciers de certains postes administratifs…

La longévité est la chose la mieux partagée dans l’administration camerounaise, les fonctionnaires à certains postes bénéficient d’une espèce de mandat illimité donnant l’impression qu’ils sont dépositaires d’un titre foncier dudit poste, ils en font une propriété privée. Les différents gouvernements du régime Biya tournent presque, autour des mêmes têtes. Depuis ma naissance, je n’ai pas connu un président du conseil économique et social autre que le fossile Ayang Luc. Cette longévité est congénitale au concept de pouvoir perpétuel théorisé par le politologue Eric Mathias Owona Nguini. La mobilité sociale est difficile dans une telle administration surtout que depuis plus de trente ans, comme l’a reconnu le président dans le discours à la nation, aucun résultat escompté n’a été obtenu. Ces éternitaires ne peuvent qu’amplifier des réseaux mafieux et pérenniser le néopatrimonialisme.

 Une tolérance administrative non justifiée…

Comme nous parlions plus haut du concept médiocre de la « promotion collective » dans le système éducatif camerounais, il faut également évoquer celui de la « tolérance administrative » consistant à fermer les yeux sur les délits administratifs. Il s’agit d’une lourdeur manifeste dans la prise de sanctions à l’endroit des égarés de l’administration instituant ainsi un « laisser- aller » indescriptible. De même, les citoyens peuvent se permettre de violer les lois sans risque d’être inquiété par l’administration. Ceci relève des voies de contournement de l’Etat dans sa mauvaise foi de répondre aux exigences des Camerounais, pourtant il est primordial de les résoudre sans coup férir.

Un cadre institutionnel favorable à la paralysie du service public…

Tous les maux sus énumérés sont chapeautés par un cadre institutionnel qui freine l’essor du service public. Il crée un flou institutionnel à l’origine des doublons et par conséquent des conflits de compétences. Par exemple, les experts s’accordent à dire qu’il y a deux gouvernements au Cameroun, à savoir le secrétariat d’Etat à la présidence et la primature. Les mécanismes d’un « check and balance » sont inopérants, le suivi des travaux publics est inefficace, les organes de lutte contres la prévarication sont sans pouvoir judiciaire ni répressif et se limitent à la dénonciation. La hiérarchie dans les offices publics n’est ni cohérente ni respectée tout simplement parce que le pouvoir est ailleurs, dans des circuits informels qui sont régis par une hiérarchie tapie dans l’ombre qui fait et défait les princes de l’administration.

Voilà en gros les 10 maux de l’administration camerounaise : les corriger apportera probablement une réponse à cette interrogation du chef de l’Etat.

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Article : Échec de la libre circulation en zone CEMAC: Pourquoi s’en prendre à Obiang?
Les misérables
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27 janvier 2014

Échec de la libre circulation en zone CEMAC: Pourquoi s’en prendre à Obiang?

Le syndicat des chefs d’Etat et chefs de coups d’Etat de l’Afrique centrale connu sous le nom de la CEMAC dans son intention de rendre la circulation des personnes et des biens libres dans cet espace communautaire a buté sur l’hostilité d’Obiang Nguéma. Au-delà d’un orgueil égoïstement princier de la guinée équatoriale, il faut lire une real-politique salutaire du tombeur de Maquias Ngéma qui a dépassé la cosmétique institutionnelle pour poser des préoccupations de fond.

Dans son refus du 8 novembre 2013 lors d’un conseil des ministres à Malabo, le gouvernement de guinée équatoriale se justifiait sur son site officiel : « La guinée équatoriale a décidé de la non application de cet accord, en raison de l’existence de plusieurs exigences et conditions par étapes que les Etats doivent accomplir et assumer préalablement jusqu’à atteindre la libre circulation prétendue ». L’accord évoqué dans ce communiqué est sans doute les conclusions du sommet extraordinaire de Libreville du 14 juin 2013 qui fixaient l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes et des biens à partir du 1er janvier 2014.

En lisant et en analysant objectivement les raisons qui ont poussé Obiang à récalcitrer à ce projet on peut comprendre son refus. Si on s’arrête sur les préalables opérationnels, il est à constater que rien n’a été fait et que les gouvernements de la CEMAC voulaient une fois de plus s’investir dans le bricole pour justifier les pertes de temps budgétivores que constituent la pléiade des sommets qui n’apporte aucune plus value sur le quotidien du citoyen Cémacien. Il s’agissait d’un bon en avant sans base que la CEMAC voulait réaliser à travers cette libre circulation.

Il avait été convenu que la réalisation d’un minimum d’exigences devait servir de cadre à la mise en vigueur de la libre circulation. Nous pouvons évoquer par exemple les préalables sécuritaires à savoir : la fiabilisation des documents, l’échange de fichiers des personnes recherchées donc la signature d’une  convention avec interpole. Jusqu’à la date du 1er janvier 2014 aucun de ces fondamentaux n’était satisfait. La libre circulation allait se matérialiser par le simple décret du syndicat des chefs d’Etats de l’Afrique centrale. Le passeport certes à l’air biométrisé mais quels sont les mécanismes en charge d’authentifier les donnés biologiques des détenteurs pour contrôler les flux humains ?

Et pourtant Obiang veut pour le moment mettre son archipel princier à l’abris de l’insécurité qui secoue les pays de la CEMAC c’est-à-dire, le début d’un génocide centrafricain, les citoyens tchadiens en majorité guerriers et le Cameroun avec ces escrocs, feymen, prévaricateurs, prostituées et bandits de grand chemin. Face à ces menaces, il est donc compréhensible que la guinée équatoriale soit réticente et qu’elle exige la mise en œuvre des mesures sécuritaires ; c’est le minimum pour un Etat soucieux de la protection de sa population et jaloux de sa souveraineté. Si Obiang est en position économique confortable il est évident du point de vue réaliste qu’il impose une politique étrangère pragmatique ; pourquoi l’en vouloir ?

Le réalisme d’Obiang Ngéma est aussi d’autant louable que lorsqu’on migre des raisons officielles pour surfer sur des motivations stratégiques latentes on s’aperçoit que la guinée a le droit de reculer et de réfléchir par deux fois.

D’abord la menace des émigrés clandestins venant en majorité du Cameroun qui fuient la misérocratie institué dans leurs pays, il y a donc un risque dans le long terme de l’envahissement de ce petit pays lorsqu’on sait par exemple que la population de Yaoundé dépasse de loin celle de toute la guinée. On me demanderait pourquoi le Nigéria n’a pas jusqu’ici envahi le Cameroun avec sa population 12 fois au dessus de ce pays ? Je répondrai simplement que le Cameroun est de loin un Eldorado face au niveau de développement du Nigéria.

Il faut également rappeler que la trajectoire politique tracée par le président Guinéen depuis l’acharnement du scandale des biens mal acquis consiste à affirmer son leadership panafricaniste fut-il tardif qui lui impose désormais une certaine posture dans les relations internationales. Le refus de la guinée apparait comme le message d’une affirmation d’un leadership en gestation en Afrique en générale et dans la zone CEMAC en particulier. En effet le réaliste Obiang, pense que ceux qui font la queue ou la manche doivent se soumettre même si rien n’est figé en ce qui concerne les rapports de force entre les Etats.

Si les cinq autres myopes stratégiques s’éternisent à fustiger Obiang au lieu de s’imposer une plus value, alors qu’ils laissent la réal politique s’exprimé jusqu’à ce que Obiang comprenne que son apogée doit connaitre un jour un déclin.

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Article : L’épineux problème d’adduction d’eau à Yaoundé: à quand le bout du tunnel ?
Les misérables
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23 janvier 2014

L’épineux problème d’adduction d’eau à Yaoundé: à quand le bout du tunnel ?

EAU Combien de fois des annonces et rituels ronflants ont été organisés pour signer la fin de la soif des populations ? Aujourd’hui a lieu à Yaoundé l’inauguration du barrage de la Mefou qui doit désormais apporter plus de 50000 mètres Cube dans les ménages de la capitale politique. Wait and see ! Pour le moment penchons nous sur la problématique de l’approvisionnement des camerounais en eau potable dans un pays où chaque département porte le nom du cours d’eau qui l’arrose.

L’approvisionnement en eau potable demeure un casse-tête chinois au Cameroun. En effet, les populations des grandes villes en générale et celle de Yaoundé en particulier vivent un véritable calvaire pour s’approvisionner en eau courante dont la pénurie est devenue légendaire, pourtant ces villes abritent la majorité de la population et sont dans leur quasi totalités équipées en systèmes d’alimentation en eau potable. Ce qui situe ici le taux de couverture à environ 86,2%, mais la réalité de la situation de l’approvisionnement en eau potable en milieu urbain est traduite par le taux d’accès direct des ménages à l’eau potable qui est de l’ordre de 29% pour un nombre d’abonnés estimé actuellement à 226 638, donc très bas.

L’adduction d’eau regroupe les techniques permettant d’amener l’eau depuis sa source à travers un réseau de conduites ou d’ouvrages architecturaux (aqueduc) vers les lieux de consommation. Le terme d’adduction vient étymologiquement du latin : ad ducere (mener ou conduire vers, amener…). Seulement, depuis quelques années déjà, les structures en charge de conduire l’eau vers les consommateurs y parviennent avec beaucoup de peine. La ruée vers l’or bleu constitue désormais une gymnastique qui entre dans le quotidien des yaoundéens.

Dès les premières heures de la journée, il faut visiter tout les points d’eau possible, question de maximiser ses chances de trouver le précieux sésame. En réalité les habitant de la cité capitale ont presque perdu le sommeil ou alors dorment en gardant une oreille attentive sur leur robinet, guettant impatiemment le retour du précieux liquide. C’est ainsi que dans tous les points de ravitaillement, de longues files de bidons, bassines, cuvettes et autres bouteilles attendent sagement, parfois en l’absence des propriétaires qui les laissent là en attendant le signal. Le fait est que dans certains quartier l’eau n’est disponible que nuitamment, dans d’autres par contre il faudra attendre plusieurs jours voir des semaines. Comme l’on peut l’imaginer, c’est une situation plutôt insupportable, désagréable et même invivable, si tant il est vrai que l’eau c’est la vie, comment comprendre que dans un pays comme le Cameroun qui est doté d’un fort potentiel hydrologique capable de répondre aux besoins en eau de ses habitants sans trop de difficultés.

Cependant, l’on se souvient qu’à l’époque de la défunte société des eaux du Cameroun ( SNEC ), les coupures étaient presque inexistantes, et quand bien même çà arrivait, celles-ci ne s’éternisaient pas. L’on est tenté de se demander que s’est-il passé entre temps, pourquoi la structure actuelle en charge de la distribution de l’eau peine telle à remplir ce rôle avec succès ? D’aucun pourrait apporter diverses explications à cette situation, entre autre la démographie croissante dans nos grandes villes principalement sous l’action de l’exode rural, pourtant la situation n’est pas meilleur en zone rurale où l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement de base reste limité.

Conséquence, le risque de maladies dues à la qualité de l’eau augmente tout comme les maladies de la peau, pour ces populations désormais vulnérables. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont pris des mesures visant à résoudre le problème, mais qui s’avèrent peu efficaces. C’est dans cette logique que le gouvernement retient notamment dans la lettre hydraulique urbaine d’avril 2007 le partenariat public-privé qui se décline par la création d’une société de patrimoine, la Cameroun water utilities corporation (CAMWATER), à capitaux publics, chargée entre autres de la construction, de la maintenance et de la gestion des infrastructures de captage, de production, de transport et de stockage de l’eau potable, puis le recrutement par appel à la concurrence d’une société fermière privée, la Camerounaise Des Eaux (CDE) chargée entre autres de la production, de la distribution, de l’entretien des infrastructures et la commercialisation de l’eau potable.

De même l’on note également la signature par le ministre camerounais de l’économie avec les autorités chinoises d’un accord cadre de prêt portant sur un peu plus d’un milliard de yuans, soit environs 84,7 milliards de francs Cfa destiner au financement des projets d’adduction d’eau potable dans 9 villes du Cameroun. Par ailleurs, la camwater reconnait que 65% de la population n’a pas encore accès à l’eau potable. Raison pour laquelle le gouvernement s’est engagé dans un vaste programme de construction de stations de pompage, telle que celles ‘Ayatto à Douala ou encore celle de la Mefou pour Yaoundé sur laquelle camwater compte pour résorber les problèmes d’eaux dans la capitale politique du Cameroun. A ce titre, 50 000 mètres cubes devraient arriver à Yaoundé dont 25 000 dans les prochains jours et les 25000 autres un peu plus tard.

Hormis les 50 000 mètres cube de la Mefou, la société fait mention de la station d’Akomnyada vers la localité de Mbalmayo qui produit déjà 100 000 mètres cube d’eau et qui va être renforcée. Ces projets, selon les autorités en charge de la question, une fois exécutés permettront la réduction des problèmes d’eau que connait la ville de ngola. Des affirmations qui au regard de l’évolution de la problématique d’approvisionnement en eau dans les villes du pays semble d’avantage proche du slogan.

La statistique d’un besoin de 300 000 mètres cubes attribuée à la ville de Yaoundé et sur laquelle repose l’ensemble des projets d’adduction d’eau ne semble pas correspondre à la réalité actuelle et surtout futur. Ce chiffre est utilisé par l’administration depuis 2009 et des experts estiment que la situation a du évoluer depuis lors. D’un autre côté, la ville de Yaoundé soutenue par des Bailleurs de fonds mais aussi plusieurs investissements privés est en train de connaitre un gros processus d’urbanisation pour laquelle l’adduction en eau potable est une nécessité. La situation est telle que les populations ont été poussée à la résignation. Dans de nombreux quartier de la ville, l’eau n’est plus arrivée dans les ménages depuis de très longues années.

En 2006, le gouvernement camerounais finalisait l’opération lancée depuis 1997 de privatisation de l’ancienne société nationale des Eaux du Cameroun. Une opération qui était censée apporter plus d’efficience et d’efficacité dans le domaine de l’approvisionnement. Sept ans après, le bilan de cette privatisation est très mitigé, mais sur le terrain les populations ne savent plus à quel saint se voué. Des études menées par la FAO démontre que le Cameroun possède un des premiers réservoirs d’eau souterraine et d’eau de surface en Afrique, et pourtant à ce jour, à peine 10% de la population a accès à une eau véritablement potable. Par conséquent, loin de vouloir faire un procès à l’Etat, il serait quand même judicieux de reconnaître qu’il est plus aisé de prévenir que de guérir comme qui dirait qu’on ne résout pas les conséquences.

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18. janv.
2014
Les misérables
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La problématique de la majorité anti-démocratique en Afrique

Dans les Etats africains s’est développée une majorité électorale plus qu’écrasante qualifiée par certains acteurs de la scène politique de majorité obèse. Il s’agit d’une hyper captation par le parti au pouvoir de tous les postes électifs débouchant à une résurgence des réflexes monopartistes. Alors sans toute fois interroger la provenance d’une telle majorité gargantuesque il faut dire tout simplement qu’elle constitue une obstruction au processus de démocratisation.

Bon nombre de régimes connaissent un accaparement des dividendes politiques par une seule formation politique qui contrôle, les 90% des conseils municipaux de même que le parlement et le gouvernement. Les partis alternatifs sont réduits dans ce cas à un rôle non pas simplement de spectateurs mais celui de légitimation des compétitions électorales comme exigence de la démocratie représentative. Cette opposition sert de caution démocratique auprès de la communauté internationale pour justifier la libération et la libéralisation des élections dans les pays post autoritaires. Les partis au trône à défaut de créer des forces alternatives pour jouer, ils les entretiennent et les soutiennent de telle sorte qu’ils ne puissent pas opter pour une opération « pied mort » (non participation ou chaise vide) au risque de décrédibiliser le mot démocratie exhibé dans le patronyme même de l’Etat comme c’est le cas de la célèbre République DEMOCRATIQUE du Congo.

Malgré l’existence des formations politiques dites de l’opposition il faut reconnaitre que ces dernières ne sont pas à même d’inverser ou d’influencer considérablement le rapport de force. Si on prend par exemple le cas camerounais où le parti au pouvoir contrôle plus de 148 sièges contre 32 pour les autres partis, on peut déjà prématurément conclure qu’il n’y aura pas débat dans ce type de configuration, étant donné que la discipline du parti reste une arme de contrôle et d’encapsulation des élus. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre une quelconque résistance à la volonté du président de la république chef du parti d’où le nom de chambre d’acclamation collé au parlement camerounais.

L’une des entraves de la majorité gargantuesque au processus démocratique est le retour à la politique unanimitaire donc de la pensée unique produite par le seul parti au pouvoir qui s’identifie non pas à un parti Etat mais un parti d’Etat, c’est-à-dire un instrument politique de la bureaucratie néopatrimonialiste. Les slogans et autres langages du parti sont structurellement intériorisés par toute l’administration de manière à créer une confusion quand à la frontière qui pourrait exister entre le label partisan et l’appareil bureaucratique qui exige une abstraction des filiations idéologiques. En général les agents de l’Etat dans ce cas doivent préalablement émarger en tant que militant avant leur accession ou leur maintien à la fonction publique. En fait, les partis aux majorités débordantes immergent la sphère publique et finissent par prendre toute l’administration en otage.

Ceci pose évidemment le problème de la neutralité de l’administration et ces organes annexes en charge du scrutin puisque presque tous les agents se trouvent redevables envers le parti hyper majoritaire, mettant en difficulté l’indépendance que requièrent l’arbitrage et l’organisation d’une compétition électorale. Tout est acquis en avance pour le parti au pouvoir parce que l’ensemble du personnel administratif a d’une manière ou d’une autre des affinités avec ce Léviathan politique qui absorbe tout le peuple. Le choix des hommes impartiaux s’avère difficile dans un tel contexte parce qu’on a l’impression que tout le monde appartient a un même et seul parti hyper dominant. On peut relever la difficulté des castings politiques afin de nommer des hommes au dessus de tout soupçon n’ayant un quelconque rapport conniventiel avec le parti d’Etat.

Comme nous l’avons évoqué brièvement plus haut on assiste ipso facto à une opposition fantôme ou simplement sans opposants. Ceci peut s’expliquer par deux arguments. D’abord l’esprit de résignation dû à l’impression d’une compétition non concurrentielle car l’adversaire largement au dessus ne donne aucun espoirs d’exploit politique aux forces alternatives. Ainsi se développe l’idée du « déjà gagné d’avance». De l’autre coté les partis d’oppositions apparaissent comme des fabrications de leur challenger au pouvoir qui se réjouit de la réduction de leur rôle en animateur du jeu électoral afin de le crédibiliser. L’opposition devient mendiante et pactise sous terrainement avec le parti à la majorité grossière. En effet face à la politique à somme nulle pratiquée par les majorités gargantuesques et pour prendre part au partage du « National Cake », l’opposition est amenée à courtiser le parti au pouvoir parce qu’elle estime qu’elle ne peut rien changer face à une telle majorité.

La majorité hyper écrasante que ses adeptes appellent affectueusement majorité confortable est le premier obstacle au processus démocratique en Afrique. Cette domination est congénitalement dérangeante non seulement du fait qu’elle est acquise par infraction mais parce qu’elle hypothèque tout débat national inclusif et constructif en condamnant les forces à la résignation d’où les taux d’abstentions élevés et de non inscription sur les listes électorales très considérables.

Revenant sur la résignation, il faut insister sur la désillusion des forces alternatives c’est-à-dire le recul du champ de possibilité d’une alternance démocratique.  Ceci dilue le charme de l’intensité des duels électoraux comme on le voit aux Etats unis et en France. En fait il n’y a pas match. Bref la majorité gargantuesque dissipe toute chance d’alternance dans un Etat en le vernissant d’une couche voire d’une bonne dose d’autoritarisme. La démocratie ne peut s’implanter dans un tel bourbier politique où la répartition déséquilibrée du pouvoir politique ne peut que concourir à la pérennisation de la majorité grossière. Le rapport de force décourage toute entreprise de changement politique et le parti majoritairement obèse devient par conséquent éternitaire.

Il y a également un impact sur le travail politique au parlement et au sein des conseils municipaux pluripartistes. Les élus du parti majoritairement gargantuesque ne sont confrontés à aucune résistance, la volonté du parti est toujours triomphante parque que les représentants de l’opposition auront à chaque fois tord parce qu’ils sont minoritaires. Il ne peut pas avoir un réel débat dans de telles conditions puisque toutes les lois bénéficieront sur la simple base de la discipline du parti de l’acclamation et de la validation expéditif des 90% des mandataires du peuple tous pensionnaires du parti au pouvoir. L’activité parlementaire est compromise quant au contrôle de l’action gouvernementale, les deux institutions sont gérées sans concurrence par une même chapelle politique qui impose aux personnels, solidarité et allégeance inconditionnel au chef du parti, généralement chef de l’Etat qui définit l’action gouvernementale.

La constitution du bureau et les commissions des assemblées électives pour des besoins de cosmétique politique amène la majorité éléphantesque  à procéder au bricolage et autres formes de tractations afin de bigarrer ces instances. On peut prendre l’exemple de la renaissance du parti nationaliste camerounais (UPC) qui avait été ressuscité par le parti au pouvoir, et le cas des sénatoriales 2013 où le RDPC c’est retirer délibérément de la course dans deux régions afin de permettre au moins à un parti d’opposition de glaner 14 sièges sur les 70.

On tend alors vers des régimes monopartisans autoritaires et non communistes car dans le cas du parti unique en chine on assiste au moins aux débats objectifs et houleux, plus démocratiques à l’intérieur du parti. Ces monopartismes autoritaires sont également loin du système de catch all parti de l’Afrique du sud tout simplement parce qu’ici les opinions divergentes sont permises au sein de l’ANC permettant l’érection des idées alternatives.

 

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Article : Cameroun 2013: Prises d’otages, attaques de la Séléka, crimes rituels et 9 disparus de Mouanko
Les misérables
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12 janvier 2014

Cameroun 2013: Prises d’otages, attaques de la Séléka, crimes rituels et 9 disparus de Mouanko

Les camerounais garderons en mémoire cette année 2013 dominée par les affres de la criminalité d’origines diverses et d’acteurs multiples. Des efforts ont été consentis mais sans résultat rassurant. En effet les frontières ont subit plusieurs assauts venant des entités politiques voisines et l’intérieur du pays a connu un nombre important de crimes organisés.

Le littoral camerounaises n’ont pas échappé aux incursions récurrentes des pirates en haute mer plus précisément dans la presqu’île de Bakassi. Cette zone qui est fortement militarisée par les éléments du BIR Delta a été régulièrement victime des assauts des bandes armées étrangères à la quête des richesses minières et halieutiques que regorgent cette terre camerounaise récemment acquise à l’issue du litige frontalier entre le Cameroun et le Nigéria. On a enregistré des vols en haute mer et des prises d’otages faisant ainsi planer la peur au sein de la population. Cette insécurité ne constitue nullement une nouveauté puisque les pays du golf de guinée ont toujours pris la mesure de la piraterie maritime avec par exemple ce sommet de Yaoundé sur la sureté et la sécurité dans le golf de guinée du 24 au 25 juin 2013. Cependant d’autres attaques ont vu le jour.

Nous commencerons par le phénomène des coupeurs de route qui en 2013 a cédé plus de place aux prises d’otages dans le Grand Nord. Si jusqu’ici seuls les nationaux étaient sporadiquement victimes de ces actes terroristes il faut affirmer que l’entrée en scène des filières extrémistes et criminelles comme Boko Haram ont donné une autre ampleur aux enlèvements dans le Nord Cameroun. Les étrangers sont désormais des principales cibles, ce qui a mis le Cameroun dans la liste des pays non plus exposés mais victimes du terrorisme transnational. Ceci remet ainsi au gout du jour la porosité des frontières du pays.

Les enlèvements de la famille Fournier et du prêtre Georges Vandenbeusch ont été les coups d’éclat les plus importants de la secte Boko Haram sur le territoire camerounais mettant en péril la viabilité de la « Destination Cameroun ». Heureusement, il faut le reconnaitre, que la diplomatie et l’implication personnelle du président Biya dans la libération de ces différents otages français  ont été très déterminantes. Le Cameroun en 2013 a été consacré terre à haut risque terroriste, si le premier enlèvement a semblé être un accident anodin, celui du prêtre français est venu enrayer tout hasard sur la transformation progressive du pays en cible potentiel des groupes extrémistes.

A coté des assauts terroristes, le Cameroun a subi les conséquences de la crise centrafricaine car au-delà du flux croissant des refugiés, le pays s’est exposé aux incursions des bandes rebelles de la Séléka. Le bilan a été lourd en termes de pillage et de pertes en vies humaines dans la région de l’Est. A titre illustratif,  le 16 novembre  environs 1000 soldats de la rébellion centrafricaine ont envahit les villages de  Gbitti et de Toktoyo dans la Kadey sous le prétexte de libérer un de leurs chefs, Addoulaye Miskine en détention au Cameroun. Les combats furent 5 morts chez les assaillants et 2 dans les rangs des forces camerounaises. Il y a eu également entre autres, l’assassinat du chef de police de Kentzou de même que l’enlèvement le 25 novembre de trois enfants dans le village Béké-Chanti après que leur père ait été exécuté par les hommes de Djotodia.

L’Est Cameroun s’est retrouvé dans une insécurité notoire qui fait paniquer le pouvoirs qui craint une éventuelle instabilité politique à partir de cette partie et surtout que la zone partage les mêmes caractéristiques que l’Est de la République démocratique du Congo qui avait servit de base arrière à toutes les filières criminelles qui ont jeté ce pays dans l’impasse humanitaire. La région de l’Est est la plus riche en ressources naturelles du Cameroun et est frontalière à un Etat effondré comme ce fut le cas du Rwanda.

Alors que les frontières camerounaises n’ont pas pu résister aux opérateurs du crime, l’intérieur du pays a été le théâtre d’une criminalité à haut volte. Nous prendrons d’abord le cas des crimes rituels de Mimboman. Dans ce quartier situé en plein cœur de la capitale s’est développée une filiale de trafic d’organes génitaux humains par des adeptes des rites ésotériques. Des jeunes filles et des enfants étaient les principales victimes de cette sale besogne. Il était question pour les opérateurs sur le terrain soit de procéder par des enlèvements d’enfant pour les mutiler par la suite soit de se positionner aux entrées de ce quartier sous la casquette de transporteur moto et de faire exécuter en chemin leurs clientes pour emporter les parties intimes. Cette effroyable industrie a créée une psychose auprès de la population qui, abandonnée par les forces de maintien de l’ordre, ne savait à quel saint se vouer pendant plus de 2 mois environs.

Il  y a eu ensuite la mystérieuse disparition de 9 enfants dans la localité de Mouanko. En effet ces derniers comme d’habitude étaient partis pour une partie de chasse aux escargots, curieusement leurs parents sont restés pendant plus d’une dizaine de jours sans nouvelles de leurs progénitures. Deux thèses ont été avancée, celle d’un enlèvement par les trafiquants d’organes et celle d’un attentat mystique qui est apparu la plus plausible, car après plusieurs battues menées par les forces de l’ordre les recherches se sont avérées infructueuses, c’est donc à l’issue d’une intervention mystique d’une féticheuse du village que 8 des 9 enfants ont été retrouvés en vie mais fatigués. Le neuvième est resté sans trace.

Enfin, ces rocambolesques incendies et cambriolages des bureaux administratifs ont été à la mode sans oublier des dizaines de Marchés des grandes villes camerounaises qui ont subit en 2013 des affres du feu emportant ainsi en fumé toute une économie. Pour ce qui est des bâtiments administratifs, il faut dire que la récurrence de ces incidents est allé croissante avec la montée en puissance de l’opération épervier (arrestation des prévaricateurs). Les origines des incendies sont restées sans pertinences, une nouvelle catégorie de cambrioleurs a vu le jour, il ne s’agissait plus pour les bandits d’emporter le butin de consommation à savoir de l’argent et les appareils mais ils volaient plutôt les papiers (dossiers) et les disques dur laissant le laptop lui-même.  Drôle de vol !

En somme, 2013 a posée les bases d’une insécurité qui risque de mettre en mal l’intégrité et les institutions du pays dans le long terme. L’opinion publique se montre méfiante vis-à-vis du gouvernement français qui dans le cadre de l’opération Sangaris a transformé le Cameroun en terre de transit des armes lourdes et aussi de base militaire. L’insécurité ici nait du soupçon de la main française dans tous les conflits qui ont déjà embrasé les pays abritant leurs bases militaires.

 

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Auteur·e

L'auteur: Aristide MONO
Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

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