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La voix de la Lékié
Article : Cameroun: 2013, une année politique chargée sans avancée démocratique
Les misérables
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7 janvier 2014

Cameroun: 2013, une année politique chargée sans avancée démocratique

2013 a été une année électorale au Cameroun marquée par des événements politiques qui n’ont pas affecté le paramétrage routinier de la vie publique depuis 31 ans. La république des hold-up électoraux et des prévaricateurs n’a fait aucune concession à la démocratie ni à la marche vers l’Emergence.

Deux grands moments électoraux ont paralysé le service publique pendant des mois à savoir, les sénatoriales du 14 avril et le double scrutin municipal et législatif du 30 septembre.

De ce qui est des sénatoriales, il s’agissait de la mise en place d’un bicaméralisme effectif qui somnolait encore dans la progressivité politique consacrée par la loi constitutionnelle de 1996. L’architecture cosmético-institutionnel se dotait ainsi d’une chambre haute budgétivore dite de retraités du parti au pouvoir. Le sénat est apparu dans son fonctionnement et ses couleurs politiques comme une reproduction de l’assemblée nationale considérée comme une chambre d’acclamation avec une majorité obèse du RDPC. La seule leçon retenue a été l’opportunité donnée à Biya de recaser quelques thuriféraires qui étaient restés en attente jusqu’ici et de se positionner en seul maître et vainqueur du jeu.

Après les sénatoriales, on a eu droit à une supercherie politique qui devait mettre fin aux prorogations répétitives des mandats des élus locaux et du peuple car il faut le préciser ces derniers ne bénéficiaient plus de la légitimité populaire depuis 2012. Ici pas de surprise pour les habitués de la mascarade électorale, la configuration est restée la même à l’issue du scrutin en dehors d’une avancée spectaculaire dans le respect du genre.

Les femmes des barrons de la république ont bénéficié de plus de 31% de siège à l’assemblée nationale. Ces élections albanaises ont été également marquées par cette alliance contre nature entre le RDPC et la fille de l’ancien président Ahmadou Ahidjo dont la dépouille est toujours en exil au Sénégal. Aminatou Ahidjo puisqu’il s’agit d’elle  a été d’un apport considérable dans l’affirmation hégémonique du RDPC dans le Grand Nord à travers les shows politiques qu’elle a offert lors des meetings.

Pendant tout ce temps, l’opération d’assainissement des mœurs économiques et financières dénommée opération épervier, n’a pas connu de répits, les victimes ont été dénombrés dans tous les secteurs de la vie publique. Les condamnations ont été prononcées contre les commis qui étaient en détention provisoire, par exemple le cas du franco camerounais Michel Thierry Atangana qui, malgré les pressions de Paris sur Yaoundé, a écopé d’une vingtaine d’année de prison. Ceux ayant intenté des recours ont vu leurs peines revues à la hausse.

L’arrestation la plus importante a été celle du président de la fédération camerounaise de football en qualité de Directeur général de la SODECOTON. Ecroué pour corruption et prévarication aggravées, l’emprisonnement de IYA Mohamed est tombé au sein de l’opinion comme une libération du football camerounais des mains des mafieux.

De ce qui est de l’agenda du président, il faut avouer qu’il n’a pas dérogé à la coutume. Il a passé la majeur de son temps dans les villes occidentales cependant quelques rencontres internationales ont émaillé son agenda. On citera par exemple sa première rencontre avec François Hollande à l’Elysée qui a laissé échapper une forte odeur d’humiliation ; son séjour au Vatican donc le tête-à-tête avec le pape François qui a permit à Biya de grignoter quelques débris de légitimité internationale après la parodie électorale du 30 septembre. Le président a procédé également à une visite  en Turquie où il a eu à faire du marketing économique de la « destination Cameroun ». Le sommet sur la sureté et la sécurité dans le golf de guinée a été la seule activité considérable du président sur le plan continental.

Il y a eu cette infantilisation colonialiste du sommet de l’Elysée où le président Biya a été présent mais curieusement de son retour en Afrique, il s’est interdit tout hommage officiel à Mandela puisqu’il n’a pas assisté au rendez-vous de Johannesburg.

Au-delà de ce rendez-vous manqué, il est à préciser que le président de la république n’a pas tenu à certaines promesses notamment l’énigmatique célébration du cinquantenaire de la réunification du Cameroun qui accuse aujourd’hui plus de trois ans de retard. La professionnalisation du métier de taxi-moto et de la création plus de 200000 emplois en 2013 sont restées dans le discours de fin d’année de 2012, de même que la mise sur pied du conseil constitutionnel qui demeure également dans le calendre bantou, disons dans « les délais raisonnables » pour reprendre les propos infortunes de Biya lors de son message à la nation le 31 décembre.

Nous parlerons plutôt des aveux de Biya à la nation afin de mieux rendre compte de cette adresse de fin d’année qui est apparut comme le comble politique de 2013. Un discours bondé d’interrogations dont le principal destinataire est le destinateur lui même. Il s’est agit d’un aveu d’échec de 31 ans de règne qui commande selon les propos du président Paul Biya « un sursaut patriotique » qui, pour certains hommes politiques, commence par la démission de ce dernier.

En somme malgré les inaugurations des débuts de travaux de quelques édifices économiques, on peut conclure que certes 2013 a été politiquement chargée mais le bilan est resté vide de tout substrat.

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Article : Football camerounais en 2013: Entre déception et sursaut
Les misérables
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5 janvier 2014

Football camerounais en 2013: Entre déception et sursaut

les lions indomptables 2 Le Cameroun a connu l’année écoulée une saison sportive très décevante dans l’ensemble avec des suspensions internationales de plus de quatre fédérations à l’exemple de la FECABOXE et la FECACYCLISME. Les performances ont été les plus médiocres, conséquence d’une gestion buissonnière des instances managériales, seuls 163 athlètes ont glané des distinctions en plus de la qualification in extrémiste des lions indomptables au mondial brésilien.

Dès janvier, alors que les supers Eagles faisaient oublier à leurs fans le spectre  de leur absence à la CAN Gabon-Guinée le Cameroun quant à lui s’est illustré par sa deuxième absence consécutive. C’est avec exaspération que le pays a donc vécu le rendez vous Sud africain.

L’autre déception venait de la prestation peu convaincante des lions indomptables lors des éliminatoires du mondial 2014. En effet, malgré qu’ils aient bénéficié d’un tirage favorable avec comme adversaire, le Togo, la RDC et la Libye le Cameroun va aligner une série de défaites donc celles face au Togo et la Libye  L’espoir était presque perdu jusqu’à ce match nul contre les Simba.

L’espoir ira croissant avec l’octroi gracieux de trois points par la FIFA aux lions indomptables suite à la non validation de la victoire du Togo sur le Cameroun. Tout ceci a permit finalement à ces derniers de se qualifier pour la septième fois au mondial après une sueur froide au match allé du dernier tour face à la Tunisie et le miracle de Yaoundé. Cet exploit constitue le seul sourire de la saison sportive au Cameroun.

Sur le plan managérial on a assisté à l’apothéose de l’imbroglio qui a toujours caractérisé l’instance faîtière du football camerounais et le staff technique de l’équipe nationale. Le Cameroun a connu trois entraîneurs à moins de 365 jours soit une espérance de vie de 4 mois à la tête de cette sélection.  La déchéance la plus humiliante et ingrate a été celle du coach local Jean Paul Akono qui pâtit encore sous le poids d’une attaque Vasco cérébrale, abandonné totalement par les autorités publiques qui lui doivent des arriérés de salaire.

De ce qui est de l’éternel problème de la fédération camerounaise de football il y a eu un début de décompression de la mafia de la bande à Iya Mohamed. En effet ses démêlés judiciaires pour prévarication en qualité de directeur général de la SODECOTON a été un bon prétexte pour démanteler le réseaux qui était jusqu’ici parrainé par la hiérarchie du football mondial à Zurich. D’ailleurs la FIFA ne va pas hésiter de suspendre le Cameroun après l’intervention du gouvernement. Cet ex-président de la fédération médite actuellement son sort dans l’un des démembrements de la prison de Yaoundé au Secrétariat d’Etat à la défense.

Cette technologie mafieuse a été remplacée par un comité de normalisation qui désormais gère la fédération avec pour mission de procéder au toilettage de l’institution à savoir les textes et le personnel.

Par ailleurs en dehors de la sélection nationale qui a échappé au K-O de la saison, les autres catégories n’ont rien produit; l’équipe A’ a été éliminé de la coupe de la CEMAC par un pays effondré (la RCA), cette même catégorie n’a pas pu se qualifier pour le CHAN. En bref aucune équipe camerounaise de football n’a remporté un titre mondial ou continental.

Au plan local c’était une autre déception, le championnat camerounais (MTN élite) a connu maintes interruptions dues aux problème de management et au manque d’allocation financière. Les querelles entre la corporation des présidents de clubs et le président de la ligue professionnel de football ont émaillé toute la saison. Le nœud du problème était l’exigence de la ligue à l’endroit des présidents de clubs de transformer ces derniers en sociétés anonymes afin de professionnaliser le championnat. La conséquence de ces déboires a été le retrait de la multinationale MTN comme sponsor officiel du football camerounais qui reste désormais orphelin de sponsoring.

Cet amateurisme n’est pas passé inaperçu lors de la finale de la coupe du Cameroun qui a fait somnoler les haut commis de l’Etat présent au stade Omnisports de Yaoundé.

Sur le plan infrastructurel, rien à se mettre sous la dent, le projet de construction de quatre stades annoncé en 2008 est resté campé dans les slogans de « Grande réalisation ».

C’est ainsi 2013 au Cameroun sur le plan sportif. 2014 n’augure aucun espoir car le tirage au sort du mondial donne peu de raison d’espérer.

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Article : Discours à la nation camerounaise: Biya très déçu par sa bureaucratie
Les misérables
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31 décembre 2013

Discours à la nation camerounaise: Biya très déçu par sa bureaucratie

Il n’y avait rien à attendre du traditionnel message du président Biya à la nation, surtout pour des observateurs avertis. Malgré toute la propagande et le tapage médiatique par la chaîne de télévision d’Etat sur cette adresse tous ces derniers jours, il n’y avait pas de quoi faire de ce discours un moment le plus attendu. Sinon on peut retenir que Biya est passé des promesses fleuves et dissuasion de tout genre pour lancer un appel patriotique.

Il s’agit d’un « sursaut patriotique » si le Cameroun veut effectivement atteindre cette fameuse émergence horizon 2035 car le rythme actuel ne nous permettra pas d’obtenir le taux de croissance nécessaire pour ce pari. Par exemple l’Etat avait fait une prévision de 6,1% de taux de croissance pour 2013 mais nous avons franchi à peine les 4,8% avec tout ce que le pays regorge comme ressources.

En parlant de ressource, Biya a affiché un ton à la fois révoltant et décevant lorsqu’il s’est interrogé sur les mobiles du retard que le pays a connu en 2013. Il va rappeler que nous avons des ressources naturelles, nous avons les talents et génies, nous avons la stabilité, nous avons des institutions fortes mais pourquoi n’arrivons-nous pas à décoller comme les autres pays ?

En guise de réponse à cet étonnement le président va tirer à bout portant sur sa bureaucratie perverse. C’est une administration individualiste, ce qui est incompatible avec l’intérêt national. On pense d’abord pour son local, son ethnie et sa famille en lésant l’intérêt du pays. Il a donc fustigé l’absence de patriotisme de ses collaborateurs ainsi que le management à propos du manque de coordination dans l’action publique. Pour Biya il est incompréhensible que les uns et les autres soient incapables de prendre une décision sur une politique publique ou encore que dans aucune région, le budget d’investissement publique n’ait pas pu été consommé à 50% en 2013. C’est une fois de plus du laxisme.

Le président de la république a trouvé une thérapie pour l’émergence, il s’agit de la culture de l’intérêt général et la coordination de l’action publique qui doivent être soutenu par une « discipline collective rigoureuse ». Il dira qu’il ne demande pas à ses compatriotes ni sueur, ni sang, ni larme juste un peu d’engagement dans la réalisation du grand projet 2035. Il faut un « plan d’urgence » pour des années à venir.

En parlant de futur, Biya fera quelques promesses, la construction de trois hôpitaux de référence et la mise sur pied du conseil constitutionnel « dans un délai raisonnable ». aussi saisira t-il l’occasion pour rendre hommage aux services de sécurité pour le travail abattu pour combattre les attaques des bandes armées de Boko haram, la séléka et les pirates en mer. Il félicitera les lions indomptables pour leur qualification. Il leur demande de rééditer l’exploit de leurs aînés en 1982 en Espagne et 1990 en Italie.

Bref le discours de Biya, qui n’est pas sorti de la routine, peut bien se passer de tout commentaire parce qu’on le connait déjà !

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Article : La « bonne année » garde t-elle encore toute sa pertinence?
Les misérables
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29 décembre 2013

La « bonne année » garde t-elle encore toute sa pertinence?

Les vœux de nouvel an paraissent au fil du temps comme une vulgaire routine qui ne traduit pas en acte l’expression de leurs auteurs. On est tenté de dire que ces souhaits de bonheur se convertissent généralement en malheur car quand vous interrogez l’homme de la rue il vous dira que cette année a été la plus médiocre de ma vie. Finalement quelle est la portée positive des vœux si au finale on a l’impression que rien ne bouge et qu’il y a eu une régression ?

En Afrique il y a une impression d’anathème qui se cache derrière les formules de « bonne année », les populations de Bangui sont bien placées pour nous le confirmer, très sûr que l’an passé elles ont eu droit aux vœux les plus meilleurs de la planète mais il a fallu quelques mois pour témoigner le contraire. Ces victimes peuvent-elles encore facilement croire à toutes ces formules ? Certes ce sont des souhaits mais qui se matérialisent plutôt en exactions, cauchemars et charniers.

Par ailleurs la bonne année signifie beaucoup de bonheur pour les 365 jours à venir avec tout ce qui va avec comme réussite sociale, réussite dans toutes les activités. Alors si on prend le cas le plus proche avec le président Biya, on peut dire qu’en lui souhaitant beaucoup de bonnes choses en 2014 c’est demander à Dieu de lui accorder longévité au pouvoir. Cependant, l’impertinence naît dans l’engouement avec lequel son principal « challenger » John Fru Ndi se presse pour lui présenter ses vœux au palais de l’unité. On se demanderait si ces vœux sont de bonne foi ou simplement si le leader de l’opposition est lui-même sérieux.

Une incongruité des vœux de fin d’année est également son instrumentalisation à travers sa ritualisation comme moment d’affirmation de la notoriété. D’une part, les hommes politiques en font une occasion pour tester leur leadership lors de la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux. Ils en tirent un énorme plaisir surtout dans les régimes staliniens en voyant tous leurs subalternes à genoux devant eux chantant gloria et kyrie. De l’autre coté les vassaux qui cherchent à ne pas manquer le rendez-vous car il faut une fois de plus témoigner loyalisme et allégeance au grand maître afin de continuer de bénéficier de sa magnanimité.

La bonne année c’est également un moment d’engagement pour des hommes politiques qui formulent des vœux à l’endroit de leur population, ceci dit les vœux se transforment en vision donc en promesses. Le ciel et la terre sont promis mais à la fin rien de concret, au contraire la situation se dégrade malheureusement. Les vœux en forme de promesses se résument alors en simple moment de mensonge politique.

Les vœux de fin d’année sont victimes d’une hypocrisie qui dénature sa logique même dans les villages, les souhaits sont rarement sincères, c’est plus un simple folklore qui exprime à peine la vrai volonté du destinateur de la « bonne  année ». Par exemple, quelques jours après les souhaits, les un et les autres sont prêts à se ôter réciproquement la vie, les convoitises et autres formes d’inimité prennent la place des « vœux de bonheur et de prospérité».

 

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Article : Noël: Le temps des frustrations!
Les misérables
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26 décembre 2013

Noël: Le temps des frustrations!

Les fêtes de fin d’année sont des moments d’affirmation des classes sociales. À côté d’une caste dispendieuse se trouve une majorité croupissant dans l’incapacité financière. Résultat, les enfants issus de la misère ne peuvent qu’admirer impuissamment ceux des duplexes qui ont l’audace de s’offrir orgueilleusement le luxe du manège et de toute sorte de plaisir.

C’est une réalité en Afrique, certes même en occident les classes sociales se superposent mais le fossé n’est pas aussi profond de manière à voir une majorité vivant en dessous de 28000 FCFA le mois. La fête de noël permet de confirmer les écarts entre les familles.

Tous les enfants rêvent généralement d’un jouet quel que soit la nature et c’est dans ce sens que nait la frustration des gamins qui réalisent que jusque là leurs parents ne sont que de pauvres misérables face à leurs amis qui jouissent de tous les privilèges de Noël. En fait il y a ceux qui vivent ; il y a ceux qui survivent !

Il y a de cela deux jours le responsable commercial d’une grande boutique d’alimentation de Douala confiait à une télévision privée de la place que la moyenne des achats par client s’élevait à plus de 300000 Francs CFA, de quoi traumatiser ces familles qui se battent pour avoir ne serait ce qu’un poulet de 2800 pour leurs enfants.

Si les fêtes de fin d’année sont des moments de réjouissance pour un clan, elles restent une angoisse pour la majeure partie de la population. C’est une période de lamentation, une période de frustration pour les enfants qui découvrent la réalité des profonds écarts sociaux.

J’ai fait un tour hier dans une famille amie à Nkomotou à quelque 15 kilomètre de Yaoundé, j’ai été accueilli par le désespoir. Seul le petit radiocassette à piles donnait le signal de l’extraordinaireté de la journée du 25 car l’abonnement du courant électrique reste financièrement un parcours du combattant pour ces gens qui couvrent à peine les exigences naturelles de la vie. Au menu, pour restituer les lueurs de la fête au petit Hervé et Diane, une petite marmite de Haricot accompagnée du riz. Ces derniers se sont contentés de deux sifflets et deux bonbons comme jouet ou cadeau de Noël, on peut alors imaginer le niveau de fragilisation de la psychologie de ces enfants à leur bas âge.

Ces clichés sont les prototypes d’une société injuste dans l’allocation des ressources socio-économiques privatisées par une petite aristocratie néopatrimonialiste. Combien digèrent amèrement cette frustration des fêtes de fin d’année, mieux combien d’enfants par exemple au Cameroun subissent ce choc psychologique ?

Surement tout un pays qui n’a aucune justification pertinente pour de tels fossés sociaux.

Les parents butent sur la surenchère des produits de première nécessité menée par des spéculateurs de tout bord, l’accès aux denrées devenant ainsi le privilège des propriétaires de grosses bourses. Il est évident de voir d’un coté une minorité qui fréquentent de grandes surfaces et de l’autre ces mères et grand-mères qui se contentent des déchets de viande de bœuf (Boyaux). Egalement d’un coté une catégorie de « grandes Dames » aux portefeuilles garnis de coupons de 10000 francs CFA et de l’autre ces femmes qui flirtent avec le dénuement, détentrices de vieux billets usés de 500 CFA ou de piécettes sans grande valeur devant un étalage.

La fête de noël fait aussi des malheureux en termes d’agenda. Les programmes des misérables se réduisant à la présence au culte et une ou deux visites à un membre de la famille, ceux qui n’est pas le cas des autres qui sont submergés par des tours au cinéma, club et night club, picnick et pour ceux de Yaoundé des visites tous les soirs à la grande foire de Ya-Fe (Yaoundé en fête).

Hommage à toutes ces nombreuses familles et enfants que la fête de Noël a frustré et rendu très malheureux.

 

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24. déc.
2013
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Cameroun: Une sortie ennuyeuse de Biya au stade omnisports de Yaoundé

Après une tentative d’agression à Paris par un membre du collectif le CODE, le président camerounais a présidé dimanche passé la traditionnelle finale de la coupe du Cameroun. Au lieu d’un spectacle alléchant et une accueille triomphaliste, Biya est resté impatient pendant les trois heures qu’ont duré cette sortie anxieuse.

Le président a constaté que sa personnalité n’attire plus les foules, le stade qui porte le nom de son prédécesseur n’a pas connu l’effervescence qui a toujours caractérisé jusqu’ici la grande parade de la finale de la coupe du Cameroun. En dehors de quelques mécanismes maladroits consistants à corrompre les jeunes par les billets de banque et d’autres petites gratifications de tout genre pour remplir le stade, la Cuvette de Fandena était presque vide. Les camerounais surement n’ont plus rien à cirer des apparitions publiques budgétivores du président de la république du Cameroun et de son gouvernement.

Certains spécialistes ont mis ce désaveux des camerounais jadis accrochés à cet événement à l’actif de la maîtrise et la détention du calendrier national par un seul individu. Pour preuve tout reste énigmatique et la rumeur reste la seule source d’information : la convocation du corps électoral, la prorogation des mandats électifs, le remaniement ministériel sans oublier la célébration du cinquantenaire de la réunification qui accusera bientôt trois ans de retard. L’annonce de la tenue de la finale de la coupe du Cameroun a  été faite à la veille. Le Cameroun de Biya est un pays de l’incertitude.

Cette absence de calendrier politique au Cameroun parait pertinente mais il ne faut pas perdre de vue que les camerounais se lassent aussi déjà de la routine qui n’impacte pas leur quotidien en dehors de la dilapidation de la ressource nationale par ces cérémonies Mubutistes.

L’événement était également ennuyeux par la présence autour de Biya des collaborateurs malveillants qu’il a déjà limogé de son futur gouvernement, d’ailleurs leurs passeports ont été retirés par les services de police. On pouvait donc lire la souffrance du président qui, pris dans sa politique de l’improvisation était obligé en attendant l’officialisation de son gouvernement à endurer la présence de ces vautours autour de lui. Cela était perceptible au stade omnisports à travers des poignets de mains expéditifs, des regards peu attentifs et l’image d’un président trop pressé s’il faut le dire trivialement.

L’ennui venait également la prise au piège du président par ses propres déclarations qui le mettent actuellement dans une lutte contre la montre. Trop de promesses en 2013 ! Or à quelques 9 jours de la fin de l’année rien, de réalisé en dehors de la mise sur pied du sénat et l’inauguration du deuxième pont sur le Wouri. Le président était donc sous la pression du temps, les camerounais attendent le cinquantenaire de la réunification, la mise en place du conseil constitutionnel et un éventuel nouveau gouvernement, tous ceci à moins de 9 jours de 2014 !

Si la désaffection de Biya et de la cérémonie de la 54 ème édition de la finale de la coupe du Cameroun  ainsi que les pressions de son calendrier politique ont mis le président dans une posture inconfortable, il ne faut pas oublier le spectacle qui faisait somnoler les apparatchiks du régime de Yaoundé. Les protagonistes du jour à savoir, Le mythique Canon de Yaoundé et la jeune équipe de Young Spot Académic de Bamenda  ont produit un jeu tellement indigent que l’icône Milla Roger n’a pas gardé sa langue dans la poche.

Un jeu très décousu manquant de rythme, les individualités peu convaincantes, pas d’action concrète de but, pas d’exploit, tous ceci dans un rythme escargot. De quoi fatiguer tout un gouvernement et élite politique vieillissante surtout que la majeure partie était là pour des raisons protocolaires et d’allégeance au grand manitou. Bref le football camerounais est dans un état comateux ! La qualification pour le mondial 2014 est un exploit de la diaspora, en effet, localement il y a tout sauf le jeu, le plus important c’est l’enjeu autour du contrôle des retombées financières du football.

Craignant pour sa sécurité face au manque d’éclairage du stade omnisport, le président a remis au pas de course les distinctions aux athlètes qui se sont illustrés durant toute la saison sportive avant de regagner sa Bourgade d’Etoudi. Il était presque 18h 30 sous une forte militarisation de toute la capitale.

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Article : Les chefs d’Etat Africains ont déçu Mandela
Les misérables
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22 décembre 2013

Les chefs d’Etat Africains ont déçu Mandela

A l’annonce du décès de l’icône africain, le président Jacob Zuma n’a pas fait l’économie des valeurs qu’incarnait ce Baobab, il dira que Mandela était synonyme d’humilité, de paix, d’équité, de liberté, et aussi de pardon. Est-ce que les chefs d’Etats africains ont jusqu’ici suivi la voie de l’émergence de l’Afrique tracée par ce modèle ?

Il faut souffrir peut être d’une myopie politique pour tergiverser sur une telle réponse, les bilans et les profiles de ces barrons sont loin d’épouser ces valeurs que Mandela n’a cessé de défendre. On ne peut que s’évanouir devant le mépris que les présidents africains ont pour la vie humaine, entre coup d’Etat génocidaire de Paul Kagamé, l’autoritarisme brutal de Mugabe et les exactions de El Béchir. Mandela ne pouvait être que déçu par une telle posture peu humaniste, lui qui a donner toute sa vie pour la cause humaine.

On se demanderait si l’Afrique méritait un tel philanthrope ? S’il avait été en occident il aurait été la principale source d’inspiration des dirigeants même pour saluer l’œuvre du grand homme. Mais en Afrique rien ! Et rien de tout ce que Mandela représente comme boussole de l’humanité.

Demandez à Biya ce qui signifie liberté ou alors à son voisin Obiang Ngéma qui vient de découvrir ses talents de panafricaniste tardif ? Ils vous diront que Mandela, « oui il incarne la liberté mais nous ne sommes pas en Afrique du sud, bon chez nous les bantous il n’y a pas deux caïmans dans un étant ». Voilà une posture révoltante qui peut faire perdre la maitrise, on ne saurait parler de cécité mais simplement de mauvaise foi pour les chefs d’Etat africains d’incarner la liberté qui est une valeur fondamentale non pas seulement pour Mandela mais la libération de tout un peuple longtemps resté dans les mailles de la servitude.

L’Afrique pleure Mandela mais ses dirigeants sont restés insensibles en dehors, des rites théâtraux dans les discours et protocoles de tout genre pour vanter hypocritement l’Homme : « Mandela était une icône ! ». Or il ne suffit pas de le dire pour révérer sa mémoire mais de traduire en acte, de faire preuve de réappropriation des valeurs qu’il a toujours défendues et vendues au prix de sa vie. Et c’est ça pleurer et rendre hommage à Mandela ! Aujourd’hui, les chefs d’Etat africains honteusement bombent le torse en disant : « je suis gaulliste » et aucun n’affirme être « Mandeliste ». Ceci démontre d’une ingratitude notoire des dirigeants africains envers leurs grands Hommes ; d’ailleurs si Obama s’était présenté aux élections au Kenya il aurait été contraint à l’exil.

Le pardon, l’Ubuntu, voilà ce que Mandela a laissé aux autres sauf aux dirigeants africains, le large sourire de Ouattara devant un stade plein, exultant l’esprit conciliant d’un Homme ne pouvait que gâter la fête lors des obsèques de Mandela. Ce qui importe c’est le règlement de compte avec l’émergence bancale des « pro » et des « anti » en Côte d’Ivoire. Le corps du père de la nation camerounaise Ahidjo en exil au Sénégal subit jusqu’aujourd’hui les fougues de la vengeance de Biya. Combien de fois les chefs d’Etat africains ont fait preuve de pardon et de réconciliation ?

En tout cas ce sont les choses de Mandela ! Pourquoi donc jouer les hypocrites si vous pensez que les combats de Mandela ne vous servent à rien, on peut dire trivialement qu’il ne vous a servi à rien.

C’est un contraste, un terrible contraste que sur plus de 54 présidents africains aucun ne soit un « mandeliste » même dans le vernissage !

Le néopatrimonialisme et l’égoïsme ont pris le pas sur l’altruisme de Mandela, la dictature a pris le pas sur la liberté de Mandela, la vengeance a pris le dessus sur le pardon de Mandela, l’humilité rend hommage à l’arrogance…  L’icône s’en va, renié et déçu par ses pairs africains puisque personne n’a jusqu’ici suivi ses pas.

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16. déc.
2013
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Ce « sachet » qui soulage en tuant à petit feu au Cameroun!

Il est six heures du matin, les jeunes du quartier se retrouvent au « Tchapalo » pour prendre un déjeuner d’un autre genre, un petit whisky en sachet au prix unique de 100f CFA connu sous le nom de Kitoko. Tous sont unanimes qu’après une gorgée « On est High père ! ». C’est-à-dire élevé au dessus de tout le stress des journées très fatigantes. Bref « on est Zion » pour emprunter une expression de l’argot Jah rastafari.

En face du « Tchapalo », c’est la boutique du malien du quartier, Abou qui vient de servir un sachet à un sexagénaire en « tenue de combat » (habit champêtre). Il vient également chercher un remontant avant de rejoindre sa plantation derrière l’évêché, il ne manque pas d’en garder  pour midi ou éventuellement à un compagnon avec qui il va décrier l’inertie et la déperdition des jeunes du quartier.

Les taximen motos sont les plus accrochés, car pour eux cet élixir est adéquat pour  réchauffer les poumons et maintenir en forme durant toute une journée de dur labeur. Par conséquent le tapis rouge est ainsi déroulé aux accidents de circulation causés par ces jeunes généralement diplômés qui, à défaut de créer un nouveau Cameroun ont trouvé mieux de se recréer en se soulant la gueule pour « chasser la honte » de la société qui a cru en eux quand ils étaient en fac.

Kitoko, Lion d’or, Fighter, voilà les différentes marques de whisky en sachet les plus prisées par le prolétariat au Cameroun. Malgré les injonctions du gouvernement au sujet de l’interdiction de la commercialisation de ce « papa bonheur », la consommation va croissante. Ses adeptes  ne tarissent pas d’éloge à son sujet, tout en refusant cependant d’admettre l’effet nocif et même mortel des Kitoko. Les téméraires vous dirons que « tu bois tu meurs, tu ne bois pas tu meurs », alors vous avez tout compris.

Les sachets sont de plus en plus prisés pour diverses raisons. Ils sont « moins chers » 100 CFA,  largement en dessous de 600 F et de 1200 F, les prix respectif d’une bouteille bière et d’un litre de vin rouge. Ce qui rend le produit accessible aux petites bourses loin des sommes faramineuses que l’on peut débourser pour un Chwaz ou Grant. C’est ainsi que dans un élan de solidarité africaine on peut facilement l’offrir à des proches sans que l’on ne ressente la dépense. « C’est le vin des Nguémés » (démunis).

La consommation du sachet de Kitoko ou de Lion d’or est plus discrète que celle de la bière ou du vin rouge car son contenant en plastique-sucette est dissimulable et permet aux jeunes d’échapper au contrôle parentale  de même qu’aux vieillards d’échapper à la vigilance des grands-mères. Il suffit d’un petit tour derrière le manguier ou la cabane, et le tour est joué « ni vu ni connu ». Pour couronner le tout, Les consommateurs de cette denrée qui fait rage au Cameroun pousse le bouchon plus loin au travers des chansonnettes et slogans qui lui sont chaleureusement dédié à l’instar de ce celui-ci : « nous te disons merci, Kitoko ».

Le whisky en sachet peut se boire en une seule gorgée et les effets produits répondent aux attentes. Le taux d’alcool est de 45% contrairement à une bouteille de bière de 65 cl qui coute 600 et en contient que 4,5%. Un seul coup de Kitoko ou de Fighter, on est dans un autre monde, « en paix avec soi même », « on s’en fou pas mal de Biya », « la politique aux politiciens, le kitoko aux soulards !». Le sachet a cet  avantage de rendre les gens « ébote » (saouls) et de noyer les soucis. Drôle de destin pour les jeunes et vieillards débordés par l’injustice sociale et qui trouvent refuge derrière le Kitoko.

D’où proviennent ces sachets ? Certains parlent du Nigéria, d’autres pensent que c’est une fermentation locale dérivée de la transformation d’une certaine espèce de légumes locaux dénommé « okok ». En tout cas cela importe peu, l’essentiel « c’est de se mettre à l’aise ».

Les injures et autres propos grossiers et violents ne tardent pas à céder la place à des engueulades. « Ton père c’est qui ? », « tu es qui ? », « qui te connais ? », « va dire Biya que j’ai soulé », « haha moof ! Quand les vrais gens parlent, tu ose ouvrir ta gueule ? Insolent ! »

Chez les jeunes les débordements de tout bord sont répertoriés. La délinquance, l’oisiveté, l’agressivité physique et j’en passe. Au finish toute une jeunesse est égarée, la république de soulard devient la principale politique publique de l’Etat qui, au lieu d’interroger et résoudre les causes de cette ruée vers ces sachets alcooliques, tente plutôt de gérer le problème par le « haut » en décriant par les discours le phénomène. Dans tout les cas cela les arrangerait d’avoir une jeunesse orientée vers l’alcool et non pas vers les affaires citoyennes et républicaines.

Par ailleurs sur le plan sanitaire, c’est la catastrophe ! Les spécialistes parlent de l’affaiblissement du système immunitaire avec des impacts physiques par exemple la vulnérabilité aux maladies comme la tuberculeuse. La consommation de ces sachets accélère également le vieillissement. Il n’est par rare de voire nos vieux papa avec des bouches déformée et un corps atteint de « tremblote ». Le kitoko tue à petit feu même si ses avantages restent largement convaincants pour de nombreux consommateurs.

Ah ! Au Cameroun on a généralement coutume de dire : « On va alors faire comment ?»

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Article : La rumeur anime et pollue l’espace public camerounais
Les misérables
1
12 décembre 2013

La rumeur anime et pollue l’espace public camerounais

La rumeur, les « ont-dits » ou encore le Kongossa fracassent l’espace public camerounais sans qu’on ne soit capable de remonter la source. L’impact de ce média de rue est visible dans la société causant des victimes. Il s’agit de discréditer, de vouer une personnalité à l’hégémonie ou simplement de créer une hystérie auprès de l’opinion.

Aujourd’hui, la rumeur est considérée comme un élément majeur de construction social de l’espace publique. En effet, le terme rumeur vient du latin « Rumor », il apparait au 18e siècle avec le sens de « bruit qui court », qui deviendra rapidement « nouvelles qui se répandent dans le public ou l’opinion ».

La rumeur est donc une information non vérifiée qui se transmet à un grand nombre d’individus à une vitesse exponentielle. Elle est dès lors définie comme « l’émergence et la circulation dans le corps social d’informations soit non encore confirmées publiquement par les sources officielles, soit démenties par celles-ci. De ce fait selon le sociologue jean noël kaferer «  c’est le plus vieux média du monde » une rumeur est un bruit qui circule et que l’on répète, tenu pour information, sans que l’on en connaisse la source ; son exactitude n’est pas vérifiée, mais cela ne veut pas forcément dire qu’elle est fausse.

Dans tous les cas, cette information se répand comme une trainée de poudre, de façon totalement incontrôlée. Ce fait présente de nombreuses caractéristiques dont quatre retiendront notre attention, il s’agit de l’implication où le sujet transmetteur se sent plus ou moins concerné par le message véhiculé ; l’attribution de la rumeur est un discours rapporté : c’est-à-dire qu’elle renvoie systématiquement à un fait « non immédiat et concomitant à sa transmission » et qui n’est par conséquent jamais vérifiable directement.

Elle est toujours le témoignage d’un témoignage et est le plus souvent anonyme ; l’instabilité qui renvoie au fait que, en se diffusant, son contenu se modifie par réduction, accentuation, rajouts, omission, généralisation des faits rapportés. On remarque que ces altérations du message original sont le fait de l’humain, qui selon sa propre vision du message, sa personnalité et ses préoccupations aura tendance à en tirer un nouveau message personnalisé ; et la négativité, elle rapporte majoritairement des faits négatifs voire inquiétants ou dramatiques : situations aversives, agressions, dangers, accidents ou encore menaces. Les rumeurs rapportant des faits agréables d’espoir sont rares et sont souvent le fait de mutations sociétales.

Sa propagation témoigne généralement d’un profond malaise, de même que d’un déficit de communication et quand elle est là, il est difficile de s’en débarrasser. Elle vise très souvent à manipuler l’opinion publique, pouvant dans certains cas virer à la psychose donnant libre cour à la « panique morale ». Quelques exemples peuvent ici étayer nos propos.

Au niveau international, nous pouvons évoquer le célèbre cas de la rumeur d’Orléans dont les événements se seraient déroulés en mai 1969, incriminant pas moins de six magasins de lingerie féminine tenue par des juifs. Elle se basait sur de possibles rapts de femmes dans des cabines d’essayage où elles auraient été droguées avec des seringues hypodermiques puis enlevées discrètement grâce aux nombreux souterrains présents dans la ville, pour être ensuite livrées à des réseaux de prostitution.

Elle prit une tournure quelque peu comique lorsqu’on évoqua la possibilité d’un sous-marin remontant la Loire pour plus de discrétion lors du transport des femmes kidnappées. Connaissant les effets pervers qui en ont résulté, il s’avère que la vérité sur la question n’a jamais vraiment été établie.

Dans un contexte beaucoup plus familier qu’est le notre, il se trouve que la rumeur fait son petit bonhomme de chemin sans une très grande inquiétude. En effet, nombreux hommes publics ici sont généralement sujet à des rumeurs aussi fantaisistes les unes que les autres, portant quelques fois leur grain de vérité car comme on aime bien le dire ici: « il n’y a jamais de fumée sans feu ».

Qu’à cela ne tienne, la rumeur reste un phénomène répréhensible pour une société qui connait nombre de problème, car il ya tellement à faire qu’on se demande bien d’où vient le temps de propager des histoires montée de toute pièce. L’on se souvient ici de la rumeur sur la mort du président Biya qui a déferlé la chronique au Cameroun et plongé le pays dans une grande appréhension, avant le démenti qui est arrivé beaucoup plus tard.

Aussi, avec le spectre d’épervier qui plane sur les gestionnaires du trésors publique au Cameroun, de nombreuses rumeurs ont déjà annoncé des incarcérations de certains ministres et DG de société de la place, les « éperviables » on les nomme ; les exemples de(…)sont très parlant. De même, la question du remaniement ministériel et autres nominations aux hauts postes de la république sont très souvent des sujets qui laissent libre cour à la rumeur. De ce fait, la rumeur peut s’attaquer à tout et à tous, à la vie privée, comme publique, Ce qui nous conduit à nous intéresser aux vecteurs des rumeurs.

En effets, les médias sont considérés comme de formidables vecteurs de rumeurs, du fait qu’ils permettent une propagation rapide de celles-ci en raison de leur fort audimat. De plus, les médias, et notamment la presse, jouissent d’une forte crédibilité ; internet lui aussi est devenu un canal incontournable dans la propagation des rumeurs, à travers les nombreux cadres réticulaires qu’il offre.

En diffusant la fausse information, ils la rendent réelle vis-à-vis du public concerné. En relayant la rumeur sans jamais préciser que les sources ne sont pas vérifiables, la rumeur se mute en désinformation. Par conséquent, il est nécessaire pour y remédier, de communiquer rapidement sur le sujet, en restant factuel. « La meilleure façon de tuer une rumeur, c’est d’en parler. Ensuite, il faut indiquer si la rumeur est effectivement fondée. Dans le cas d’une fausse rumeur, les voix les plus autorisées doivent démentir, question d’éclairer l’opinion sur le sujet et dissiper le flou qu’apporte la rumeur.

 

 

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Rester muet est une autre façon d'être complice.....

Auteur·e

L'auteur: Aristide MONO
Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

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