Soro au Cameroun: Pro Ouattara et Pro Gbagbo à nouveau divisés!

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Depuis l’annonce officielle de l’arrivée de l’honorable Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale ivoirienne au Cameroun on assiste à la résurrection de la guerre idéologique de 2010 entre partisans du président Alassane Ouattara et ceux de son prédécesseur Laurent Gbagbo. Ce qui démontre que les ivoiriens ne sont pas les seuls à porter les stigmates des douloureuses épreuves de 2010.

Guillaume Soro arrive à Yaoundé pour un long séjour qui s’achèvera le 14 juin, sur invitation du président de l’assemblée nationale camerounaise, l’honorable Cavaye Yeyegui Jibril. Officiellement, rien ne filtre sur le bien fondé de la visite mais l’on sait par exemple que Soro, fera un discours à l’hémicycle de Ngoa Ekélé (A.N) lors de l’ouverture la session parlementaire, il s’entretiendra avec la presse et probablement avec le président de la république (officieusement).

La polémique

Les journaux sont les principaux relais de ce clivage, certains déjà s’interrogent sur la ruée des hautes personnalités ivoiriennes au Cameroun. Après la présence remarquable du président Ouattara au sommet sur le golf de Guinée en 2013, on a reçu ces derniers mois les visites du ministre de la défense le général Hamed Bakayoko et entre autre la ministre de la communication qui a fait l’objet d’une insulte par une presse qui a été immédiatement suspendue. Bref en espace de 2 mois un quatrième proche du régime d’Ouattara foule le sol camerounais. En plus de ces officiels politico administratifs et pour la première fois, lors de la célébration de la fête nationale du 20 mai, un détachement de l’armée ivoirienne a régalé le publique du boulevard du 20 mai lors du défilé militaire.

La polémique animée par la presse est entretenue par l’opinion publique en générale, société civile, partis politiques et hommes de sciences qui s’interrogent sur ce nouveau concubinage entre le gouvernement prédateur eschatologique de Yaoundé et celui issu d’un coup de force militaire d’Abidjan.

Petite rétrospective… nous sommes en 2010 en pleine crise

Alors que les protagonistes se livrent aux combats sanglants à Bouaké, Yamoussoukro et Abidjan, les camerounais se battent de leur coté dans les débats tournant parfois aux étirements de nerfs. Les pro-Gbagbo s’adossent sur le panafricanisme c’est-à-dire le rejet de la néo colonisation sarkozienne. Laurent Gbagbo est pour eux l’un des espoirs de l’indépendance effective de l’Afrique bref un martyrs. Un autre camp plus progressiste et moins radical soutient Ouattara pas forcement pour une idéologie particulière mais surtout pour le triomphe de la démocratie sur les dictatures africaines. En effet Laurent Gbagbo est perçu par cette tendance comme le prototype des leaders africains qui s’accrochent aux pouvoirs par n’importe quel procédé.

Séjour de Soro, réactivation des pro et anti

Le principal parti d’opposition camerounais le SDF lors de son National exécutif congress a affiché son hostilité à cette visite en déclarant Guillaume persona non grata, il exige la libération  » sans condition l’ex-président, Laurent Gbagbo afin qu’un dialogue franc entre les acteurs majeurs de la crise en Côte d’Ivoire puisse enfin avoir lieu ». Les sorties épistolaires se multiplient sur le sujet en l’occurrence celles de Owona Nguini hier dans un journal de la place.  Certains pensent que Guillaume Soro traine toujours avec lui les vieilles casseroles de Chef des forces nouvelles, les pro Gbagbo camerounais le considèrent comme chef rebelle. Il y a une autre opinion progressiste qui salue la carrure de l’homme même s’ils sont sceptiques sur sa carrière. Il est présenté comme un model pour des jeunes vue son courage et son tempérament, très réaliste, Guillaume Soro a montré une image d’une jeunesse qui peut oser et bousculer l’hégémonie des nano et octogénaires africains.

Au-delà des passions

Il reste quand même que le Cameroun et la côte d’ivoire se sont lancés dans le réchauffement de leurs relations diplomatiques, une espèce de coopération sud-sud qui commencera par le domaine militaire dans la formation des commandos  ivoiriens.

Aristide MONO

Publié par Aristide MONO

Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

1 commentaire

monesson therese

soro guillaume est certe un ex rebel bien connu, pourtant c’est pas en cette qualité qu’il est reçu en terre camerounaise, mais surtout en sa qualité de deuxième personnalité de côte d’ivoire. par ailleurs cette venue ne devrait pas capter les attentions au point de faire oublier les grands défis de l’heure au cameroun, dont les plus urgents sont l’approvisionnement en énergie électrique et en eau dans toutes les villes du pays.il est regrettable que les députés, élus du peuple se focalisent sur un seul individu pendant que les populations peuvent à peine profiter de la lumière ou de l’eau courante, dont les factures sont de plus en plus énormes.

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