Cameroun: « Aucune alternance n’est possible par les urnes (…) il y a une confiscation hégémonistes du pouvoir »

Article : Cameroun: « Aucune alternance n’est possible par les urnes (…) il y a une confiscation hégémonistes du pouvoir »
3 novembre 2013

Cameroun: « Aucune alternance n’est possible par les urnes (…) il y a une confiscation hégémonistes du pouvoir »

 

GRANDE PALABRE

C’est par ces termes pratiquement apocalyptiques que le politologue Eric Mathias Owona Nguini a conclu son exposé jeudi dernier à l’Hôtel Franco (Yaoundé), un pessimisme partagé relativement par le Docteur Hilaire Kamga qui a affirmé avoir déjà instruit aux membres de sa plate forme « l’offre Orange » de se préparer aux arts martiaux. Des propos qui ont été tenus lors de la conférence mensuelle de la « Grande Palabre » coordonnée par Fabien Eboussi Boulaga et Jean Bosco Talla).

Le thème qui a fait l’objet des débats pour cette édition et qui a réuni une bonne dose d’hommes politiques et para-politiques, était : Quel(s) sens donner aux votes des camerounais lors du double scrutin du 30 septembre 2013 ? Pour apporter un éclairage à cette vaste problématique, un panel garni d’hommes de sciences a été invité à ce dîner politico-scientifique.

Le ton sera donné par le Professeur Mathias Owona Nguini qui s’est appesanti sur le sens de la victoire du RDPC (parti au pouvoir). Pour l’exposant, cette victoire était prévisible, une prévisibilité qui était déjà mécanique au vue du paramétrage verrouillé de la compétition par un parti d’Etat c’est-à-dire adossé sur l’Etat. Ces élections avaient pour but la reproduction de la bureaucratie et de l’hégémonie du parti perpétuel. Bref il n’y avait pas match ! Le vote a été organisé sous le modèle d’une tontine où un seul individu (Biya) bouffe tous les jours grâce à l’aménagement du droit qui lui est toujours favorable en lui permettant de contrôler le jeu. A titre d’illustration on peut noter la loi qui organise ELECAM (organe en charge des élections) ; le code électoral ; la canalisation des institutions en charge du contentieux électoral par Biya.

La victoire du RDPC à la « Poutine » ,305 communes sur les 360, 148 députés sur les 180, est le fruit d’une « hypnose politique », d’un paramétrage politique « oligopolistique » et d’un formatage du substrat du système d’opérationnalisation de la biométrie. Au lieu d’une biométrie on est passé à une Biyamétrisation du vote (Biyamétrie). Cette victoire relève également d’un découpage des circonscriptions à la mesure du RDPC c’est-à-dire la Biyamandering en référence au Gerrymandering. Mathias conclura que la démocratie est impraticable au Cameroun d’où l’impossibilité absolue d’une alternance pacifique : « aucune alternance n’est possible par les urnes ».

Après les interventions respectives du chercheur Hans de Marie Heungoup et du docteur Zélao Alawadi  sur les thèmes ; les forces politiques dites de l’opposition pouvaient-elle mieux ? Et comment comprendre le choix des Camerounais à l’issue de ce double scrutin ? Viendra le tour du docteur Hilaire Kamga qui va entretenir l’auditoire sur la thématique : Election Cameroun (ELECAM) : Satisfecit, complaisance ou connivence ?

Il va planter le décor par la clarification de la perception onusienne d’élection démocratique en fait, elle doit être juste, libre et transparente. Ensuite il précisera que l’élection est un moment de transfert du pouvoir au peuple et qualifiera ELECAM d’escroquerie politique parce que cette institution porte originellement le gène de la stratégie de détournement du vote des camerounais. Sa création a été une régression politique. Le code électoral est également une autre escroquerie politique, une honte pour les juristes qu’ils l’ont conçu car avant sa promulgation ce code avait subi plus de 200 amendements. Au vue de ces incongruités d’ELECAM et du CODE ajouté à cela d’autres actes d’antijeu, les élections du 30 ont été une supercherie.

Hilaire Kamga donnera quelques illustrations :

–          Le directeur général des élections, Sani Tanimou, avait violé le code électoral en arrêtant prématurément les inscriptions pour revenir plus tard sur sa décision.

–          ELECAM est restée muette face à la violation notoire de l’article 87 alinéa 4 du code électoral d’où la tentative du MANIDEM de se faire justice face au non respect par le RDPC des affichages

–          ELECAM a fermé l’œil sur l’usage des moyens administratifs par le RDPC, par exemple le président du sénat, Niat Njifendi a conduit lors de la campagne dans le département du NOUN, un cortège de 21 voitures immatriculées CA (Corps Administratifs)

 

La conférence qui avait démarré à 14h 36 va s’achever à 19h 30 après l’intervention du Professeur Claude Abé sur le rôle de la commission anti corruption (CONAC) lors des élections. OWONA GUINI et Hilaire Kamga s’accorderont avec le philosophe Sindjoun Pokam qu’une pause insurrectionnelle reste la seule option pour une alternance au Cameroun. Seulement cette pause insurrectionnelle devrait se construire dans le temps afin d’éviter de tomber dans le piège des conséquences des révolutions en Egypte, en Libye et en Tunisie.

 

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Commentaires

monesson therese
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c'est vrai que la situation de la démocratie au cameroun reste encore très critique vu la qualité douteuse et peu fiable des institutions en charge d'assurer son implémentation,seulement,nous ne sauront partager le scepticisme acerbe du grand prof qui certainement est dans son role.car au-delà de cette réalité déshonnarante,nous pensons que c'est pas une fatalité,mais que les choses finiront à coup sur par changer,les hommes politiques de ce pays ne pourront pas resister longtemps encore,ceci se fera progressivement.il est évident que les autres s'ils y sont parvenus malgré tant de difficulté,nous aussi nous y arriveront,juste mettre des gens qu'il faut à la place qu'il faut