Cameroun : l’émulation d’une certaine presse réactionnaire et laudatrice

Le paysage médiatique camerounais compte une multitude de titres qui paraissent au quotidien, parmi ces centaines de journaux on dénombre une grande partie qui n’hésite pas à servir à la destruction ou au polissage de telle ou telle personnalité publique. Des titres sont souvent fort évocateurs par exemple : « Et si le vrai voleur était le ministre X ! », « Ces ministres qui veulent la tête de Biya ! » ou encore «Les qui veulent salir le noble ministre X ? », « Qui veut la tête du courageux X ?».

Comme on peut le remarquer, il s’agit soit de mettre en mal une élite soit en revanche chercher à lui faire des hagiographies. Les motivations d’une telle presse relèvent de plusieurs ressorts qu’il s’agisse du vernissage ou de la déchéance de l’image de la cible. En ce qui concerne la presse à gages, il faut rappeler qu’elle est née dans un contexte de la naissance de la libéralisation de l’espace public marqué par l’institutionnalisation de l’opposition. Ici la presse servait à porter secours aux forces alternatives concurrentielles au régime autoritaire d’alors, les journalistes trouvaient donc dans le dénigrement une arme de délégitimation et de destruction du pouvoir en place.

Certes cette presse investie dans une lutte républicaine persiste pour la libération du pays, mais aujourd’hui une autre exerce dans des querelles de personnes. C’est une presse réactionnaire manipulée dans l’ombre par des élites elles-mêmes qui cherche à file des coups bas médiatiques à leurs homologues, la finalité étant le conflit de leadership, l’accès aux ressources publiques et la déchéance pure et simple d’une élite qui fait écran dans la localité.

Les directeurs de publication sont payés en grosses factures, les données erronées leur sont livrées par les commanditaires détruisant ici la déontologie d’un métier aussi noble. Il se développe alors une corruption à ciel ouvert soutenue par l’indigence de la presse camerounaise qui se trouve influencée par des forces de l’ombre pour survivre.

Les adeptes de cette presse à scandale à des fins de destruction sont souvent appelés des « journalistes du Hilton » du nom du plus grand hôtel de Yaoundé. Ces derniers ne se font aucune peine d’aller à la recherche des informations, mais c’est l’information qui les cherche et les trouve bien installés à la salle d’accueil de ce lieu fréquenté par les «  plus grands du pays ».

Cependant certains se voit confier toute la mission, celle-ci revenant à fouiner partout des éléments vrais ou faux capable d’accabler la cible, alors même la vie privée de cette dernière n’est pas épargnée.

Les journalistes, s’il faut les appeler ainsi, quand ils trempent dans des sabotages sont souvent en retour abandonnés à leur destin si la police politique ou les juridictions les sanctionnent pour diffamation ou accès frauduleux aux sources d’informations. D’autres disparaissent dans les prisons.

En bref ce sont des batailles entre des élites souvent par médias interposés, à la fin c’est le journaliste ou son quotidien qui en pâtit. Une presse à tête chercheuse. Ses organes de presse sont souvent créés à l’emporte-pièce par les élites pour servir leurs intérêts.

Et de ce qui est du bronzage, il est congénitalement lié à la destruction de l’image des autres personnalités puisqu’au finish le commanditaire veut se faire une place au soleil. La saison des attentes de remaniement est un des moments pour les prétendants et les occupants de se faire une santé médiatique en posant en tête d’affiche comme « l’homme de l’année » donc eux seuls en maitrise les critères et leurs jurys.

Il s’agit aussi souvent des contre-offensives pour répondre à une attaque médiatique. Alors plus besoin de droit de réponse. Tout est manœuvre de désinformation et manipulation même si le destinataire des ces intox ne sont que les arènes décisionnelles. Il faut impacter les prochaines nominations, il faut provoque la chute d’un commis, il faut attirer sur lui les griffes de l’opération épervier , voilà  les buts recherchés par cette presse à gages et laudatrice.

Aristide MONO

Publié par Aristide MONO

Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

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