Cameroun : fête de la jeunesse… Au-delà de la cosmétique (Rétro)

Une célébration instituée en 1966 par le premier président Ahmadou Ahidjo dans le but de réunifier les jeunesses du Cameroun occidental et celle du Cameroun oriental. Elle était célébrée la jeunesse camerounaise durant tout le mois février. C’était si coûteux qu’on a décidé de la réduire à un jour le 11 février. Vrai ou faux voilà ce que disent les officiels. Cette fête permet qu’on évalue la jeunesse dans tous ses aspects afin de trouver les moyens de remédier véritablement à ces épineux problèmes auxquelles elle fait face. Il s’agit du chômage, de la précarité, de la dépravation des mœurs, du problème de l’insertion des jeunes par les aînés dans tous les cercles de pouvoir, de l’alcoolisme, et de la sous-scolarisation, etc.

Les agapes et festivités prennent plutôt le dessus sur les problèmes de fond qui devraient intéresser ce que nous avons évoqué un peu plus haut. Les alléluias et hosannas sont souvent scandés à l’adresse du pape Barthélémy avec la complicité coupable des misérables instituteurs. Les effigies du césaro-papiste sont également brandies par les plus jeunes souvent las d’attendre les bouffons et serviteurs du roi alors même qu’ils sont suffisamment éreintés par la famine et les intempéries de la saison sèche.

Que fait le gouvernement pour résoudre les problèmes des jeunes. Le gouvernement concernant le secteur de l’éducation a réalisé le gros effort en créant par décrets des établissements dans tous les coins et recoins de la République ainsi que dans les hameaux les plus perdus du territoire national. Ces établissements sont souvent vides de personnels qui boudent ces endroits mal aimés de la République. N’y vivent que des métèques et les infrastructures scolaires sont souvent inexistantes. Pour les communautés qui n’ont pas les moyens,  l’école c’est sous l’arbre à palabres ou sous une hutte. Même  à Yaoundé certaines infrastructures scolaires manquent de latrines et de points d’eau potable, les bâtiments sont vétustes. Il y a une kyrielle de déboires comme ça que nous ne pouvons citer tous ici.

L’insertion socioprofessionnelle des jeunes est une préoccupation du gouvernement. Le recrutement à la fonction publique de 25 000 jeunes est l’acte le plus marquant jamais réalisé. Certains programmes : le Pajer-U  et institutions comme le Fonds national de l’emploi contribuent à l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi en octroyant des projets et des formations à cet effet. Voilà les prouesses que nous vantent souvent nos pépés. En réalité tout ceci est comme un grain de sel jeté dans un océan de problèmes liés au chômage. Ceci dû à la mauvaise foi de la bureaucratie atteinte de gérontocratie et de démoncratie, engoncée dans ses oripeaux et dans les miasmes du détournement des fonds publics légendaires est l’ingénierie apportée à la résolution des problèmes de chômage.

L’exclusion des jeunes des cercles de prise de décision est un gros handicap qui empêche sa participation à la gestion des affaires publiques. Les jeunes sont exclus des vrais débats concernant la bonne marche du pays. Ils sont confinés à des fonctions de mobilisation et d’animation or ils devraient avoir leur place dans tous les cercles et positions de pouvoir que ce soit dans les partis politiques, l’administration ou même au sein des associations et autres espaces de sociabilité. Les jeunes doivent rechercher les voies et moyens afin de conquérir leur place dans l’espace public et dans la société politique sans toujours rechercher l’intermédiation des pépés et mémés de la République. Construire et mettre en œuvre des programmes de participation citoyenne à travers une évaluation des politiques publiques et à travers une veille permanente quant à la réalisation des projets et actions de l’Etat. La jeunesse doit offrir sa pugnacité et son énergie à la République en envahissant les structures militantes qu’elle devra créer elle-même pour assouvir son besoin de participation citoyenne et pourquoi pas proposer une alternative présidentielle à cette génération d’octogénaires et de nonagénères prévaricateurs rompus à la tâche malsaine d’agresseurs et de brigands à col blanc.

Aristide MONO

Publié par Aristide MONO

Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

3 commentaires

monesson therese

à notre humble avis, une journée pour la jeunesse n’est pas mal,seulement celle ci devrait être une occasion idoine tant pour la jeunesse elle même mais surtout pour les pouvoirs publique pour mieux réfléchir sur les politiques publiques adéquate pour répondre efficacement à la problématique de la jeunesse au cameroun

Un clin d’œil à Nkoa Awono!

Un clin d’œil à tous les amis internautes qui prennent le soin d’animer cette page citoyenne par leurs commentaires et analyses profondes!

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