Quand le bla-bla continu, le chômage continu également de consumer toute une jeunesse!

L’effervescence autour de la fête de la jeunesse au Cameroun comme chaque année essaye de détourner cette tranche d’âge de son véritable ennemie qu’est le chômage. Les discours oiseux par ci, la gesticulation institutionnelle par là, au finish, les « 11 février » passent et la jeunesse trépasse toujours.

La définition politique du chômage ne nous sera d’aucune utilité dans ce billet, la notion sera abordée dans sa perception vulgaire à savoir, des jeunes qui errent à longueur de journée sans rien faire ou simplement font dans la débrouillardise et pourtant dotés d’un capital académique minimum.  Ce que les politiciens appellent sous emploi, le Cameroun en compte un taux de 75%. Le baromètre d’indice de perception de l’ampleur de ce mal qui tue la jeunesse camerounaise n’est rien d’autre que l’observation des milieux universitaires.

Les alentours de l’université de Yaoundé 1 et 2 par exemple sont une illustration type de ce que l’Etat a décidé de faire de sa jeunesse. Le petit commerce de biscuits, stylos dans les brouettes, les taxi-motos, les call-box sont devenus le domaine de reconversion des détenteurs de maîtrises. Dans les mini cités les étudiants arrivés il y a de cela 8 ans restent campés toujours dans les chambres après l’obtention des diplômes, ils finissent par fonder des familles dans ces chambres car sans emploi, ils ont honte de retourner au village tout en espérant qu’un jour Dieu les aidera. Une attente qui fini par bousier tout espoir qu’un parent peut fonder sur son enfant après de longues années d’études.

Les chiffres de moins de 16% du taux de chômage publiés par les autorités relèvent une fois de plus du mépris envers la jeunesse, lorsqu’on sait par exemple que chaque année l’université de Yaoundé 2 accueille plus de 23000 étudiants et que la fonction publique camerounaise ne compte pas plus de 450000 agents. Les discours sur la jeunesse ne tournent qu’autour des promesses, on pourrait dire des duperies à des fins de clientélisme électoral ou d’éviter un éventuel printemps négro africain.

En effet si ce n’est pas un discours qui incrimine les jeunes, par exemple le tapage gouvernemental sur les habillements indécents, se sont les engagements fallacieux. Tenez un an jour pour jour Biya avait annoncé le 10 février la création de 200000 emplois, alors aujourd’hui cet octogénaire peut-il ramasser les mots qui ont franchi le seuil de ces lèvres ? Curieusement alors que la jeunesse attendait une explication ou un aveu d’échec lors de ce 10 février, le président de la république a une fois de plus démontré sa mauvaise foi en affirmant que ces emplois ont été déjà créés. Mais où ? Et quand ? Il s’est targué également d’avoir tenue la promesse de la professionnalisation des Taxi-motos, or Dieu seul sait dans quelles conditions les Taximen-motos sont abandonnés à eux même dans les villes de Douala et de Yaoundé.

La semaine écoulée, le ministère en charge de l’emploi a organisé opportunément un colloque sur la question, juste pour se souvenir des missions qui sont les siennes et rentrer dans le folklore de la pseudo  « Fête de la jeunesse », je préférais parler de « la défaite de la jeunesse ». On pouvait voir des officiels de cette rencontre cosmétique bomber le torse dans les médias en affirmant que se sont les jeunes qui ne veulent pas se rapprocher des offres d’emploi. En fait de quel emploi parlent-ils ? Il ne s’agit qu’une gesticulation pure et simple !

Un certain nombre de programmes gouvernementaux ont été élaborés pour accompagner cette gesticulation institutionnelle pour escroquer la jeunesse. On peut citer la mise sur pied du fond national de l’emploi (FNE) le pacte national pour l’emploi des jeunes (PANEJ), le programme d’appui à la jeunesse rurale et urbaine (PAJER-U), le projet d’appui aux acteurs du secteur informel (PIAASSI). Toute cette armature d’institutions n’apporte aucune plus value à la résorption du problème du chômage ambiant.

Dans un pays où il n’existe aucune gratuité effective du service de l’Etat, où les étudiants par exemple n’ont droit à aucune facilité, où la création d’une PME est conditionnée au monnayage, dans un pays l’accès à un emploi se fait par cooptation, deux alternatives s’offrent aux jeunes : la facilité et le suicide.

Le chemin de la facilité est l’une des trajectoires qu’emprunte la jeunesse à savoir, la criminalité, la prostitution et l’adhésion aux réseaux sataniques pour vite s’enrichir. De ce qui est du suicide, on a l’abandon totale d’une jeunesse à la nicotine, elle dépense ses maigres réserves dans les alcool et la drogue dans l’optique de noyer les soucis avec tous ce que cela implique comme marche vers la mort.

Alors que faire ?

Il n’y a pas de miracle à faire ni d’inventer un fil à couper le beurre. Le gouvernement avec l’aide des experts avait déjà dégagé plusieurs pistes de solutions seulement au Cameroun tout est discours, tout est théorie. Il faut juste mettre en pratique des propositions faites dans le document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE):

–          Promouvoir la création des PME en soutenant les jeunes et en levant les barrières institutionnelles aussi en assainissant le milieu des affaires ;

–          La mise en adéquation de la demande d’emploi ;

–          L’amélioration de l’efficacité du marché de l’emploi.

A ces solutions gouvernementales il faut :

–          Combattre la corruption et la longévité aux affaires ;

–          Réduire les matricules fictifs ainsi que le cumul des fonctions ;

–          Orienter les apprenants vers un enseignement professionnel technique au lieu de fabriquer des littéraires bureaucrates ;

–          Sortir de la gesticulation institutionnelle.

 

Aristide MONO

Publié par Aristide MONO

Directeur de publication du journal la voix de la lékié. journaliste-activiste politique et Président de l'association Jeunesse et Citoyenneté Active.

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