Cameroun: Le chef de l’Etat fait passer de mauvaises fêtes à ses collaborateurs

Longue attente du remaniement ministériel

Paul Biya

Depuis son investiture le 6 novembre dernier, le président de la république n’a pas toujours remanié son gouvernement comme cela est de tradition. Une longue attente qui prolonge l’anxiété et la nuit des longs couteaux dans le sérail.

Contrairement aux années antérieures, Paul Biya, après son investiture, prend un peu plus de temps  pour former son nouveau gouvernement non pas sans incidence sur l’état d’esprit ou simplement le moral de ses ministres.

L’usure psychologique semble à son comble avec le fiasco du retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 au Cameroun. En effet ce rendez-vous manqué est l’un des scandales managériaux et financiers des 36 ans de règne du président camerounais au pouvoir depuis 1982. Naturellement, au sein de l’appareil gouvernemental on redoute un tsunami. Au-delà de la tradition qui veut qu’un remaniement intervienne dans les plus brefs délais après l’investiture du président, les sanctions à l’encontre du gouvernement sont attendues. << Plusieurs têtes vont tomber>> nous confiait encore récemment un cadre de la présidence de la république.

Sur les médias sociaux, les << Fakes gouvernements>> sont publiés même par des hommes de médias réputés comme J. Rémy Ngono de Radio France Internationale. Au final, c’est la tension qui s’accroît. <<Le président fait vraiment durer le calvaire de ses gens , ça doit être la vraie souffrance>> ironise Alex Kwebo, tenancier d’un atelier de bricolage de télévision au lieu dit Avenue Kennedy à Yaoundé.  <<À coup sûr, personne n’aimerait être à la place de ces ministres qui, selon moi doivent être tous balayés et répondre du détournements de l’argent de la Can>> renchérit Alima Honoré, un autre débrouillard de l’Avenue Kennedy.

Les ministres passent un sale temps, c’est le moins qu’on puisse dire. Il y a quelques jours, Le Point Hebdo, un journal de la place présentait en grande Une ces ministres qu’il a appelé <<Les Salauds>> qui doivent être naturellement  limogés. Il s’agissait entre autres du ministre des sports et de l’éducation physique et du secrétaire général de la présidence de la république (Sgpr) , tous <<beau-frères>> du président selon les termes du journal.

Dans tous les cas, aucun ministre n’est à l’abri. À en croire plusieurs confrères locaux,  la plupart des cabinets se sont déjà vidés des effets personnels des occupants, y compris les photos de leurs familles qui ornent généralement les bureaux. Depuis l’investiture du président le 6 novembre dernier, c’est le qui-vive. Le vigile d’un ministre résidant à Bastos, le quartier le plus chic de Yaoundé, nous fait savoir que << le boss ne veut sentir personne chez lui>>. En effet depuis la fin du processus électoral, ce ministre qui gère un ministère de souveraineté a réduit ses sorties et ses fréquentations d’autant plus que les passeports de plusieurs membres du gouvernements leurs ont été déjà retirés selon nos sources à la présidence de la république.

Ce dernier fait laisse planer une autre explication de la psychose qui perturbe les fêtes de fin d’année des ministres qui , normalement, devraient déjà être fixés sur leurs sorts. Il s’agit des vagues d’arrestations qui, depuis 2004, suivent chaque remaniement ou réaménagement gouvernemental, dans le cadre de cette vaste opération d’emprisonnement des <<voleurs à col blanc>>, baptisée Opération Épervier.

Les ministres ne sont pas les seuls à avoir perdu le sommeil, leurs proches sont également très préoccupés. << je ne sais pas si notre type sera encore maintenu, si le vieux (Biya) le botte nous allons oublier le projet de reprofilage  de la route du village>> déclare Boris eyebe Nanga, habitant du village Mbele dans le département de la Lékié, village natal du ministre de l’agriculture et du développement rural, Henri Eyébé Ayissi. Dans une configuration historique de répartition ethno-tribale des postes ministériels, les inquiétudes des <<frères du village>> sont justifiées.

En outre, les supplices de la longue attente du remaniement sont plus exacerbées par des interminables longues nuits de séances de prières, de charlatanisme et d’exorcisme. Un quotidien paraissant à Douala revenait, il y a quelques jours, sur ces ministres qui ont requis les pouvoirs mystiques des hommes de Dieu et autres faiseurs de miracles à l’effet d’influencer mystérieusement la décision du chef de l’État.

Du côté de la presse, les ministres se livrent à d’incessants combats farouches dont la fin ne peut être sifflé que par la publication d’un nouveau gouvernement. Le plus flagrant de ces clashs par médias interposés est celui qui oppose le ministre des sports et le Sgpr. Étant tous au coeur l’échec de l’organisation de la Can 2019, chacun cherche à faire porter la responsabilité à l’autre. En plus Étant tous les <<Beau-frères>> du président c’est-à-dire ceux là qui occupent désormais les postes du cabinet civil et de la présidence de la république, Ngoh Ngoh et Bidoung Mkpatt seraient entrain de discuter le poste de Sgpr dans le prochain gouvernement.

En somme, beaucoup de faits observés prouvent que les ministres camerounais passent actuellement de sales moments…À quand la fin des supplices lorsqu’on sait que dans les démocraties sérieuses, l’issue d’une élection présidentielle commande un remaniement ministériel immédiat ou alors la démission du gouvernement?

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Aristide Mono

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